12 mois (mais 6 pour commencer)

Je l’ai fait ! Laborieusement sur la fin je dois l’avouer. Mais j’ai tenu bon et je n’en suis pas peu fière ! C’est qu’une sale bronchite asthmatiforme s’est invitée sur les derniers jours et bordel que ça fatigue de lutter pour attraper un peu d’air. Peu importe, le Calendrier de l’Avent est bouclé et j’en suis particulièrement heureuse. L’année se termine bien !

Pour continuer sur ce principe de calendrier j’ai envie de pratiquer ce qui est présenté comme un rituel sur la page Facebook d’Élodie Crepel1 :

C’est un exercice qui me paraît sympa et bien utile pour ne pas terminer 2023 en se disant Quelle année de merde ! à cause de la guerre en Ukraine, du climat qui part en vrille, de la flambée des prix, de la crise énergétique, de la réforme des retraites, des hôpitaux en crise … hop j’arrête là sinon je ne vais même pas continuer le billet.
Se souvenir des moments forts de cette année écoulée, de ceux qui nous ont mis des papillons dans le ventre ou une boule dans la gorge, permet de réaliser que non tout ne va pas si mal. Et que ces fortes turbulences que nous traversons tou.te.s en ce moment peuvent aussi, comme le dit Élodie, être source d’apprentissage. Voyons-voir ce que 2022 va me raconter …
Edit : Je commence par les six premiers mois car je suis plus bavarde que je ne le pensais. je posterai la suite bientôt ;-)

JANVIER
À l’été 2021, j’ai participé à l’élaboration d’une réponse à l’appel à projet de l’ARS Grand-Est pour la création d’un « Centre Ressources Vie affective, relationnelle et sexuelle »2 pour les personnes en situation de handicap, les professionnel.le.s qui les accompagnent et leurs familles. J’étais membre du comité de pilotage au titre de personne ressource, experte et concernée. Notre dossier a été retenu grâce au travail collectif de plusieurs partenaires et en particulier de l’UDAF 543 qui a porté le projet. Et en janvier 2022 j’ai participer au recrutement de la personne qui allait gérer le centre. C’était une première pour mois et ça m’a beaucoup plu. J’ai été ravie d’être conviée à cette séance et d’avoir voix au chapitre. Il est essentiel que les personnes concernées par un sujet soit au coeur des décisions et des actions prises et mises en place pour elles.

FÉVRIER
Ma chienne, Ginger, est morte le 15 février. Une mort programmée. Je me rassurais en me disant que je pourrais toujours annuler le rendez-vous. C’était pourtant la meilleure chose à faire. Pour elle. Mais je n’étais pas certaine d’en avoir le courage. Pour m’épargner toute la tristesse qui trépignait d’impatience à m’envahir et fuir encore un peu le vide qu’elle allait laisser partout où elle ne serait plus.
Ma Gigi c’était est un carlin. Le chien qui parle dans « Men in Black ». Elle était marrante avec sa bouille écrasée et son corps de patate. La regarder suffisait à me faire sourire. Elle a mis de la joie dans la maison ces dix dernières années par sa simple présence. À son détriment pour être honnête. Car avoir une tronche pareille ça a des conséquences.
Le carlin fait partie des races brachycéphales. Comme le bouledogue français, le cavalier king Charles ou le pékinois. Ils ont la face aplatie et un crâne plus large que long. Cette particularité a été obtenue à force de sélection génétique depuis des générations. Il faut bien faire sourire des connasses comme moi. Et puisque la demande est importante, on continue de faire naitre des chiots à la gueule toujours plus plate. Et qui ont les problèmes de santé qui vont avec mais ça on s’en fiche. J’ai envie. J’achète. 
Ginger avait 10 ans. Elle était en pleine forme et je frimais un peu d’avoir un carlin de cet âge en si bonne santé. Peut-être était-elle un peu trop enrobée. D’autres diront qu’elle était grosse mais nous n’avions cure des mauvaises langues. C’est la politique de la maison. Son seul vrai problème était sa surdité. Je la soupçonne d’avoir feint une mauvaise audition pour qu’on lui fiche la paix, comme certaines personnes de mon entourage dont je ne citerai pas les noms. Le bruit du paquet de croquettes ne lui a jamais échappé. Mes cris désespérés pour la faire bouger du canapé si. CQFD. 
Un jour son œil gauche a arrêté de produire des larmes. C’est typique de la race. Ça s’est quand même terminé en greffe de cornée cette histoire. Puis un matin elle a commencé à pencher salement la tête, toujours du même côté. Après investigations on a conclu à un AVC. Ensuite, elle s’est mise à respirer plus bruyamment que d’habitude, à dormir assise, à cracher et tousser. À la radio est apparue une vilaine tache. Un œdème pulmonaire. Et sur la fin la moitié de sa bouille si marrante s’affaissait, lui donnant un air plus du tout rigolo. Elle dégoulinait à gauche, sûrement à cause d’un problème au cerveau. Il était temps de la laisser partir. Alors je l’ai emmenée faire une dernière promenade. Je l’ai mise une dernière fois sur mes genoux sans en avoir rien à faire du duvet beige qu’elle allait laisser sur mon froc noir. La gentille vétérinaire a fait tout ce qu’il fallait en douceur. Et je suis restée avec ma patate un moment. Je lui ai dit combien elle allait me manquer. Je l’ai remerciée d’avoir partager ces dix ans avec nous et pour toute la joie qu’elle avait mis dans le coeur de mes enfants. Je lui ai fait une dernière caresse sur son corps soulagé, plissé, apaisé. Et la vie a continué sans elle nulle part mais avec elle partout dans nos souvenirs, nos discussions et nos téléphones où des centaines de photos nous rappellent combien nous l’aimons encore.

MARS
À l’occasion de la Journée Internationale pour les droits des femmes, j’ai été invité à participer à une table ronde avec l’ancienne Secrétaire d’Etat chargée des Personnes Handicapées, Sophie Cluzel. Le sujet était la vie affective, intime et sexuelle des personnes handicapées. Encore. Cela fait déjà 12 ans que cette thématique est au coeur de mon engagement associatif et j’ai parfois l’impression d’être Don Quichotte face à ses moulins. Organisée par la Préfecture, cette rencontre m’a permis d’exposer à nouveau les photographies du projet ELLES et d’évoquer la nouvelle association créée avec 6 femmes formidables dont je vous parlerai bientôt. Je vous partage l’article qui était paru dans les DNA à cette occasion :-)

AVRIL
Après m’être inscrite au sommet « Femmes et Ecriture » organisée par Marie-Ève Tschumi4 en début d’année, j’ai eu envie / besoin de donner plus de place dans ma vie à l’écriture. J’ai donc pris rendez-vous pour un premier diagnostic gratuit avec Marie-Ève qui a confirmé mon intuition. J’ai continué par un coaching de 5 mois pour terminer avec un travail en cercle d’écrivaines. Une année bientôt complète autour de mon statut d’écrivaine, de ma façon d’écrire, de ce que je veux aborder et comment le mettre au monde. Tout ceci a un coût bien évidemment mais si vous êtes comme moi, coincée par des idées, des préjugées, des conseils mal avisés, un syndrome de l’imposteur ou que sais-je encore alors n’hésitez pas. Se faire accompagner en toute bienveillance est un cadeau inestimable à se faire à soi-même.
Je vous invite si le coeur vous en dit à lire mon témoignage sur le blog de Marie-Ève5 ou à le visionner sur YouTube :

MAI
Gigi était partie depuis deux mois. Je ne voulais plus reprendre d’animaux. Son départ avait été trop douloureux. Mais le temps est passé, un peu, et le manque de la présence d’un petit compagnon à mes côtés s’est faite ressentir. Je n’ai pratiquement jamais vécu sans un chien, un chat, un hamster, une souris ou un rat. J’étais certaine d’une chose, je ne voulais pas un chien. Les sorties en ville sont bien plus contraignantes qu’un jardin clôturé à la campagne. Un chat sera plus « pratique ». Voilà pourquoi Maggy a débarqué dans notre vie. Et je ne regrette pas. C’est la digne héritière de Ginger tant elle est rigolote elle aussi. Elle fait de moi une officielle célibataire à chat et je lui en suis extrêmement reconnaissante 💛

JUIN
Depuis mon arrivée à Strasbourg en 2018 je n’avais plus de voiture. Mon bon et loyal Chrysler Grand Voyager, qui m’a trimballée à travers la France entière, ne répondait plus aux critères du contrôle technique : trop rouillé, trop polluant, trop vieux quoi … Je lui avais dit adieu non sans verser une petite larme et depuis je voyageais en transports en commun, en train et en taxi adapté. Malheureusement, l’offre de transport pour personne à mobilité réduite n’est pas toujours très pratique, surtout en zone rurale comme celle où vit ma famille. Pour plus de confort et de liberté, j’ai donc acheté un nouveau véhicule. Et si je vous en parle c’est qu’il y a 20 ans, je n’aurais jamais accepté de monter à l’arrière d’une camionnette blanche, symbole pour moi des véhicules d’établissements que j’appelais des bétaillères. Je n’aimais pas l’image que ça renvoyait de moi. Aujourd’hui je n’en ai plus rien à faire. Je monte fièrement à l’arrière d’un Renault Master blanc. Je peux y transporter toute ma famille, tout le matériel dont j’ai besoin et plus encore. Je n’ai plus de problème avec ce que cela peut révéler de moi. Il n’y a même rien à en dire. C’est moi qui m’en faisait tout un cinéma. Et même s’il est plus agréable d’être à côté du conducteur par pouvoir papoter, j’apprécie ces moments de voyage à l’arrière durant lesquels je n’ai qu’à me laisser porter. Car il est plutôt confortable le pépère. Et il fait partie d’une de mes résolutions de 2023 : sortir de la ville, pas très loin, juste assez pour se dépayser sans trop polluer ni consommer.

1 : https://www.facebook.com/elodiecrepelofficiel
2 : https://crhvas-grandest.fr/accueil/
3 : http://www.udaf54.fr
4 : https://www.ecrivain-e.com
5 : https://www.ecrivain-e.com/une-histoire-de-legitimite-le-temoignage-damelie/

The last …

Une dernière bafouille entre l’apéritif et le plat principal. Je vais faire coup double pour avoir l’esprit libre demain et profiter pleinement de mon Noël en famille. Je vous souhaite un merveilleux réveillon, quelle que soit la façon dont vous le passez. Je ne vous dis pas à demain mais je vous embrasse bien fort 🥰

Préparatifs

Parfois on attend impatiemment un moment particulier. Un anniversaire. Des vacances. Une fête. Des retrouvailles. On y met du cœur. De l’énergie. Et l’espoir que tout se déroule comme on le rêve. Et on y croit malgré cette petite intuition qui nous dit que ça ne va pas être si simple que ça en a l’air. Et effectivement ça ne l’est pas.

Ce calendrier que je pensais être un exercice un peu désuet, une occupation légère et festive, m’amène sur un chemin de réflexion inattendu. L’assiduité à laquelle je me suis tenue, me révèle une facette de moi-même que je ne soupçonnais pas et une certaine satisfaction à me surpasser. Le billet d’aujourd’hui par exemple, je le rédige laborieusement entre mes douleurs neurologiques et mes quintes de toux. Mais je ne le subis pas. Il m’est précieux précisément parce qu’il est écrit dans ces conditions. Écrire dans le dur apporte de la douceur au mal.

Je ne vais pas tenter d’analyser ce qui se joue en cet instant. Je vais me contenter de le savourer et j’y réfléchirai plus tard. J’observe mon père préparer mes derniers paquets. C’est le meilleur emballeur de l’univers. Il a élevé le niveau en une forme d’art tant il s’applique à plier et scotcher le papier d’une manière parfaite.

Je vous souhaite une bonne dernière ligne droite jusqu’au réveillon et de doux moments de préparatifs. Je pense également à celles et ceux qui ne peuvent pas, ne veulent pas ou ne fêtes pas Noël. Belle soirée à vous et à demain. Rassurez-vous il ne reste que deux jours !

Perfect !

Sur la route aujourd’hui j’ai eu une bouffée de bonheur. Comme ça. Sans prévenir. Un moment de totale plénitude où tout a été parfait l’espace de quelques secondes. Ce n’est pas la première fois et c’est si fugace. J’essaye de me souvenir le plus longtemps possible de la sensation que cela procure. J’y suis encore un peu.

Le sapin de la maison familiale est décoré. La soupe aux potirons mijote. Jim Carrey fait l’idiot sur l’écran du salon. Les bredeles ramenés d’Alsace sont délicieux. Tout est parfait !

Je vous souhaite une soirée aussi agréable que la mienne. C’est un billet court mais peut-être le plus important de tous. Rendez-vous demain devant la porte numéro 23. Des bisous …

Voyage, voyage …

Un soleil radieux réchauffe mon salon ce matin. J’avais peur de devoir prendre la route sous la neige demain pour rejoindre ma famille mais il semble que la météo sera de notre côté. Un stress de moins à gérer, ce qui s’avère très précieux tellement les voyages en voiture sont désormais de vrais défis. J’ai tant aimé me faire trimballer ces dernières années et maintenant je rechigne à chaque fois que je dois grimper à bord de mon nouveau compagnon de route. C’est qu’il ne m’inspire pas confiance. Il a toujours un pet de travers. Cette serrure bloquée par exemple. Ce serait la faute au troisième feu stop qui aurait été mal installé ou réparé. Je ne sais quoi aurait coulé et endommagé la serrure juste en dessous. Comment c’est possible un truc pareil ? J’ai rien compris. Je crois que les mécaniciens se font un malin plaisir à nous raconter n’importe quoi quand on n’y connait rien.

La dernière fois j’avais un problème de pression des pneus. Après une première vérification qui n’avait rien montré d’anormal, le mécano m’a dit : votre voiture vous fait une blague. Lui était sérieux. J’ai insisté. Ou plutôt mon accompagnante a insisté car moi je n’aurais pas osé, je serais repartie avec mon Master of humour (rapport au fait que c’est un Renault Master). Finalement, c’était la valve qui fuyait. Et puis le voyant a continué de s’allumer. J’ai fini par changer les pneus. Et maintenant c’est l’airbag qui clignote. Soupirs …

Je n’aime pas gérer ce genre de soucis. Si je m’écoutais je le laisserais pourrir sur sa place de parking. Mais il me permet de retrouver mes proches pour ce Noël que j’ai l’impression de devoir mériter. Les merdouilles s’accumulent. Le retour en train de mon accompagnante vient d’être tout bonnement supprimé à cause de mouvements de grève. Rebelote sur le fabuleux site SNCF Connect pour tenter un échange. Et j’attends le résultat du test PCR de Vie N°1 malade et cas contact au lycée. On y croit toujours ?

Je répondais ce matin à un commentaire à propos de mon positivisme. J’expliquais qu’il est un des aspect de ma personnalité que je préfère et que donc, je le nourris. Et bien c’est un véritable festin ces jours-ci ! Gargantua n’a qu’à bien se tenir !

Voilà mon cheminement pour aujourd’hui. Rabelais s’invite et me donne un coup de fouet supplémentaire vers le lâcher prise et peut-être un peu plus d’épicurisme. C’est ce que me conseillent pour 2023 les cartes tirées la semaine dernière par ma tarologue préférée, Jill1. Revenir au corps, au sens, aux émotions, aux ressentis, par des plaisirs simples comme la nourriture. C’est le moment propice pour m’y mettre :-)

Je vous souhaite une belle journée et je vous remercie pour votre présence tout au long de ce calendrier. Encore quatre petits jours pour arriver au bout du défi. À demain pour la suite de l’aventure si le coeur vous en dit !

1 : https://www.regardsensoie.com

C’est l’intention qui compte !

Vingtième jour. Je rentre de mes emplettes de Noël. Oui seulement. Je suis de la team « Last minute ». Et encore cette année je suis large. Ça m’est déjà arrivée de tout trouver le 24. Ou de fabriquer des « bons cadeaux pour plus tard ». Et si vraiment je déconne, je fais des doubles cadeaux à l’anniversaire suivant et même une fois un triple à la fête des mères. C’est bien l’intention qui compte non ?

J’ai rempli ma hotte en moins d’une heure. L’avantage de la ville et d’un centre commercial à proximité. Cent enseignes au même endroit. Un temple de la consommation. De la lumière, du bruit, des gens, trop de gens. Moi qui rêve d’un temple de silence et de sérénité.

Chaque année je me promets de faire des cadeaux plus personnalisés, plus locaux, plus éco-responsables. J’ai le temps pour ça. Et pourtant. Sur ma table, un amoncellement de sacs en papier aux couleurs plus ou moins connues mais qui ne répondent à aucun des critères sus-nommés. Ma volonté semble choisir ses propres combats, offrir des cadeaux dignes de ce nom n’est apparemment pas sa priorité. Ma patience est heureusement sans faille et l’espoir qui m’anime continuellement me laisse apercevoir un changement possible pour l’an prochain. Rendez-vous est prit.

Je vous souhaite une belle soirée, la nuit tombe à l’instant sur la ville. À demain devant le numéro 21 si vous le voulez bien :-)

C’est de la balle !

Les portes arrières de ma voiture sont bloquées. J’ai un Renault Master adapté pour y monter avec mon fauteuil électrique à l’aide d’une rampe. Evidemment, s’il ne s’ouvre plus c’est compliqué. Je pars dans ma famille jeudi. Il va falloir vite les réparer. Tout comme mon chauffage. Je vis dans un immeuble d’habitation à énergie positive, un des premiers d’Europe (peut-être même du monde), et on se gèle les miches. Souvent on se lave à l’eau froide. Les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) en ont parlé vendredi dans un article. Le syndic et ÉS (Électricité de Strasbourg) se renvoient la balle. Vous allez vous dire que je me plains beaucoup ces temps-ci. Même pas. La voiture est au garage et j’ai enfilé des chaussettes en laine et un bonnet. Je suis bien. Je pense à ces familles sous des tentes à 500 mètres de chez moi. Parc de l’Étoile. Pile en face de la mairie. Les DNA en ont écrit plusieurs des articles à leur propos. Et à propos des embrouilles entre la Préfète qui est fâchée contre la Maire qui elle-même est en colère contre l’État. Eux aussi se renvoient la balle. Devant les tribunaux. Je crois savoir qu’ils ont trouvé une solution temporaire. Sûrement la mi-temps.

Hier était la Journée Internationale des migrants et demain sera la Journée Internationale de la Solidarité Humaine. C’est chouette toutes ces journées et ces gens qui jouent à la balle ! Alors belle journée à vous, aujourd’hui c’est pour la coopération Sud/Sud, ça ne nous concerne pas. Et à demain pour la porte numéro 20 :-)

À long terme

Aujourd’hui j’ai commencé à organiser un voyage prévu pour l’an prochain. J’entame en 2023 une sorte de pèlerinage, un chemin de réconciliation, qui se terminera par le concert de Depeche Mode au Stade de France en juin. Et pour que tout se passe dans les meilleurs conditions, je dois tout vérifier, de l’accessibilité de la chambre à la hauteur du véhicule qui nous conduira de la gare à l’hôtel.

Trop souvent on veut m’assurer que tout est prévu, que je n’ai pas à m’inquiéter, que d’autres sont venus sans problème. Je veux bien le croire. Mais j’ai été déçue et surtout embêtée tant de fois que je n’arrive plus à prendre ces mots rassurants pour argent comptant.

Je viens de remplir un formulaire pour bénéficier du transport adapté parisien. Je sais que ce n’est pas l’idéal, qu’il y a souvent des loupés avec ce service mais c’est ce qui coûte le moins cher.

J’ai été découragée ces derniers mois et même dernières années. Fatiguée d’avance face à cette organisation que me demande chaque déplacement. Usée de devoir m’expliquer, me justifier, déballer ma vie, ses pourquoi et ses comment. Mais l’envie revient. Plus forte que le reste. Alors je profite !

Je vous souhaite un très bon dimanche. Il s’annonce triste pour les amateurs de foot, l’Argentine vient de planter un second but. Pour les autres je l’espère doux et serein 💛 À demain pour ouvrir la porte 19 !

Du bruissement dans les bronches

Je vous racontais il y a trois jours comment le pardon s’était invité dans mon billet du jour. Ça arrive parfois qu’un sujet s’impose. J’accueille et je retranscris ce que cela m’inspire.

Le lendemain, c’est une autre sorte de sujet qui s’est imposée à moi. Un thème bien moins sympathique à accueillir. Un bon gros virus qui m’a mise totalement à plat hier. Impossible de sortir le moindre bout de mon corps de sous ma couette. J’étais vidée.

Ce matin ça va déjà mieux. Je suis toujours dans mon lit mais le taureau a été pris par les cornes. Je ne laisserai pas le crépitement qu’émettent joyeusement mes bronches s’installer trop longtemps. Ça va bien cinq minutes ces conneries !

Si je vous relate mes aléas médicaux c’est qu’hier, emmitouflée sous mes couches de couvertures, je pensais au billet de mon calendrier que je n’allais pas réussir à poster. Immédiatement, cette sale petite voix de crécelle qui aime me torturer est arrivée en trombe : t’es vraiment nulle, si tu t’étais organisée … TAIS-TOI (en réalité j’ai été moins polie) !

Il paraît que l’une des choses dont je puisse être certaine à propos de la vie, c’est son impermanence. Je me voyais sur les rails du succès, auto-proclamée reine de l’Avent. Hier j’ai failli descendre du train. La scène était tellement émouvante, un pied en dehors du wagon, ma volonté prête à lâcher la poignée sur fond de musique triste. C’est là, dans les toutes dernières secondes, que j’ai vu défiler les quinze premiers billets, les jolies couleurs, les citations qui vont bien, le travail acharné. Non, je ne pouvais pas abandonner. Oui, je devais continuer ! Bon j’exagère un peu. Mais vous voyez l’idée.

Voilà pourquoi vous aurez aujourd’hui ce billet pour les 16 et 17. De toutes façons il n’y a pas de règlement officiel des calendriers de l’Avent. Et je sais que je peux compter sur votre compréhension 💛

À demain devant la porte 18 pour d’autres impermanentes péripéties:-)

La vieille fille et son chat

Puisque c’est la période des bilans annuels, je me penche sérieusement sur mon cas depuis quelques jours. Non pas que je me trouve fascinante au point de ne m’intéresser qu’à moi-même, mais plutôt dans une perspective constante d’amélioration personnelle. Et si je devais émettre un premier constat à mon sujet, ce serait le suivant : j’ai l’impression que les gens me trouvent ennuyante. Je dis bien que c’est une impression car je n’ai pas encore interrogé la totalité de mon panel ni terminé l’analyse des situations répertoriées. Mais tout de même, ça sent la naphtaline à plein nez. 

Il y a quelques années, alors fraichement divorcée, je prenais un malin plaisir à m’installer là où on ne m’attendait pas. Seule, handicapée et en charge de deux enfants en bas-âge, je n’avais pas le profil de la desperate housewife des séries TV. Et pourtant, c’est moi qui organisais des après-midis « Girly » auxquels je conviais les copines de mon village autour d’un café et d’une bonne bouteille de vin. Il m’était parfois compliqué de rouler droit en allant chercher mes vies à l’arrêt de bus à 16h30. Puis j’attendais patiemment 18:30, horaire qui me semblait convenable pour démarrer l’apéro et demander à mes accompagnantes de me servir un verre de rosé, voire deux ou trois, sous prétexte de me détendre de ma rude journée. Je pense que les ventes de Cabernet d’Anjou ne se sont jamais aussi bien portées qu’en 2015. 

À cette époque, qui me paraît tellement lointaine , je pouvais encore tenir des journées et des nuits entières assise dans mon fauteuil. Je sortais et recevais souvent. Je découvrais les applications de rencontre avec beaucoup d’enthousiasme. J’avais quelques douleurs de dos tout à fait tolérables et une certaine endurance. Je pouvais boire ce que je voulais, dormir à peine quelques heures et être fraîche comme un gardon le lendemain. 

Mais ce temps est révolu. Mes journées se sont drastiquement raccourcies et je n’attends plus 18h30 pour picoler mais pour enfin m’allonger. Mon dos n’est plus qu’une douleur permanente et je suis de mauvais poil si je ne dors pas au moins 7 heures. Je bois très peu et seulement pour goûter un bon vin ou un rhum sympathique. J’ai ressenti un soulagement inattendu lorsque j’ai viré Meetic, Tinder et compagnie. Et pour couronner le tout j’ai adopté un chat avec lequel j’entretiens une profonde relation. Si j’écoute la majorité des gens, je suis en train de tourner vieille fille à chats. Et si c’est vraiment le cas, où est le problème ?

Lorsque je refuse un verre de vin on me dit que c’est une petite pause, que ça arrive à tout le monde. Lorsque j’explique être en couple avec moi-même et ne pas attendre / avoir besoin de quelqu’un en ce moment, on me rassure par un ça viendra ne t’inquiète pas ! Merci de toute cette sollicitude mais je ne m’en fais pas. C’est même tout le contraire. Je n’étais pas plus heureuse il y a 7 ans. C’était simplement différent. Et si cet état parait ennuyant alors tant-pis. Je veux bien être barbante si en échange je peux vivre cette période de ma vie en toute quiétude. Et je refuse d’être réduite (encore) à ma situation par des diktats absurdes. Me voilà fièrement sobre, casanière, célibataire et abstinente. Pas besoin de terminer mon enquête, le bilan est fait !

C’est ainsi que se termine ce quinzième jour de mon calendrier. Je vous souhaite une belle journée et j’espère vous retrouver demain pour ouvrir la porte N°16 :-)

Pardon

Aujourd’hui s’invite dans mon calendrier de l’Avent la question du pardon. Un lien m’a emmené sur un site où il est question de cercles de pardon1. Je trouve l’idée lumineuse. Évoquer ses expériences en cercles doit sans doute être un outil puissant sur le difficile chemin du pardon.

La question que l’on se pose souvent à ce sujet est : peut-on tout pardonner ? D’emblée je réponds un grand OUI. Je sais que beaucoup sont d’un avis contraire mais je crois fermement que nous sommes capables de pardonner même l’impensable, même l’innommable.

J’imagine que je ne suis pas la seule à avoir eu à plusieurs reprises à demander pardon et à pardonner moi-même. J’ai longtemps eu du mal à présenter mes excuses. Sûrement une fierté mal placée. Peut-être une peur viscérale de me montrer vulnérable. 

Je ne crois pas être une revancharde. Je n’ai pas l’esprit de vengeance. Ou un peu, parfois, par mon silence et la distance que je prends.
Je suis plutôt du genre à laisser une seconde chance, voire une troisième, avant d’admettre qu’une situation ou une relation ne me convient pas. Une fois posé le diagnostic, je ne cherche pas à nuire ou détruire ce qui m’a blessé. Je m’en éloigne. Parfois le pardon est rapide. D’autres fois ça prend un temps fou. Mais toujours pardonner a été une libération. Le pardon guérit ce qui a été abimé en nous. La période est propice à ce type de travail intérieur. Que me reste-t-il à pardonner, aux autres comme à moi-même, pour me sentir plus libre ? Vous avez 3 heures … ;-)

En attendant de ramasser les copies je vous souhaite une belle journée, sous la neige à Strasbourg. À demain pour ouvrir la porte numéro 15 !

1 : https://www.cerclesdepardon.fr

Encore une histoire de phobies …

Je suis à mi-chemin pour relever mon défi. Treizième jour de publication de mon Calendrier de l’Avent. Et trois billets qui parlent de phobies sans même que je ne m’en rende compte (oui il est question de peur aujourd’hui encore). S’il y a un psy caché parmi vous, qu’il éclaire ma lanterne car je commence à trouver ça étrange ! Mais revenons-en à ce calendrier …

Je ne vous cache pas que j’ai un peu ajusté les conditions que je m’étais fixées, notamment l’horaire de publication. Je pensais poster à 12:00 sans faute les 24 billets. Il est 16:47 et j’écris seulement ces lignes. Il doit y avoir moyen de s’organiser en écrivant à l’avance mais je n’y arrive pas. Après la coach en HPI et la coach en écriture, je ne vais quand même pas prendre une coach en organisation. Remarquez je me suis offert une aide pour tout ce qui est paperasse. Je dois avoir une phobie administrative ou un truc comme ça. Rien que de l’écrire j’ai une boule au ventre. Depuis que cette femme vient m’épauler dans la gestion de mon courrier et de mes papiers, je n’ai (presque) plus de relances ou de majorations pour impayés. Elle passe également les coups de fil pour réclamer ou s’excuser à ma place. Parce que je dois aussi avoir une phobie du téléphone. Et j’ai même pas honte ! C’est sûrement l’argent le mieux utilisé de mon budget, après le massage du visage par mon esthéticienne.

Bon c’est pas tout ça mais mon billet du quatorze ne va pas s’écrire tout seul. À défaut d’être organisée, je me suis promis d’être persévérante. Ça n’a l’air de rien ce petit défi mais ça représente beaucoup pour moi. Sur cette confidence je vous souhaite une bonne soirée et je vous dis à demain pour d’autres palpitantes aventures du Noël d’Amélie !

Douzophobie

J’ai failli ne pas écrire aujourd’hui. J’avais envie d’une pause. Et puis je me suis souvenue que j’avais pris un engagement. Avec moi-même certes. Et sans pression. Mais un engagement tout de même. Et un calendrier auquel il manque un jour ça n’a aucun sens. À moins d’avoir une bonne excuse comme une phobie du nombre 12. J’ai cherché rapidement le nom exact de cette phobie mais je n’ai pas trouvé. Il y a la tetraphobie (le chiffre 4), l’octophobie (le chiffre 8), la triskaïdekaphobie (le nombre 13) et même l’hexakosioihexekontahexaphobie (le nombre 666). Mais point de phobie du 12.

J’ai tenté de me satisfaire de cette réponse mais la voix dans ma tête qui ressemble à celle de ma prof de math de sixième n’arrête pas : comment s’appelle la phobie du 12, comment s’appelle la phobie du 12, comment s’appelle la phobie du 12 ? Tais-toi Jacqueline et laisse moi réfléchir. Puisqu’un polygone à 12 côtés s’appelle un dodécagone je suppose que la phobie du 12 se nomme la dodécaphobie. C’est bon t’es calmée la-haut ?

Voilà donc ce billet fort utile pour ce douzième jour de mon calendrier de l’Avent. Ne me remerciez pas, c’est cadeau pour vos discussions de fin d’année. Douce fin de journée et à demain sans faute et même avec plaisir puisque je dois l’avouer, je suis triskaïdekaphile !

Dégonflée

J’observe avec mépris la roue crevée de mon fauteuil roulant. Le bitoniot qui sert à gonfler la chambre à air a disparu à l’intérieur du pneu. Il faut démonter. Le service après-vente de mon revendeur de matériel médical est fermé. Me voilà sans moyen de me déplacer. Je me sens comme peu de chose. Mon dimanche est contrarié. Et moi aussi je dois l’avouer. Ma journée est gâchée pour une connerie de pneu crevé. 

J’ai terminé il y a quelques semaines une formation sur la résilience au quotidien. C’est la situation parfaite pour m’exercer et utiliser les outils mis à ma disposition. Je pourrais me dire que je n’ai pas de chance et que le sort s’acharne (c’est la quatrième fois en deux ans). Je pourrais me lamenter de devoir rester allongée, d’être obligée d’annuler mon ciné, de ne pas pouvoir être présente pour la location de ma voiture (via Wheeliz). C’est d’ailleurs ce que j’ai fait les premières minutes. Mais ça ne m’aide pas à me sentir mieux. Et si je changeais de perspective ? 

Il neigeotte et il fait froid. Rester au chaud sous la couette est plutôt réconfortant. L’amie avec laquelle je devais aller voir un film va passer et on pourra papoter en buvant un bon petit café. J’ai imprimé les contrats de location, je serai au téléphone en haut-parleur avec la personne qui loue ma voiture pendant que mes enfants montreront comment fonctionnent la rampe et les attaches. 

Voilà qui est mieux. La vilaine boule qui s’était installée dans mon ventre a disparu. Demain à la première heure je contacterai mon revendeur pour réparer cette saloperie de pneu que je ferai changer le plus rapidement possible pour des roues à bandage increvables. J’irai voir le film prévu dans la semaine. Et vendredi je récupérerai ma voiture après sa location. 

Il est 12:36 et finalement je me réjouis de passer cette journée en mode cocooning. Je vous souhaite un très bon dimanche. À demain pour ouvrir la douzième porte de ce calendrier plein de surprises ! 

Leucosélidophobie

Me voilà atteinte de ce mal tant redouté par les écrivain.e.s (oui je me définis comme telle) : le syndrome de la page blanche ou leucosélidophobie. Les neuf premiers billets du calendrier se sont presque écrits seuls et je bute sur ce dixième opus. Heureusement cette année je suis accompagnée par une formidable coach en écriture1 et je mets en pratique en ce moment même un de ses précieux conseils : quand tu es bloquée, écris à ce propos, écris sur ta difficulté, pratique l’écriture réflexive.

Je sais pourquoi j’ai du mal. D’abord j’ai l’habitude d’écrire des billets plus longs et qui me demandent du temps. Écrire court et vite n’est pas mon fort. Ensuite j’avais prévu de préparer mes billets en avance mais j’ai perdu le fil, le quotidien m’a rattrapé. J’écris celui-ci aujourd’hui même. Le Maroc vient de marquer un but contre le Portugal et avec ma petite lionne ça nous bouleverse. Parce qu’on aime les outsiders et qu’aujourd’hui avec son équipe de basket, elles ont fait un beau match face à l’équipe première de leur niveau. Elles n’ont pas gagné mais elles se sont battues ensemble pour tenter un exploit. Et c’est ce qu’elles ont fêté en quittant le terrain, leur solidarité, leur plaisir à jouer chaque match et les progrès qu’elles font semaine après semaine. L’aventure de cette équipe marocaine qui est en demi-finale à l’heure où j’écris ces lignes est une réelle source d’inspiration. La preuve, ma page s’est noircie sans que je n’y prête attention, presque toute seule.

La mi-temps va se terminer. Je vais rejoindre ma fille et regarder une compétition que je pensais boycotter. Voilà un sujet pour un prochain billet. En attendant d’en parler je vous souhaite une belle soirée et je vous dis à demain pour ouvrir le N°11 :-)

1 : https://www.ecrivain-e.com

Le pouvoir de la vulnérabilité

Ce matin, j’ai regardé cette vidéo de Céline Dion où elle explique être atteinte du syndrome de « l »homme raide ». Affection très rare, elle provoque des spasmes musculaires importants, qui dans son cas l’empêchent parfois de marcher mais surtout de chanter. Cette maladie l’oblige à annuler le début de sa tournée prévue en 2023 et notamment le festival des Vieilles Charrues et les 55000 personnes qui avaient déjà acheté leurs billets.

Je ne suis pas une grande fan de Céline Dion. J’aime beaucoup certaines de ses chansons, surtout celles des années 80/90. Mais rien de plus. J’ai eu envie d’écrire à ce sujet car cette vidéo m’a beaucoup touchée. Je n’y ai pas vu une diva ou une star. Adieu les manières qui peuvent parfois m’agacer chez elle ou d’autres célébrités. Durant les quelques minutes de ce message, elle s’est montrée sans fard, presque nue. Elle n’a pas cherché à minimiser ce qui lui arrive ou à s’excuser de n’être pas en mesure de tenir ses engagements. Elle dit la vérité. Elle explique que son quotidien est difficile, comment elle s’est entourée pour y faire face et combien le soutien de ses fans et son amour pour ses enfants l’aide à continuer. Elle ne donne pas de leçon de vie comme on l’entend souvent. Elle ne force pas non plus le respect. C’est sa vulnérabilité qu’elle offre qui me bouleverse. Elle ôte le masque. Elle tombe l’armure. Considérée comme une des plus grande voix au monde, elle confie à ce monde entier qu’elle ne peut plus chanter. Elle lâche prise. Elle ose exposer sa fragilité. Elle prend un risque mais elle garde finalement le pouvoir jusque dans les abîmes de la maladie.

La vulnérabilité a le goût de la vérité et l’odeur du courage. La vérité et le courage ne sont pas toujours confortables, mais ils n’ont rien à voir avec la faiblesse. Brené Brown

Voilà ma réflexion pour ce 9 décembre. On pourrait penser que ce n’est pas très gai mais c’est pourtant une formidable occasion de réfléchir à son propre rapport à la vulnérabilité. À demain pour ouvrir la porte N°10 🎄

Dis-moi lune d’argent …

La lune est pleine. Pour la dernière fois de l’année. Lune froide. Lune de la longue nuit. Elle a élu domicile le temps de son apogée dans le signe des gémeaux, les sociables du zodiaque. C’est un moment de libération, l’occasion de s’alléger avant d’entamer une nouvelle année. Hier, je listais mes envies pour 2023. Aujourd’hui, je réfléchis à ce que je souhaite abandonner aux pieds du sapin. Ce qui me vient à l’esprit est mon syndrome de l’imposteur. J’y ai travaillé durement ces derniers mois. Me sentir légitime, à ma place. Cela fait écho à mon envie d’oser plus, à mon besoin de réécrire les histoires  qui ne me conviennent plus. Je dépose donc à l’aube de 2023 mes doutes et mes angoisses. Je sais que la lune ne les emportera pas tous mais le peu qu’elle prendra me rendra plus légère ! À demain pour franchir la porte N°9 :-)

✨Les fines traces scintillantes✨

Entre février et juillet dernier, je me suis formée à l’approche narrative, une technique particulière, presque une philosophie, pour accompagner l’autre sur son chemin de vie. Entre deux sessions de formation à la résilience, ces 12 jours passés au sein du Laboratoire Narratif1 m’ont permis de jouer avec ma fillette intérieure, de réveiller la poétesse qui dormait en moi et d’écrire de nouvelles histoires à mon propos comme sur le monde qui m’entoure. Ça a été un voyage extraordinaire.

Lorsque j’ai eu le formateur au téléphone au moment de mon inscription, je lui expliqué que je n’étais ni Coach, ni professionnel de l’accompagnement. Je lui ai demandé s’il y avait un prérequis pour pouvoir suivre la formation et il m’a répondu sur un ton très sérieux : Oui il y a une condition sur laquelle nous ne dérangeons pas. Quand j’ai entendu ça, j’ai immédiatement pensé que c’était mort, que je n’avais ni les compétences ni l’expérience pour intégrer cette formation et que vraiment je ne me prenais pas pour n’importe qui en osant prétendre être acceptée. J’attendais donc la suite de sa réponse tout en regardant mon espoir s’envoler dans la stratosphère quand il m’a dit : on demande une chose à nos laborantin.e.s , qu’ils ou elles soit gentil.le.s ! Sur le coup j’ai cru que c’était une blague et je lui ai demandé de répéter. Il m’a confirmé que c’était l’unique prérequis, que la gentillesse était indispensable pour suivre leur formation. Je lui ai répondu en rigolant que mon deuxième prénom était Caroline et que j’adorais faire des tartes aux pommes en attendant Charles et les enfants. Voilà qui officialisa mon entrée au Labo !

Je ne sais pas vraiment vous expliquer ce qu’on y fait dans ce laboratoire, aussi je vous fais un copier/coller de ce qui est inscrit sur leur page d’accueil :

Le laboratoire narratif s’adresse à tous les explorateurs d’histoires de vie, aux détricoteurs de normes, aux pisteurs de fines traces scintillantes… un laboratoire où professionnels de la relation et de l’accompagnement, où celles et ceux qui travaillent et contribuent dans le monde de la thérapie, du coaching, de l’enseignement, de la médecine, de l’éducation, du soin, des ressources humaines et du management sont accueillis pour se former à l’approche narrative. Le sens de l’humour, l’amour du beau et de la poésie ne peuvent être qu’encouragés voire un indispensable bagage pour qui se met en chemin vers l’approche narrative et ses intentions si particulières.

Quant à l’approche narrative, je vais essayer de vous l’expliquer telle que je l’ai comprise : notre identité est construite par nos relations, notre milieu social, notre culture, le pays dans lequel nous vivons et tout ce qui nous entoure et nous façonne. Les histoires qui découlent de cette construction, que nous nous racontons sans cesse ou que les autres racontent à notre propos sont malheureusement trop souvent des histoires de problèmes. Je suis trop ceci et pas assez cela.Tu devrais faire comme ci et arrêter d’être comme ça. Ça ne se dit pas. Ça ne se fait pas.

L’approche narrative nous invite à prendre conscience de ces histoires de problèmes, à les déconstruire en leur préférant des histoires alternatives qui nous conviennent mieux et nous permettent de sortir de situation parfois douloureuses et compliquées. Cette approche permet à la personne de découvrir les trésors enfouis en elle, les capacités qu’elle peut déployer et les ressources dont elle dispose déjà sans le savoir. Ce sont ces fines traces scintillantes que les praticien.ne.s narratif.ve.s vont mettre en lumière afin de les faire briller dans les yeux de la personne accompagnée. Ainsi elle redevient auteure de sa vie.

En tant que nouvelle praticienne, j’apprends à tisser ces fils scintillants et j’alimente mon imaginaire par de fabuleuses histoires, d’incroyables nouvelles, de sublimes poésies et de merveilleux contes. À cet effet, je lis en ce moment « La bible du hibou » d’Henri Gougaud, un condensé de légendes horrifiques venues de toute la France. Je ne résiste pas au plaisir de vous en partager une tendre bourguignonne. Et à demain pour une huitième surprise ;-)

À Dijon autrefois, vécurent les époux les plus aimants du monde. Il s’appelait Hilaire, elle s’appelait Quiéta. Quarante années durant, chacun fut le bonheur et le souci de l’autre, et chacun tous les soirs pria Dieu en secret de les faire mourir ensemble, un même jour. Mais Dieu ne voulut pas. Il prit d’abord Hilaire. Un an après sa mort, quand Quiéta fut portée à son tour au tombeau, ses enfants la couchèrent auprès de son époux. Alors on vit Hilaire, dont le corps était sain malgré son long trépas, sortir un bras du drap, le passer tendrement au cou de son épouse, et l’attirer à lui. Et l’on vit sa Quiéta sourire infiniment.

1 : https://lelaboratoirenarratif.com

Oser (encore) la vie !

Fin d’année rime souvent avec bilan et résolutions. Qu’a-t-on accompli rétrospectivement et quelles sont nos (bonnes) intentions pour les douze prochains mois. Personnellement, je fais ce genre de constat et de projections à l’occasion de mon anniversaire, en août. La nouvelle année me donne plutôt l’élan pour poser mes envies. Début 2022, j’écrivais donc une liste très sérieuse de ce que j’aurais aimé vivre, construire, organiser durant l’année écoulée. Je vous le dis tout de suite, je n’en ai réalisée qu’une sur les vingt-deux que je viens de relire : adopter un chat. D’ailleurs elle n’est pas vraiment réalisée car je n’ai pas adopté mais acheté une petite minette. Ne me blâmez pas, je m’en veux déjà assez même si je n’en aurais voulu une autre pour rien au monde. 

Mais revenons-en à cette liste. Mes trois premières envies étaient :
– Faire une retraite silencieuse.
– Faire un voyage avec mes enfants. 
– M’allonger dans l’herbe.

 En réalité, il y en a une autre en tête de liste mais elle est un peu osée et ma maman lit ce blog. J’aurais dû écrire anonymement. Bref.
Ces trois envies sont toujours d’actualité. Je rêve d’un weekend ou de quelques jours de total silence. Un peu compliqué dans ma situation mais si je pars avec une accompagnante qui me connait bien, un regard ou un signe de tête pourrait suffire pour exprimer mes besoins.
J’aimerais aussi emmener mes enfants ailleurs. Pas forcément très loin mais un endroit qui nous dépayserait. Ces deux envies me demandent de sortir de mon confort quotidien, ce qui est très difficile pour moi depuis plusieurs années. Être confinée n’a rien arrangé. C’est un véritable défi que je n’ai pas réussi à relever. Je mise sur 2023 pour sortir de cette coquille qui devient vraiment trop étroite ! 

Quant à m’allonger dans l’herbe, c’est une envie que j’ai depuis si longtemps. Rien ne m’en empêche et pourtant. Je voudrais non seulement m’y coucher mais aussi rouler, comme un rouleau de printemps, comme quand on est enfant. Je ris à la simple idée que quelqu’un m’aide à dévaler une colline en me poussant de tout mon long. C’est tellement simple et je me l’interdis sans aucune vraie raison sinon celle d’être ridicule peut-être. Ou d’être trop vieille pour ces bêtises. Bordel mais qui nous empêche de dégringoler en bas d’un champ si on en a envie ? On me dit dans l’oreillette : c’est toi grosse nouille !

OSER sera sans aucun doute le maître-mot de cette nouvelle année. Et en écrivant le titre de ce billet, je me rends compte qu’en décembre 2020 j’intitulais déjà un article-bilan de la même façon. C’est qu’il en faut du temps et du courage apparement pour oser. Reste à sortir de mon bol (de nouilles) et grimper tout en haut de la montagne. Et vous, quelles sont vos envies ?

Droit au but !

Ce mois de décembre est décidément fait pour me plaire. Chaque jour qui passe, en fouillant ici et là pour trouver une idée de billet, je découvre comme une partie de moi : le 3 la journée internationale des personnes handicapées, hier l’anniversaire de Lomepal le nostalgique et aujourd’hui la journée internationale des bénévoles et des volontaires. C’est tout moi.

Être bénévole dans une association c’est chouette. C’est enrichissant aussi. Parfois c’est énervant car ça n’avance pas assez vite. Mais surtout on y rencontre des gens qui partagent nos valeurs et on s’investit ensemble dans l’espoir d’atteindre nos buts. On s’engage. On construit. On rêve aussi, on ose y croire et c’est trop rare de nos jours pour cracher dessus. 

Ces 15 dernières années, j’ai rencontré des personnes formidables dont certaines sont devenues des proches, voire des ami.e.s qui me sont très chères. Sans cet investissement bénévole, je n’aurais jamais croisé leur route. Et là tout à coup, un 5 décembre qui ne paye pas de mine, brumeux et humide, je me retrouve à devoir gérer une bouffée de bonheur et de gratitude. Faudrait pas que ça dure cette connerie, je ne vais quand même pas passer ma journée avec ce sourire béat collé sur le visage ! C’est que j’ai une réputation de meuf taciturne à entretenir. Mais après tout l’un n’empêche pas l’autre. Et cette période de l’Avent est sans doute la plus propice pour exprimer ce genre de choses (je voulais écrire niaiseries mais ça aurait tué tout mon propos). À demain pour déverrouiller la porte N°6 ! 

Rappelle-toi, avant l’orage …

Lomepal – Bécane (feat Superpoze)

C’est l’anniversaire de Lomepal aujourd’hui. Il a 31 ans. J’aime ce mec. Introverti. Lunaire. Et qui écrit des textes qui me touchent. C’est comme ça. Difficile d’expliquer pourquoi. Cette chanson en particulier, « Bécane », me fout des bouffées de nostalgie, comme s’il racontait un truc que j’ai vécu. Alors que non. C’est fou d’avoir un tendre regret pour un souvenir qui ne m’appartient pas. La première fois que j’ai entendu le refrain j’ai même pleuré. Je pouvais sentir le vent dans mes cheveux et les mains d’une fille autour de moi. Et je pouvais m’entendre lui dire « Bébé serre-moi fort ». Alors que jamais je pourrais appeler quelqu’un bébé. Plutôt mourrir ! J’ai jamais eu de Peugeot 103 ni rien qui ressemble de près ou de loin à une mobylette. Drôle de sensation. Une dinguerie comme disent mes enfants et Roman Frayssinet (que j’aime aussi, ainsi que mes enfants hein, je précise quand même qu’on aille pas dire que je préfère Lomepal et Roman à ma progéniture). Si quelqu’un.e a déjà ressenti de la nostalgie, manifestez vous ! Pour les autres je vous dis à demain devant la porte N°5 pour un nouveau billet aussi palpitant qu’intéressant !

Pas de bras, pas de …

Je cherchais quel sujet aborder pour ce troisième jour du calendrier de l’Avent lorsque je me suis souvenue : le 3 décembre de chaque année, c’est la journée internationale des personnes handicapées. En voilà un sujet glamour à souhait ! Vous pouvez d’ores et déjà me remercier d’évoquer (encore) le sujet.

Depuis 1992, à l’initiative de l’Organisation des Nations Unies, cette journée vise à promouvoir les droits et le bien-être des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société et du développement et à accroître la sensibilisation à leur situation particulière dans tous les aspects de la vie politique, sociale, économique et culturelle1. C’est chouette non ? Partout dans le monde des événements sont organisés pour rappeler que les personnes handicapées sont bien des gens comme les autres, au cas où quelqu’un en douterait encore, et qu’il faut absolument les inclure dans toutes les sphères et tous les aspects de tout ce qui existe pour les autres, les beaux, les grands, les forts : les valides !

C’est l’occasion aussi de se mettre sous un plaid devant le Téléthon, émission d’un autre temps, qui met en scène des petits enfants « cloués » dans leurs fauteuils dont la seule solution pour qu’ils aillent mieux est bien entendu de les guérir. Je vous invite à lire cet article qui explique bien mieux que moi pourquoi le Téléthon ne sert pas la cause du handicap.

Et oui braves gens, en ce 3 décembre 2022, je suis toujours une exclue de la société. C’est elle, cette société, qui le sous-entend, pas moi. Son but en ce qui me concerne, ainsi que les quelques millions de personnes en situation de handicap qui vivent dans notre beau pays, c’est l’inclusion. Tout est inclusif : l’école, l’entreprise, le sport, la culture … Même notre accès à la sexualité doit être inclusif, débattu, théorisé, donné en pâture à la politique et aux médias.

Pourtant la seule différence entre une personne valide et moi se trouve logée quelque part entre ma quatrième et ma cinquième cervicale. Durant quelques heures, ma moelle épinière a été écrasée, même pas sectionnée, juste comprimée et elle ne s’est pas remise du traumatisme. Les conséquences sont importantes je vous l’accorde. Mais rien dans cette histoire ne justifie que je sois exclue d’un monde que j’embrassais pleinement quelques secondes avant le choc. Rien, personne et pas même une société toute entière ne peut décider que je sois moins citoyenne et soyons lucide, moins humaine que d’autres, au seul prétexte que mon corps ne répond plus à mes ordres et ne correspond plus aux normes en vigueur.

Peut-être que ces mots sont vains, inutiles, surannés. Peut-être. Mais s’il me reste un droit, c’est bien celui de m’exprimer. Beaucoup de personnes en situation de handicap ne l’ont pas. Quant au chocolat, ne le cherchez pas, j’ai tout bouffé !

1 : https://www.un.org/fr/observances/day-of-persons-with-disabilities

Temps de l’Avent 🎄

Si j’avais voulu faire les choses correctement, j’aurais dû commencer mon décompte de l’Avent le 27 novembre, soit quatre dimanches avant Noël. En effet l’Avent, du latin adventus qui veut dire venue, avènement, est la période qui précède Noël où l’église latine se prépare à l’arrivée du Christ et à son incarnation. Je ne suis pas une grande spécialiste de cette question car même si je suis de confession catholique, je ne pratique pas. Mais il me semblait important de le rappeler. 

Le calendrier de l’avant quant à lui est une tradition d’origine germanique, de Finlande plus précisément, destinée à faire patienter les enfants jusqu’à Noël. Elle fait écho à l’attente des chrétiens lors du temps de l’Avent dans la nuit de Noël (merci Wikipedia).

En réalité si je vous parle de ça, c’est qu’en faisant mes petites recherches, je suis tombée sur la chaîne YouTube de Frère Paul Adrien. Je le trouve tellement atypique, intéressant et drôle qu’il me réconcilierait presque avec la religion. Il explique bien mieux que moi ce qu’est l’Avent et aborde beaucoup d’autres sujets. Je vous laisse donc découvrir cette vidéo et peut-être d’autres, et je vous souhaite une belle journée !

Let’s go !

Parce que je dois être un peu masochiste, j’ai décidé de remettre le couvert et de tenter à nouveau le challenge du calendrier de l’Avent que je m’étais lancé en 2021. L’année passée, j’avais presque tenu jusqu’au bout, j’ai juste manqué de souffle sur la fin et terminé avec un billet plein de mots grossiers. Un fiasco quoi … Cette fois-ci, j’ai été plus maligne, j’ai préparé mes postes en avance. Bon pas jusqu’au 24 je vous rassure, je me laisse quand même la possibilité de tout foirer. Et ce n’est pas comme si j’avais deux bouquins sur le feu, un atelier d’écriture à honorer et un site Internet pour ma future activité à remplir. Mais comme je le répète souvent : À cœur vaillant rien d’impossible ! Voici donc pour ce 1er décembre une pensée à celles et ceux touché.e.s de près ou de loin par le SIDA, avec cette même citation de Philippe Geluck que l’an passé. Je vous retrouve demain pour ouvrir le porte N°2 !

TDoR* 2022

J’aurais aimé écrire un texte beau, touchant, militant et source de réflexion sur ce jour qui commémore les personnes transgenres mortes de manière directe ou indirecte par la transphobie (assassinées, suicidées ou décédées d’overdose). Parce que c’est inimaginable qu’on puisse encore mourir d’être soi . Remarquez on crève bien d’être noir, femme ou homosexuel …

Il y a trois ans, je ne savais pas que cette journée du souvenir trans existait. Je n’étais pas assez sensibilisée. Pas touchée de près. Le sujet commençait à peine à être médiatisé. Aujourd’hui c’est un phénomène de mode. Les médias font le buzz et les extrémistes de tout poils en font le lisier qu’ils déversent ensuite partout où ils le peuvent. À tel point que j’entends régulièrement « qu’on ne voit plus que ça ! ».

Ça ? C’est quoi ça ? C’est qui ça ? 

Je me demande qui sont ces gens qui se sentent menacés par une poignée, que dis-je, une pincée de personnes transgenres ? Lesquelles de leurs valeurs sont bafouées pour que leur but devienne de faire taire ou pire, de faire disparaître les personnes trans ? Ont-elles d’ailleurs jamais rencontré un homme ou une femme transgenre ? 

Si je m’exprime sur ce sujet c’est que, vous vous en doutez, il me préoccupe. Comme je l’ai dit l’an dernier, un jour j’écrirai une histoire de genre. J’ai l’espoir chevillé au corps qu’elle se termine par une fin lumineuse. Car malheureusement ce n’est pas toujours le cas.

Une histoire de genre, une vraie, vécue de l’intérieur, ce n’est pas comme regarder un témoignage sur les réseaux ou à la télévision. On ne peut pas couper les écrans et passer à autre chose. C’est toujours là. Qu’on soit d’accord ou pas. D’ailleurs on n’a pas à donner son avis ou son aval. On a juste à accompagner, soutenir, avec le peu qu’on comprend et tout l’amour qu’on a.

La transidentité existe. Pas depuis un an, dix ans ou cent ans. Depuis toujours. L’époque que nous vivons permet aux personnes transgenres de vivre un peu plus au grand jour, d’exprimer un peu plus ce qu’elles vivent, ce dont elles ont besoin, ce à quoi elles rêvent et aspirent. De trouver leur place au sein de la communauté humaine. Tiens ça me rappelle quelque chose, cette interminable quête d’une place où on se sentirait accepté, accueilli, aimé avec toutes nos singularités. Un endroit safe. Oui j’ose le parallèle entre handicap et transidentité, deux états d’être qui ne correspondent pas aux normes. Fuck les normes, fuck les étriqué.e.s du bulbes et les coeurs asséchés.

Ces dernières semaines on a pu assister à des reportages ou des débats sur le sujet. je vous l’ai dit, c’est un sujet à la mode. Des émissions grand public ont traité de la transidentité avec, on peut le dire, une certaine maladresse. M6 et Karine Lemarchand dans l’émission « Trans, unique en leur genre1 » ont été largement critiquées et l’ARCOM2 a été saisi à plusieurs reprises. France 2 et Léa Salamé qui présente l’émission « Quelle époque ! » dans laquelle a eu lieu un débat sur le sujet le 22 octobre dernier3 et qui a choqué beaucoup de personnes La présentatrice a présenté ses excuses après le tollé qu’a levée la séquence. Émettre un avis, se revendiquer contre la transidentité, ça revient à se positionner sur la légitimité d’exister de ces personnes. Depuis quand décidons-nous pour les autres de ce qu’ils doivent être ou vivre ? Et si toutefois on se sent autorisé a émettre un avis, à dénigrer, nier l’existence de ces personnes, on est transphobe, comme l’est la jeune femme sur ce plateau même si elle s’en défend. Et le transphobie n’est pas une opinion, c’est un délit4

Je ne me lancerai pas dans une explication approfondie de ce qu’est la transidentité, de la différence entre orientation sexuelle, identité sexuelle et identité de genre. J’en serais bien incapable. Mais comme pour mon handicap, parce que je le vis au quotidien, je me sens légitime d’en parler et de défendre ces personnes contre la haine et le rejet qu’elles subissent. Il n’y a pas de vies qui valent moins qu’une autre. Rien ne justifie le harcèlement, les injures, le déni, les coups et les meurtres. Et l’argument selon lequel « on a peur de ce qu’on ne connaît pas », largement utilisé pour le racisme, l’homophobie ou l’handiphobie (oui ça existe même si mon correcteur souligne le terme) commence à être suranné.L’information est partout, tout le temps, il suffit de vouloir s’intéresser à un sujet pour mieux le comprendre et ne plus en avoir peur.

J’ose espérer que comme les défilés organisés hier partout en France contre les violences faites aux femmes, le TDoR et ses manifestations seront très vite inutiles et jetés aux oubliettes. Heureusement il nous est encore permis de rêver !

*TDoR : TransDay of Remembrance
1 : L’émission n’est plus en ligne mais vous trouverez beaucoup d’articles en ligne sur le sujet.
2 : Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (ancien CSA)
3 : Emission à revoir ici : France 2 replay
4 : C’est pas moi mais le gouvernement qui le dit ICI

Gangrène

J’ai lu quelque part qu’il fallait soutenir la recherche dans l’espoir de guérir les blessées médullaires et éradiquer cette gangrène que sont la paraplégie et la tétraplégie. On se fiche de savoir qui a écrit ces propos et où on peut les trouver. Peut-être préciser qu’ils appartiennent à des personnes directement concernées. Ça a son importance. À mon sens, elles sont les seules légitimes à pouvoir les tenir. 

Ce qui m’importe, c’est ce que ces propos véhiculent. Et aussi ce que ça me fait, à l’intérieur, de les lire. Je n’avais pas prévu d’écrire à ce sujet. Mais comme souvent ça s’impose. 

Je ne suis pas heureuse d’être tétraplégique. Ce n’est pas ce que je souhaitais devenir quand à dix ou onze ans je pensais à mon avenir. Ce n’est pas fun d’être paralysée, dépendante. Ni enviable j’en ai conscience. Mais c’est arrivé. Et j’ai trouvé, dans ce chaos qu’est devenu mon corps, des raisons valables de continuer à vivre. 

Je comprends que l’on ne puisse pas. Je comprends que l’on veuille à tout prix être réparé.e. Je comprends que cela devienne un but, un graal, qui maintient l’espoir de redevenir comme avant et permet de supporter le maintenant. Je comprends aussi qu’on préfère être mort.e. 

Je serai heureuse pour celles et ceux qui bénéficieront des résultats de la recherche et qui pourront parler de leur moelle épinière abimée comme on le fait aujourd’hui d’un bras cassé qui s’est consolidé.

Alors pourquoi ces propos m’offusquent-ils (et c’est un doux euphémisme) ? 

Je répète à qui veut l’entendre que le handicap ne me définit pas. Je ne suis pas QUE tétraplégique. 
Pour autant le handicap fait partie de moi. Je suis une femme. Je suis grande. Je suis AUSSI tétraplégique. Ce n’est pas dans mon ADN mais ça me compose. Malgré moi. 

La gangrène est une nécrose d’une partie du corps. Un tissu, un organe, n’est plus irrigué par le flux sanguin. Il meurt. Il pourrit. Il faut couper. Ôter. Empêcher la propagation. 

Je ne me sens pas gangrenée. Je n’ai pas l’impression d’être dévorée par un mal qui me tuerait à petit feu. Je ne suis pas morte. Ni pourrie. Rien ne se propage que je veuille éradiquer. Le flux vital alimente toujours mon immense appétit.

Comparer la tétraplégie à une gangrène suppose pourtant le contraire. Quiconque serait en pleine nécrose voudrait stopper les effets. Guérir. Pour elle, lui et pour les autres.
Jouer avec ce genre d’images permet sans doute d’obtenir de l’intérêt pour sa cause. Mais cela contribue aussi à une vision misérabiliste du handicap et qui érige la validité (au sens de l’absence de maladie et de handicap) en seule existence valable et digne d’être vécue.

Je ne me ressens pas malade. Je n’éprouve pas le besoin ou l’envie d’être réparée. Cette tétraplégie a changé ma vie. Elle ne m’a pas changée, moi. Je sais qui je suis en mon fort intérieur. Et si j’osais je pourrais affirmer, sans romantisme aucun, que la tétraplégie a fait de moi une meilleure personne. L’image que je renvoie et l’interprétation qui en est faite par autrui n’est pas de mon ressort.

Je n’ai pas construit ma vie sur les ruines de mon passé. Je ne suis pas l’ombre immobile d’un moi valide. Je suis sortie du clivage avant/après pour embrasser pleinement le présent. Je suis ici et maintenant.

S’enchanter autrement !

J’ai l’impression que l’été vient seulement de se terminer. La brume a envahi Strasbourg et je résiste à l’envie, ou l’habitude peut-être, d’allumer le chauffage. Pour être honnête il est en panne mais je crois que je ne l’aurais pas encore lancé même s‘il était opérationnel. Je m’habitue à enfiler de bons gros chaussons en laine et un pull doux et chaud. Si toutefois je devais ajouter un bonnet, je me déciderai peut-être à lancer les radiateurs mais pour l’instant je ne grelotte pas. Et j’ai la chance de vivre dans un bâtiment prévu pour garder la chaleur. Je me rends compte que le système fonctionne pas mal même si je suis bien incapable de vous expliquer comment. 

C’est déjà la mi-automne et je n’ai rien concrétisé de ce qui devait l’être à la fin de l’été ou pour la rentrée. Je m’en fiche. C’est avec moi-même que j’avais pris ces engagements et comme j’ai décidé de ma lâcher la grappe, tout va bien. Dans le même ordre d’idée je vous confiais en avril dernier m’être officiellement lancée dans l’écriture et ça m’avait foutu les jetons, comme si j’allais être obligée de sortir un livre très vite pour prouver que c’est bien vrai et que je ne suis pas une mytho. Mais là aussi j’ai arrêté de me torturer. Il est presque prêt, faut juste peaufiner un peu ou arrêter de pinailler, sûrement un peu des deux. Mais en tous cas, je tiens le bon bout !

En écrivant beaucoup plus que d’habitude chaque jour, j’ai remarqué que ma vue a baissé. C’est arrivé tout d’un coup, un matin je lisais encore la notice de mes boîtes de médocs et le lendemain pouf, plus rien, à moins de tendre mes bras à un mètre cinquante. C’est déjà compliqué de les tenir levés sans bouger devant mes yeux, s’il faut les tendre en plus, laisse tomber. Je me suis donc décidé à consulter un ophtalmologue et à acheter ma première vraie paire de lunettes. Et j’en avais vraiment besoin ! Quel confort quand je les porte, j’ai l’impression de redécouvrir le monde. Enfin surtout ce qui se trouve à moins de deux mètres car tenez-vous bien, j’ai des verres dégressifs, ils corrigent de près et la correction s’estompe sur le haut. Je me suis dit que le prix serait peut-être dégressif lui aussi mais que nenni. Heureusement j’ai eu une prise en charge généreuse de 0,09€ de la CPAM. Ça fait le même effet que lorsqu’on t’augmente de 3,23€, beaucoup de paperasse pour pas grand chose.

Avec ces lunettes je ressemble à ma mère. Je m’en rends vraiment compte quand on est en visio sur Messenger. Ça me fait bizarre car j’ai toujours pensé que je tenais mes traits de mon père. Je dois me rendre à l’évidence et mes parents étant devenus adeptes des appels en live, je ne peux pas faire autrement. C’est ce confinement qui a mis à la mode ces conneries de coups de fil en visio. Encore mes parents je veux bien, même si je suis couchée ou en vrac je décroche parce que je les aime et que je les connais bien depuis tout ce temps. Mais il y a des gens improbables qui t’appellent en pensant que tu vas lancer ta caméra. Je ne réponds déjà pas à un appel si je ne connais pas la personne depuis au moins 6 mois. Alors un facetime après trois mots échangés, même pas en rêve. Je regrette le bon vieux temps du téléphone fixe.

C’est peut-être pour ça que depuis quelques semaines mes téléphones me lâchent. Le tactile se bloque, le petit trou pour mettre le fil du chargeur s’abime, le mobile s’éteint tout seul et ne veut pas se rallumer. Si j’étais de nature pessimiste je dirais que j’ai la poisse. Mais je pense plutôt que mon ras le bol téléphonique se manifeste dans le réel. Il est peut-être temps de m’enchanter autrement ;-)

Au théâtre ce soir !

J’ai écrit le texte qui suit il y a quelques semaines dans le cadre de mon accompagnement à l’écriture avec la formidable Marie-Ève Tschumi(1) . Une de mes plus chères amies a posté un écrit similaire sur son blog (lien en fin de page). Ca m’a donné le courage de partager le mien, d’oser mettre en lumière un côté plus sombre de mon rapport à la dépendance.

Je suis spectatrice de ma propre vie. La plupart de mes gestes sont exécutés par d’autres. Elles. Toutes celles que j’ai eu à mes côtés et qui m’ont compensée. 

Des scènes anodines se sont jouées jour après jour, qui parfois imprègnent encore mon esprit. Des morceaux de vie collés à moi comme du papier-peint gluant qui tient encore au mur.

Celle qui se déroule aujourd’hui devant moi, cette bribe de vie qui devrait être la mienne, jouée par une autre, me rend triste et envieuse. J’observe le ballet de leurs corps. Elle coupe les tomates, il essore la salade. Un instantané banal du quotidien. La cuisine s’anime. Ils se frôlent, se croisent, se parlent et rient. Leurs mains sont splendides, efficaces. L’une vole une rondelle rouge, l’autre pique une feuille verte. J’ai peur qu’il lui glisse un morceau dans la bouche. Je ne veux pas qu’ils parlent, je ne veux pas qu’ils rient. Je ne veux surtout pas qu’ils se touchent. Je veux qu’elle soit un automate, inhumaine, froide de corps et de cœur. Je ne veux pas qu’elle lui montre ce que je ne suis pas. Je veux qu’elle se taise. Je veux qu’elle disparaisse à mon profit. Je veux qu’elle soit une ombre sans substance, sans son et sans odeur.

Où est ma place dans ces histoires ? Éternelle observatrice, simple donneuse d’ordres. Je vis par procuration. Tout émane de moi, le menu, l’heure du repas. Mais rien ne passe par moi. Une autre anime ma volonté. Je souffre. Ce soir je pleurerai mon absence au monde. Et je serai envieuse des mouvements d’une autre, de ses gestes qui m’appartiennent, de ses possibles qui mettent à jour mes manques. Qui suis-je ? C’est moi l’ombre sans substance. Ou plutôt c’est moi l’ombre trop présente. 

Elle lui rase la tête et c’est insupportable. Il a demandé si ça me dérangeait. J’ai dit non. Je pense oui, bien-sûr, évidemment, t’es con ou quoi ? Sa main passe sur son crâne, touche sa nuque. J’ai l’impression qu’elle le caresse. Elle enlève délicatement les quelques cheveux tombés sur ses oreilles. Elle souffle sur son front. J’ai envie de la tuer. Non pas elle en particulier mais toutes celles qui pallieront mes impossibles. Tout ce qu’elle représente à cet instant précis. Je veux qu’elle meurt, qu’elle crève et je veux devenir elle. Je veux la dépecer. Pourrais-je enfiler sa peau ? Même dégoulinante. Même trop petite. Je l’étirerai pour y entrer, me fondre en elle. Une heure, une minute, une seconde. Pitié juste une seconde. Être celle qui fait, qui est. Une seconde en elle contre une vie d’impuissance. Dites moi avec qui pactiser, je signe les yeux fermés. J’offre ce qu’il me reste de vie pour une seconde en elle. 

Ce soir elle rentre de courses. Je lui ai donné une liste. Elle pose sur la table quelques tranches de jambon blanc qui n’étaient pas notées. Il est là, appuyé sur le plan de travail. Elle le regarde, lui sourit. Je ne comprends pas. Elle s’explique. Il a dit qu’il pourrait en manger à tous les repas. Je m’en souviens maintenant. Elle a pensé bien faire. C’est gentil, il dit. Il sourit. Je fulmine. Je me vexe. Ce n’est rien, j’exagère. Je perds un peu plus ma place, je vais finir par tomber. C’est anecdotique ils disent. Ils rient. Je pleurerai ce soir le manque de tact d’une autre, le geste déplacé, inconvenant. Il n’est pas à elle, ce n’est pas sa vie ni sa liste de courses. Je doute. Suis-je trop en plus de n’être pas assez ? Où est ma foutue place ? 

Ils exécutent une danse inconsciente et j’en suis totalement exclue. Ils ne savent pas et je ne vois que ça. Funambule, je suis en équilibre instable, condamnée à voir se dérouler devant moi le film de ma vie. Heureusement j’en reste la scénariste et la réalisatrice. Et avec le temps, je soigne mieux le casting. Être dépendante n’empêche pas d’être totalement autonome mais c’est un état qui peut-être particulièrement cruel. Vous pouvez lire le texte de Létitia ici.

(1) : https://www.ecrivain-e.com

Le pont des souvenirs

Je voudrais écrire un article pour mon anniversaire. J’y pense depuis plusieurs jours. Je tente quelques mots, quelques idées. Mais rien ne vient. Je réfléchis à ce que j’aimerais aborder comme sujet, à ce qui me tient à cœur de partager avec vous et c’est le néant total, le vide intersidéral. 

Se bousculent pourtant dans ma tête tout un tas de trucs : le mot sobriété, le nom d’Elon Musk, une rengaine qui me répète de revenir à l’essentiel, les jolies images de ce weekend qui sont déjà des souvenirs, des chansons tristes, les perséides que j’ai encore loupées cette année. Je me demande aussi qui s’est réincarné dans le corps de Maggy, ma Nouchette, ma petite minette si expressive et si attachante. Elle a su prendre le relais de ma Gigi de façon très délicate et tellement rigolote. Sa présence est un vrai bonheur même si elle a bousillé le canapé et semble être une fétichiste des culottes. 

Je vais avoir 44 ans demain. Je n’ai pas de problème avec mon âge, avec le fait de vieillir. J’observe avec une certaine curiosité mes rides apparaître et côtoyer mes éternels boutons d’acnés. J’aime mes cheveux argentés. Il me tarde même que le gris disparaisse totalement et qu’il ne reste plus que le blanc immaculé. Les petites tâches qui s’invitent sur mes mains ne me dérangent pas. Le temps qui passe n’est pas mon ennemi et j’essaye d’en savourer chaque étape. Je suis heureuse d’être capable d’offrir au monde mon vrai visage, sans fards ni retouches. J’ai déjà tant à accepter de ce corps abimé, devoir souffrir de vieillir serait un peu trop à porter pour une seule femme. 

J’aurai 44 ans demain et comme à chacun de mes anniversaires je deviens plus nostalgique qu’à l’accoutumée. Cette année l’époque a changé. Ma mémoire m’emmène sur un pont qui relie deux villages. Un pont de pierres qu’on ne peut fouler qu’à pieds. Un pont sur lequel on s’assoit, duquel on saute dans une rivière, sous lequel on se cache des regards indiscrets. Si je pouvais lui parler à ce pont, j’aurais tant de question à lui poser :

– Reste-t ’il un peu de moi sur ta margelle usée par les rivets de mes jeans ?

– L’écho de mes secrets chuchotés est-il toujours audible à qui sait entendre ? 

– Qui réchauffe tes entrailles gelées désormais ? 

Ce pont pourrait raconter beaucoup de mes histoires, de mes premières baignades à mes premiers baisers, de mes premières cigarettes à mes premiers chagrins. Il sait que j’avais trop peur pour sauter dans l’eau et que j’avais un peu honte d’être une trouillarde. Mais oser dire non au groupe d’ados qui se moquaient de moi était aussi la preuve d’un sacré courage. Il est surement un peu fier de moi. 

Je l’ai emprunté si souvent qu’il m’a manqué lorsque j’ai dû partir. Penser à lui me donne envie d’y retourner, de caresser et peut-être même coller mon oreille sur une de ses grosses pierres, la plus claire, celle où j’aimais m’asseoir, persuadée qu’elle était spéciale, peut-être même magique. On en aurait des choses à se raconter elle et moi. Comme deux amies qui ne se sont pas vues depuis 30 ans mais qui auraient l’impression de s’être quittées hier.

Et vous ? Y-a-t-il un endroit bien spécial qui sait des choses de vous que personne d’autre ne connait ? Des secrets ? Avez-vous envie d’y retourner ? 

Je n’ai toujours pas d’article pour demain mais j’ai celui-ci pour aujourd’hui. Quoi de mieux que de vivre l’instant présent ? Et si demain je n’ai rien à poster c’est qu’il n’y avait rien dire. Parfois le silence vaut mieux que milles mots :-)

Et que ne durent que les moments doux …

J’ai presque terminé le roman de Virginie Grimaldi joliment titré : Et que ne dure que les moment doux. Je l’ai lu en grande partie au parc à côté de chez moi où j’essaie de passer un moment chaque jour. Souvent je n’arrive pas à lire, absorbée par ce qui se passe autour de moi. Il y aurait aussi matière à écrire un roman sur ce parc et ses habitants, les humains comme les animaux. Ce n’est pas la vraie nature mais en clignant des yeux et en mettant des écouteurs on s’y croirait presque !

À chaque fois que je pose mes yeux sur la jolie couverture rose du format Livre de poche de ce bouquin, j’ai envie de chantonner Osez Joséphine de Bashung. Mais je vais vous épargner mes vocalises même s’il est plus qu’urgent que la pluie tombe.

J’aime Virginie Grimaldi pour sa simplicité. Je suis abonnée à ses réseaux et souvent je lis ses publications comme je le ferais avec celles d’une bonne copine. Je souris à ses posts légers. Je suis émue par ses confidences plus intimes. J’ai attendu avec impatience les lettres quotidiennes à sa grand-mère durant le premier confinement. Je pense que je l’aime pour son authenticité. Elle ne met pas de filtres, sur ses photos comme sur ses mots. Elle est vraie.

Ce roman c’est l’histoire de deux femmes mais surtout de deux mères. L’une est une jeune maman qui vient de mettre au monde un bébé prématuré arrivé trop petit. L’autre est une femme mûre qui contemple le vide laissé par sa fille et son fils devenu trop grands. Elles sont toutes les deux séparées de leurs enfants par la force de la vie et en crèvent. Heureusement, les histoires de Virginie Grimaldi s’arrangent toujours à la fin. Je ne suis pas inquiète pour Lili et Élise, elles devraient plutôt bien s’en sortir.

Moi je suis une mère de la terre du milieu. Je n’ai plus de petits et pas encore de grands. Je suis à mi-chemin. Mes ados sont encore sous nos ailes. Ils sont partis il y a 3 jours avec leur père en vacances. Pas pour très longtemps. Et comme à chaque fois que nous nous séparons, j’ai stressé et j’ai été infecte les heures précédent le départ. C’est plus fort que moi. Je leur ai demandé vingt choses à la fois alors que bordel il ne faut pas mélanger tous les rôles. J’ai hurlé que ce n’était pas possible de me laisser des chambres dans cet état alors que bordel les adolescents ont besoin de gérer seuls leur univers. J’ai râlé devant le tas de linge à laver à la dernière minute alors que bordel j’ai fait tourner 3 machines hier. Je les ai envoyé en les maudissant chercher des chaussettes chez H&M alors que bordel j’en achète dix paires tous les mois et que (re)bordel faut vraiment arrêter d’aller dans ce magasin ! 

Un quart d’heure avant leur départ, consciente de mon attitude déplorable, j’ai proposé un câlin collectif parce que quand même on ne va pas se voir pendant plusieurs jours. Si N°2, pa rancunière pour un sou, n’y a vu aucune objection et m’a serrée fort dans ses petits bras, N°1 a ricané en me balançant un missile bien mérité je dois l’avouer. Fallait quand même pas que j’espère un rapprochement après lui avoir crié dessus toute la journée. Ça s’est terminé avec un ouais c’est ça aller ciao bisous lancé depuis l’ascenseur, qui a anéanti mon ultime et pathétique tentative que j’ose à peine écrire : t’auras bien l’air con si je meurs avant que tu ne reviennes, tu t’en voudras toute ta vie de ne pas m’avoir fait un vrai câlin !

C’est le même cinéma à chaque fois que mes Vies partent chez leur père, que ce soit dans le cadre de la garde alternée ou pour les vacances. Pourtant, même lorsque ce n’est pas ma semaine, mes enfants viennent chez moi tous les midis. Ils échappent ainsi à la cantine et ça m’évite de faire venir une auxiliaire de vie pour le déjeuné. Un deal qui me permet de les voir presque tous les jours sans passer pour une mère étouffante. Cela ne m’empêche pas de les soûler un dimanche sur deux, à coups de bêtises comme j’ai l’impression d’être un compte bancaire et autres si ça continue vous allez rester tout le temps chez votre père ! Dans ces moments là je ne me reconnais pas. Je suis en furie, ils m’énervent, rien ne va et je remets tout en question. Bree Van De Kamp sort de ce corps ! À peine dix minutes après qu’ils soient partis, je leur envoie un texto pour m’excuser, texto auquel ils répondent systématiquement que ce n’est pas grave et qu’ils m’aiment quand même. Je suis certaine qu’ils l’écrivent en avance tellement je suis prévisible. Bien sûr je me persuade que je ferai mieux la prochaine fois et inlassablement je recommence mon cirque. Je n’ose même pas imaginer mon état le jour où ils partiront définitivement … 

Ce qui me console c’est que je m’en rends compte et que j’essaye de m’améliorer. Les dimanches où leur père les récupère en fin de journées sont plus zen et je me réjouis de retrouver ma chère et douce solitude. Quand ils étaient encore petits je me moquais gentiment des mères qui souffraient du « nid vide ». Je pensais être soulagée de ne plus les avoir à la maison, heureuse de retrouver ma liberté. J’ai compris ma bêtise le premier weekend où ils sont partis chez leur père après le divorce. Et les vacances qui on suivi. Et toutes nos séparations depuis.

J’espère que le fait d’avoir posé ici cette histoire de maman va me permettre de changer ce vilain comportement. J’ai appris dernièrement que les histoires n’existent pas tant qu’elles ne sont pas racontées, à l’écrit ou à l’oral. Et si elles n’existent pas elles ne peuvent pas être réparées. J’ai sorti ma caisse à outils. Y a plus qu’à !!!

Le son du silence

Je me demande où vont tous ces mots qui restent coincés dans la gorge. Ceux qui bloquent et font chevroter la voix. S’entassent t’ils au fond du gosier en une sourde cacophonie ? S’accrochent t’ils aux parois pour ne pas tomber dans l’oubli ? J’en ai tant garder, retenus, avant qu’ils ne puissent atteindre mes cordes vocales et devenir vivants. Les mots non-dits sont-ils d’ailleurs jamais nés ? Sont-ils morts-nés ? Ou sont-ils quelque part en attente de voir le jour ? Peut-être disparaissent-ils simplement. 

Je suis de ces personnes qui ressassent les mots qu’elles n’ont jamais prononcé. Je mâche, je salive, je chique un tabac invisible au goût de silence. Je rumine dirait l’autre. Et des mots tus, j’en ai à revendre. 

Je me fais l’effet d’un vinyle sans sillon. Le saphir caresse une galette parfaitement vierge. Seul un crépitement familier se fait entendre. L’intention est bonne, il y a quelque chose d’atypique, d’unique, dans ce silence inattendu. Mais voilà on n’en sait pas plus, le disque est muet. Inutile. 

Je me raconte les mêmes histoires depuis si longtemps que j’ai fini par les croire. Un peu comme pour le père noël et le prince charmant. Pourtant il existe bien d’autres manières d’imaginer les aventures de ce gros bonhomme ventripotent et de cet ahuri à la mèche un peu trop bien coiffée. Mais celles, communes, connues, nous vont bien. Pourquoi se torturer l’esprit ?

Je me demande si le silence des mots étouffe. Je me demande s’il pourrait un jour déborder. Les mots sortiraient-ils dans l’ordre ou emmêlés en un brouhaha incompréhensible ? Je peux les sentir à ma gorge nouée. Ce sont eux qui se tordent à m’en clouer le bec.  

J’ai eu envie d’écrire quelques uns de ces mots sur un bout de papier que j’aurais glisser sous un paillasson. Des mots jolis. Mais j’ai peur que jamais personne ne les découvre et qu’ils soient les compagnons des miettes et de la poussière. Et oser offrir des mots qui ne seront jamais lus est sûrement pire que de les garder pour soi. 

Comme par Magie !

J’écris un livre. Je viens le dire ici car j’ai l’impression que cela m’engage personnellement à aller au bout. Non pas que je me sente obligée envers vous. Je ne m’inflige plus ce genre de pression inutile. Non en réalité cela m’engage envers moi-même et surtout envers cette idée qui s’obstine à vouloir que je lui donne vie. Car oui, je crois fermement que les idées sont des entités à part entière qui flottent autour de nous à la recherche d’humains pour les incarner. Et celle qui consiste à écrire une histoire d’accident, de résilience et de liminalité ne me quitte pas depuis ce 22 avril 1995. Je sais que celle-ci m’appartient et que personne d’autre ne pourra la réaliser. Si ce n’était pas le cas, elle ne serait pas encore présente à tambouriner à ma porte 27 ans puis tard. Mais d’autres idées ont tenté leur chance et faute d’attention suffisante de ma part, elles ont trouvé de meilleur-e-s réalisateur-rice-s. 

Fin 2017, alors que je faisais une insomnie, une idée m’est apparue en pleine nuit. Je devais faire de mon expérience personnelle un spectacle humoristique. Prise d’une frénésie incontrôlable, j’ai écrit en trois heures les grandes lignes de ce que je souhaitais partager avec mon futur public. Je m’y voyais déjà et j’avais même réussi à me faire éclater de rire avec mes propres blagues. Je tenais assurément une idée géniale ! Le lendemain j’en ai parlé à une amie qui a trouvé elle aussi que le projet valait la peine d’être creusé. Elle m’a encouragé à m’y mettre et j’y ai pensé quelques jours. Et puis j’ai traversé une période compliquée avec une de mes accompagnantes et j’ai remisé dans la grange de mes innombrables fulgurances cette fantastique idée. 

Heureusement les idées sont plus persévérantes que les humains. Si elles doivent exister, elles chercheront sans relâche une personne pour les faire apparaitre au monde. Et cette idée de spectacle humoristique porté par une femme tétraplégique, qui serait maman, épouse et aurait un sens de l’autodérision à toutes épreuves a sûrement dû effleurer l’esprit de plusieurs nanas qui déchirent avant de trouver preneur. Ou plutôt preneuse. Quelle surprise de découvrir un jour au détour d’une page Facebook le projet de Stef Binon intitulé « One Woman Sit-up Show ». Je n’en revenais pas ! Non pas que cette idée soit si géniale que personne d’autre n’aurait pu l’avoir. Non pas que je sois jalouse ou que j’ai l’impression d’avoir été spoliée. Au contraire ! Cette idée avait un tel appétit de vivre qu’elle avait continué sa quête et avait enfin trouvé quelqu’un à la hauteur de son ambition. Ce n’était sûrement pas la même histoire, les mêmes détails, mais l’idée principale était là, vivante. J’étais ravie et impressionnée par le travail de Stef. Et j’étais enchantée car je venais de toucher du doigt la magie créatrice. 

Bien-sûr à l’époque je n’avais pas analysé cet événement tel que je vous le transmets aujourd’hui. Je ressentais profondément qu’une force supérieure régissait la créativité mais je n’arrivais pas à mettre cette sensation en mots, à élaborer un concept. Et puis j’ai reçu dans un de mes « P’tit Colis » un livre d’Elizabeth Gilbert intitulé « Comme par magie – Vivre sa créativité sans la craindre ». Vous connaissez sûrement cette auteure, elle a écrit le best-seller « Mange, prie, aime » porté à l’écran par Ryan Murphy et interprèté par Julia Roberts. Quand j’ai reçu ce bouquin je me suis dit ouais bof encore un truc new âge qui va m’apprendre à attirer le positif en pensant positif … Et bien que nenni ! C’est dans ces pages que j’ai découvert cette conception de la créativité, du génie logé en chacun d’entre nous et des trésors cachés qui ne demandent qu’à être déterrés. Tout à coup cette idée de spectacle que je n’avais pas pu saisir et qui était allée frapper à une autre porte prenait tout son sens. Comme je suis heureuse qu’elle ait trouvé la bonne personne pour s’épanouir en me laissant l’opportunité d’accueillir d’autres projets. A toutes celles et ceux dont le cerveau foisonne d’idées et qui culpabilisent de ne rien faire, à vous qui pensez que vos idées sont nulles et inutiles, je vous invite vraiment à découvrir ce petit livre, il pourrait changer votre vie !

Pour ma part il m’aura fallu quatre ans pour assimiler ce bouquin et oser parler de cette idée qui m’a échappé. Et en réalité je n’ai compris son message que cette semaine en le relisant plus attentivement. Depuis quelque temps je me suis mise sérieusement à l’écriture, considérant cette activité non plus comme un passe-temps pour nourrir mon blog mais comme un véritable travail auquel je dois m’atteler régulièrement. Le titre de ce livre me revenait sans cesse à l’esprit – Comme par magiiiie, Comme par magiiiiie – et j’ai fini par l’attraper dans ma bibliothèque pour fair taire cette voix agaçante et libérer un peu d’espace entre mes neurones. Et comme j’ai bien fait ! Non seulement Elizabeth Gilbert y évoque la magie et l’obstination des idées à exister mais elle y explique également combien la peur est paralysante et quel courage il faut pour oser l’embarquer avec nous dans notre aventure créative. Alors en voiture Simone, me voilà partie jusqu’au bout de cette idée, décidée à sortir ce bouquin qui sommeille en moi depuis trop longtemps. 

Wahou j’ai osé vous confier que j’écris un livre. Je n’arrive pas encore à me définir comme une écrivaine mais le temps viendra où j’en serai capable, sans nul doute. Un temps où dire sera plus important que taire. Un temps où ma raison aura laissé place à ma passion. Un temps où je ne pourrai faire autrement que de m’éparpiller en mille morceaux.. Un temps où le désordre qui règne en moi deviendra le plus joli des chaos.

Je vois quelqu’un !

Depuis un peu plus d’un mois je vois quelqu’un. Non, pas un mec. Un psychologue. Enfin une psychologue. Vous avez remarqué que souvent quand on conseille à un-e ami-e d’aller consulter on lui dit :
Tu devrais aller voir quelqu’un !
Comme si c’était tabou. Ça l’a peut-être été mais aujourd’hui il me semble que c’est quelque chose d’assez commun d’aller chez le psy. Peut-être même à la mode. Je ne sais pas.

Ma psy s’appelle Angélique. C’est un peu bizarre car on ne s’est jamais vu. On ne s’est même jamais parlé de vive voix. J’ai une psy par correspondance, notre relation est virtuo-épistolaire et ça me correspond totalement. J’ai bien tenté les consultations en cabinet mais ça ne fonctionne pas. J’annule une fois sur deux, je suis incapable de me confier en face à face, je vais toujours bien et ça se termine par des discussions d’une banalité affligeante. J’ai essayé en visio, histoire de ne pas avoir à sortir sous la pluie et de me sentir en sécurité à la maison mais ça n’a pas été plus concluant. Écrire est beaucoup plus simple et efficace pour moi. J’ai le temps d’élaborer ma pensée, de choisir les bons mots, d’expliquer en détails mes ressentis. Je ne pars pas dans tous les sens et je peux relire les réponses et les conseils tant que je veux. Je kiffe.

Je sais que beaucoup de personnes pensent que les psys ne servent à rien. Que c’est se regarder le nombril que d’aller consulter. Perso je ne comprends pas qu’on puisse passer une vie entière sans un minimum d’introspection. Recommencer les mêmes conneries sans jamais se remettre en question, je capte pas. Et désolée mais s’introspecter seul-e ou avec ses potes c’est comme pisser dans un violon. C’est un vrai boulot de savoir écouter l’autre. Et surtout de ne pas donner son avis, proposer des solutions ou raconter ses propres anecdotes. Angélique lit, reformule et me demande si c’est bien ce que je voulais dire. Elle m’aide à déblayer le chemin et à avancer. Car rester coincée au même rond-point c’est juste épuisant et ça donne envie de vomir. Il y a un moment où il faut se décider à prendre une sortie.

Cette sortie a le goût de la liberté. Celle d’oser être soi-même. Car oui je dois encore faire preuve de courage pour être en harmonie avec celle que je suis vraiment là tout au fond. Souvent je retombe dans mes travers, dans la pièce de théâtre qu’est la vie. J’enfile mon masque et je retrouve le confort du rôle dont je connais par coeur chaque réplique. C’est tellement plus facile ! Mais tellement frustrant. Qu’est ce qui nous empêche d’être notre propre personnage et pas celui dont on nous affublé ? On doit bien peu s’aimer pour ne pas oser s’exposer sur scène, à la vue du monde entier. Et c’est moche d’agir comme ça.

Angélique m’a confirmé que je manquais d’amour et d’estime pour moi-même. Pas de confiance paradoxalement. Je suis capable de prendre la parole en public, de regarder un inconnu dans les yeux, de défendre ce en quoi je crois, de mener des projets, de fédérer des troupes. J’ai confiance en mes capacités.
Mais je ne sais toujours pas prendre soin de moi, m’écouter, me cajoler. Je ne sais pas m’affirmer. Je ne sais pas dire non. Une petite voix me répète que je n’en vaux pas la peine et que si on me traite mal, si JE me traite mal, c’est que je ne fais pas ce qu’il faut et que quelque part, je le mérite. Et c’est moche de penser ça.

Se traiter bien c’est d’abord s’autoriser à aller mal. Se traiter avec amour c’est s’autoriser à être nulle, à trébucher, à dire et faire des conneries. C’est arrêter de se juger, de se comparer, de s’auto-critiquer. Prendre soin de soi c’est choisir ce qui nous fait du bien. C’est se dire que même si là, tout de suite, on n’est pas au top c’est pas bien grave, qu’on n’y est juste pas encore ou qu’on n’y sera peut-être jamais, mais qu’on aura fait de notre mieux. Ce n’est pas être égoïste, c’est s’accorder de la valeur.

J’ai l’impression d’écrire le même billet depuis des années. La vie n’est pas linéaire. C’est une succession de rond-points. Quand tu réussis à en quitter un, tu t’enfiles dans le suivant et c’est reparti pour quelques tours. J’ose espérer qu’il existe une sortie définitive où on peut s’arrêter et profiter un peu ! J’ose espérer que je ne suis pas loin de cette aire de repos ! Ne dit-on pas que l’espoir fait vivre ?

Trop de « putain » et de « fuck » dans ce billet !

Putain j’ai foiré le calendrier de l’Avent. Je savais que les derniers jours seraient compliqués, entre mon départ pour rejoindre ma famille pendant les fêtes et mes lunes qui allaient débarquer. Ça n’a pas loupé, ça a même été pire que prévu et je voulais écrire un billet pour m’en plaindre. Ça aurait causer d’une histoire de cas contact, de Noël en famille compromis, de location de voiture et de lève-personne à annuler, de billets de train à échanger, d’auxiliaires de vie à réorganiser, de période de merde à supporter et de discours anti-vaccin à écouter sans broncher puisque tu n’es qu’un putain de mouton à la botte du gouvernement et de Big Pharma ! Mais finalement j’ai pu partir alors ma complainte de Noël est tombée à l’eau.

Ouais je voulais écrire un article pour me plaindre. Geindre sur mon sort de pauvre petite handicapée qui loue un « mini-bus PMR » trop petit et mal foutu, dans lequel elle doit monter grâce à des rampes en carton dignes d’une épreuve de Kho Lanta et voyager presque allongée. Râler de devoir impérativement réserver le train 48h à l’avance sous peine de ne pas avoir l’accompagnement en gare et ne pas pouvoir accéder à la rame. Garder le sourire devant les mines exaspérées des voyageurs qui doivent enlever leurs fucking valises de MA fucking place pour que je puisse simplement m’installer. Et leur dire merci putain.

Je suis fatiguée je vous jure de cette charge mentale de dingue liée au manque d’accessibilité de cette société égoïste qui n’imagine pas qu’un jour elle sera au mieux vieille, au pire complètement grabataire. Mes émotions envahissent tout et je n’arrive plus à relativiser. J’en viens à souhaiter aux gens de se casser la jambe pour qu’ils comprennent. Mais même là ils entravent que dalle, ils sont tout contents d’avoir priorité aux fucking caisses des supermarché, comme si ça pouvait compenser quoi que ce soit ou que ce serait une sorte de privilège. Je vais vous donner un scoop : je m’en bas les steaks d’être prioritaire ! Je veux juste me barrer le plus vite possible de ce calvaire où se mêlent pitié et condescendance. J’en peux plus de vos regards appuyés, de vos paroles déplacées et de vos gestes maladroits. Putain mais fermez la et regardez ailleurs si je vous mets mal à l’aise. Je suis overdosée.

J’entends les gens hurler à la privation de liberté parce qu’ils ne peuvent plus aller au cinéma ou au restaurant sans pass sanitaire. Ça me fait bien marrer quand t’as passé les trois quarts de ta vie à te demander si tu vas au moins pouvoir aller pisser là où tu te rends. La liberté de se déplacer et d’accéder aux bâtiments, aux services, à l’éducation, à l’emploi, aux loisirs … est refusée à des millions de gens en France sans que personne ne s’en émeuve et ce depuis des dizaines d’années et malgré des lois et des obligations. Mais c’est pas bien grave ce ne sont que des handicapés, des sous-citoyens, des situations tellement peu enviables qu’il suffit de les ignorer. On s’en fout ! Faudrait pas que ça gâche la fête. Démerdez vous les estropiés et les vieux et surtout, restez chez vous ! Et profitez-en pour vous faire vacciner, c’est vous les fragiles ! Et nous les bien-portants, les « en pleine forme Simone », on pourra continuer nos petites vies pépères. Putain mais ça me soûle !

La solidarité n’existe pas. Ou plus. Ou si peu qu’elle en devient exceptionnelle.

Je voulais écrire un billet pour me plaindre mais je ne le ferai pas. Il y aurait trop à dire et au final ça ne sert à rien. Mais putain que ça fait du bien de déverser un peu de boue ! Et c’est pas bien grave, demain je ne me souviendrai pas avoir écrit tout ça. Je serai en train de réfléchir à mes prochains déplacements et de stresser. Pourtant je ne veux pas me couper du monde. Je ne veux pas terminer ma vie seule et aigrie. Je ne veux pas perdre espoir. S’il fallait que je prenne une seule décision pour 2022 ce serait de rester présente au monde, de me sentir vivante encore. Mais c’est un peu ambitieux je crois, j’ai même pas tenu jusqu’au bout mon fucking calendrier de l’Avent. Putain !

Que la lumière soit !

Cette nuit du 21 décembre sera la plus longue de l’année. C’est une période où beaucoup d’entre nous dépriment, où le manque de soleil nous mine le moral. Pourtant le solstice d’hiver marque le retour de la lumière, laquelle va grignoter jour après jour l’obscurité, jusqu’au solstice d’été. Vu sous cet angle, il y a quelque chose de magique à célébrer cette longue nuit, à s’y plonger entièrement, à s’imprégner de ce qu’elle représente traditionnellement sans que nous n’en ayons conscience. J’aime beaucoup cette vidéo de Ketty Orain-Ferella, qui nous explique les origines de Noël et évoque Yule et le solstice d’hiver.

Je vais profiter de cette journée la plus courte de l’année pour fignoler mon ✨Noël Magique ✨ et à demain, il reste quelques fenêtres du calendrier à ouvrir :)

Des petits riens qui font du bien

Je tiens le bon bout. Il reste 4 jours avant Noël et donc 4 billets à écrire. Le temps file entre nos doigts et malgré tout nos efforts pour le retenir, ses grains nous échappent inexorablement. Le sentiment que j’évoquais hier, cette urgence à être heureuse, à savourer les précieux moments de douceur de cette fin d’année, ne me quitte pas. Mais peut-on décider d’être en joie ? Car vous en conviendrez, le contexte n’est pas propice à l’allégresse et parfois ça demande du courage de faire preuve d’enthousiasme face à la peur. J’ose donc partager une citation qui l’a été mille fois, vous affirmer que « les choses avancent » même si ça ne veut rien dire, vous conseiller un livre que j’entame à peine mais que j’adore déjà, « La mer sans étoiles » d’Erin Morgenstern et vous avouer avoir recommencé GOT pour la cinquième fois. Des petites riens qui demandent peu de courage mais qui font du bien !

Deux en un !

J’ai manqué le billet d’hier. Je n’ai pas eu le temps, pas eu le coeur, pas eu la tête à ça, à trouver un sujet, une citation, une image. Je m’en suis voulu une demi seconde et puis je m’en suis fichu. Je ferai double dose aujourd’hui. Ou pas. Et ce sera bien comme ça.

J’ai fais un tour dans la galerie marchande à côté de chez moi. J’ai repéré les derniers achats à faire pour mes proches, les dernières décorations à ajouter pour que ce Noël soit réussi. Car j’ai vraiment besoin qu’il le soit. Je m’accroche à la magie de Noël comme à une bouée de sauvetage en pleine mer. Je ressens une certaine urgence à être heureuse, à profiter des moments doux, en famille. Comme si un danger nous guettait, celui de tomber dans la morosité, de nous laisser submerger par la vague, et pas seulement celle dont on nous parle en boucle. Mon optimisme s’ébrèche.

Sans doute que cette brume persistante sur les toits de Strasbourg y est pour quelque chose. Elle s’immisce partout. Est-ce possible qu’elle atteigne aussi nos coeurs ? Sûrement. Sans doute que nous sommes poreux, que nous nous laissons pénétrer à notre insu par cette lourde ambiance. Et sans doute ne pouvons-nous pas y échapper.

Mais pour l’heure des surprises se préparent. Dans notre hotte nous avons entassé pêle-mêle des voyages, des sucreries, de la musique, des rires, des chants et assez d’amour pour terminer l’année en toute quiétude.

Les États d’Esprit du Vendredi

Depuis des années je lis sur plusieurs blogs (chez Crevette et Marie par exemple) cet exercice de style hebdomadaire : Les États d’Esprit du Vendredi. Il s’agit de répondre à une liste de questions élaborées par les deux fondateurs de ce rendez-vous, Zenopia et The Postman, et auxquelles j’ai envie de répondre depuis un moment. Puisque j’arrive à rédiger fièrement un billet quotidien depuis 17 jours, je suppose que je vais pouvoir tenir le rythme d’un par semaine à l’avenir. Zou je tente le coup !

Début [16:09]

Fatigue : tout va bien pour la saison !
Humeur : joyeuse puisqu’en famille la semaine prochaine.
Estomac : vide, vivement un bon Poke Bowl ce soir.
Esprit : apaisé, créatif.
Condition physique / Bien-être : sapristi mon dos ne me laissera donc plus jamais de répit ….

Projets : pleins !!! Une association qui renait de ses cendres, des formations bouclées, un projet pro en vue …

Culture :
📖 Livres : L’aventure du cochon de Noël de JK Rowling (qui plaira aux plus petits, j’aurais adoré le lire à mes enfants) et La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard (très sympa pour une romance et des secrets, j’avais toujours envie de savoir la suite) tous deux terminés pour le « Cold Winter Challenge ».
🎥 Films : De son vivant d’Emmanuelle Bercot (j’ai pleuré non stop durant tout le film et ça fait du bien, il est émouvant et Magimel est magistral) et Les Tuches 4 d’Olivier Baroux (très bof, mais c’est toujours sympa de partager un moment léger en famille).
🍿Séries : Home for Christmas, Trois Noëls et Christmas flow toutes les 3 sur Netflix. Mention spéciale pour la première, les deux autres se laissent regarder !

Penser à : ne plus penser. Mince on me dit dans l’oreillette que c’est impossible. Alors penser à penser positif ! Et à terminer les cadeaux !

Les jolis moments : semaine un peu compliquée sans les Vies le soir mais de bons repas le midi au rythme de la playlist de Noël :)

Avis perso : faudrait pas que Noël se passe au balcon je n’ai pas envie d’un Pâques au tison …

Message perso : merci !

Loulous :heureusement que l’école se met en pause deux petites semaines …

Amitiés : à choisir et entretenir avec soin mais je me répète.

Love : euh ça veut dire quoi déjà ?

Sorties : radiologue, médecin, dentiste, véto, … ça fait rêver non ?

Essentiel : l’amour, des autres et de soi bien sûr.

Courses : je devrais pouvoir manger ce weekend.

Envie de : écrire, partager, transmettre …

Musique : pour vous la mettre en tête si ce n’est pas déjà le cas ah ah (et avec les paroles pour votre plus grand plaisir !)

Fin [17:05]

Le Zèbre et la Guerrière

Il y a quelques temps j’ai expliqué ici que je suis une adulte à haut-potentiel intellectuel (HPI). J’ai appris cette info il y a un peu plus d’un an, c’était une nouvelle totalement inattendue et il m’a fallut quelques mois pour me faire à cette idée. Après avoir lu beaucoup d’ouvrages sur le sujet, regardé des dizaines de vidéos, participé à des forums, rencontré d’autres personnes comme moi et fait 3 mois de coaching intensif je peux fièrement affirmer que j’ai avalé la pilule et assimilé cette particularité. À dire vrai je crois que cette nouvelle a débloqué ce qui m’empêchait d’être vraiment en phase avec moi-même et me brimait. Il me reste un long chemin jusqu’à la totale confiance en moi mais je sais aujourd’hui qui je suis et je n’en ai plus honte. C’est déjà pas mal !

Pour symboliser cette étape de ma vie j’ai ressenti le besoin de la mettre en forme visuellement, d’avoir à porter de regard ce nouveau moi, cette femme qui s’est réconciliée avec une partie très importante d’elle-même. Dans la littérature consacrée au HPI, on surnomme souvent les surdoué.e.s les « Zèbres ». Certain.e.s aiment ce qualificatif, d’autres le détestent. Personnellement je l’ai rapidement adopté et je le trouve assez juste, le zèbre étant un équidé très particulier, qui n’a jamais pu être domestiqué et qui possède un pelage rayé unique, sorte d’empreinte digitale. Va donc pour être qualifiée de drôle de zèbre !

Et c’est avec une grande joie que j’ai reçu aujourd’hui l’image que j’avais en tête, merveilleusement mise en matière part Alice LOCOGE. Je dis bien en matière car Alice est une magicienne de la peinture et ses toiles prennent vie à la manière de sculptures avec des jeux de matière uniques. Je ne résiste pas à l’envie de vous faire découvrir cette sublime toile intitulée « Assumer ses rayures » et qui retranscrit si bien ma rencontre avec mon zèbre et la relation que nous entretenons aujourd’hui, emplie de douceur et de bienveillance. Je ne sais toujours pas très bien exprimée mes émotions mais je suis vraiment heureuse d’avoir confié ce projet à Alice et extrêmement émue par le rendu final. Je vous montrerai le tableau joliment encadré, dès qu’il sera installé au mur de ma chambre.

Je vous invite bien-sur à visiter le site d’Alice Locoge ICI et sa page Facebook . La douce guerrière en moi et son fidèle compagnon vous souhaite une très belle fin de journée.

Oh Oh Oh !

Tout fout le camp ! Je viens de regarder la finale de Kho Lanta et d’apprendre que personne ne gagnera cette année. Certains des aventuriers ont triché en se procurant de la nourriture en cachette. Je ne sais pas très bien quoi en penser, je ne sais pas de quoi je serais capable si je crevais la dalle. Et même si c’est le principe de l’émission de galérer avec la nourriture, je ne peux pas m’empêcher de leur trouver des excuses à ces Robinson en carton. Ce pauvre Claude n’aura finalement jamais emporté le jeu puisqu’il a assuré que c’était sa dernière participation.

Pour me remettre de cette déception j’ai décidé de regarder mon film chouchou de Noël : The holiday ! Je pense que ce sera au moins la huitième fois et je ne m’en lasse pas. C’est chamallow à souhait et ça me fait comme un chocolat qui fond dans la bouche.

Cette année j’ai décidé de bouffer de la mièvrerie jusqu’à en être malade. Je me suis déjà engouffré les séries « Trois Noëls », « Christmas flow » et « Home for Christmas » sur Netflix. Toutes les 3 ont leur charme mais j’ai une nette préférence pour la dernière, les séries norvégiennes et nordiques étant de loin mes préférées depuis quelques temps. J’ai également une playlist de noël que j’écoute à longueur de journée au grand désespoir de mes enfants. Et j’ai dépensé la moitié du PIB de la Suisse en bougies senteur Cookies et Pain d’Epices. Heureusement que je n’en ai pas trouvé une parfumée au vin chaud ! En bref je vibre Noël et ça me fait du bien !

Félix

J’ai découvert Félix Radu dans la vidéo qui suit. Il y déclame un des plus beau texte sur l’amour que j’ai jamais entendu ou lu. Ce p’tit mec débarque un matin sur une radio belge et te balance sa prose ni vu ni connu. Je m’étais fait cueillir comme une jonquille au printemps encore engourdie par la neige, sans que je ne sois vraiment prête. J’avais été émue aux larmes et j’ai les yeux qui se mouillent à chaque fois que je l’écoute. Au delà du texte, ce qui me touche vraiment, c’est lui. Il est ému par son propre écrit. Il a la voix qui chevrote, le ton qui zigzague. Il est bouleversant.

Depuis notre rencontre youtubienne je le suis sur les réseaux. Il fait son petit bonhomme de chemin et j’espère qu’il pourra un jour toucher un grand nombre de personnes. Parce que le monde manque cruellement de tendresse et de sensibilité.

Si je vous parle de lui c’est que ce matin je suis tombée sur cette citation. Je voulais m’en inspirer pour écrire un billet à propos de mes enfants mais rien n’a pu sortir. Sûrement que ce n’est pas le bon moment ou que j’allais dire des conneries. Ce sera pour plus tard …

Je vais donc vous laisser avec ce magnifique texte que j’ai retranscris, en espérant ne pas avoir fait d’erreur.

Et s’aimer. 

Ne plus être seul. 

Ou alors à deux. 

Lutter contre l’univers tout entier, contre ses silences et ses séparations. 

Le tromper parfois. Souvent. 

Se séparer mais pour de faux. 

Lâcher les mains. 

Ne pas se quitter des yeux. 

Tendre les regards. 

Ou les regards tendres. 

Ou les deux. 

Et brûler ce qu’il reste de courage. 

Détester les aurevoirs, adorer les retrouvailles. 

Voler trop de baisers comme pour les garder, comme si c’était possible. 

Et vouloir les emporter avec soi. 

Échouer toujours évidemment mais recommencer encore. 

Désirer en silence. 

Rester muet. 

Savoir se taire pour dire. 

Laisser parler les âmes et les yeux, en être le témoin naïf. 

Ne pas savoir comment. 

Faire ! 

Être maladroit mais l’oublier. 

Arrêter le temps. 

Ne pas vérifier. 

En être persuadé. 

Être insolent. 

Prétendre à l’infini, à être entendu, à être compris. 

Décider d’abandonner le monde et s’abandonner soi. 

Se protéger des armures, se laisser mordre. 

Même aimer rendre les coups. 

Avoir peur. 

Se laisser avoir peur. 

Et trembler. Pour une mèche de cheveux. Et en connaître l’odeur. 

Et la chercher partout. Et la trouver partout. 

Dans les fleurs, dans le vent, dans le ciel, dans les draps. 

Et se perdre en chemin. 

Ne plus connaître la route, ne pas désirer savoir. 

Se manquer. 

Jouer le jeu de l’amour, laisser gagner l’autre. 

Être tous les deux perdants. 

Triompher alors. Triompher.

C’est ça. Et c’est bien !  

Radio Nostalgie

Je suis une grande nostalgique. Du coup ce n’est pas toujours gai dans ma tête, j’ai souvent des relents d’instants passés et mon hyperesthésie (je vous laisse chercher la définition j'ai une totale flemme aujourd'hui) leur donne particulièrement corps. Je n’ai pas seulement l’image mais toute une ambiance sonore, olfactive et je ne sais quoi d’autre qui me vient à l’esprit.

Aujourd’hui des souvenirs se sont bousculés toute la journée car j’ai vendu une commode à laquelle j’étais trèèèèès attachée. Je l’ai vraiment laissée partir à contre-coeur mais ça fait partie de l’opération « TRP », comprenez Table Rase du Passé, que j’ai entamée il y a quelques temps. Cette commode (et une petite table qui résiste encore) a vu la couleur de tous mes intérieurs, depuis mes 20 ans et mon premier appartement jusqu’à mon chez-moi alsacien. Elle a été témoin de toutes mes péripéties et ses 14 tiroirs ont contenu pleins de petits bouts de ma vie. J’aime ce meuble et je suis triste de l’avoir vu partir même s’il rejoint la chambre d’un petit garçon de 4 ans. J’espère qu’il pourra y cacher ses trésors et qu’il ne la maltraitera pas trop. J’ai bien conscience que cette histoire peut faire sourire mais comme pour ma voiture en juillet dernier, j’ai versé ma larme et je vais sûrement mettre quelques jours à ne plus y penser. Adieu jolie commode, je te souhaite une belle nouvelle vie !

Que ta parole soit impeccable !

Je me suis fait une promesse lorsque j’ai commencé à tenir ce blog, celle de ne jamais y régler mes comptes. J’ai réussi à m’y tenir jusqu’à maintenant même s’il m’est arrivé de glisser ici ou là des messages subliminaux à certain(e)s ancien(ne)s fans. Il faut dire que c’est tentant de raconter une histoire l’air de rien, de prendre à partie les lecteurs en sachant que la personne concernée lira le billet (oui je le sais que tu lis, et toi aussi, et toi là bas planqué dans le fond également) et qu’elle n’aura aucun moyen de se défendre. La seule version de l’histoire serait la mienne. Personne ne pourrait me contredire parce que je supprimerais les éventuels commentaires négatifs et ignorerais les messages contradictoires. Ce serait un peu despotique. Jouissif mais despotique. Mais je ne peux pas, j’ai juré, j’ai craché, j’ai dit croix de bois, croix de fer et je ne veux pas aller en enfer. Je vais donc continuer sur ma lancée et m’abstenir. En revanche je peux faire le bilan de ce que j’ai appris de ces mésaventures, histoire d’en tirer le positif que j’aime voir partout !

Leçon #1 : assumer sa part de responsabilité !
On est bien d’accord que lors d’un conflit il est toujours plus simple de rejeter la faute sur l’autre. C’est tellement bon de se poser en victime et d’attirer à soi un peu de compassion. Je n’ai pas dérogé à la règle et souvent j’ai fait porter aux autres le poids de mes malheurs, persuadée d’être le petit jouet d’un plan machiavélique ou la grosse dinde d’une farce trop épicée. Parfois je pense même avoir tellement excellé dans l’art de l’apitoiement, que la compassion dont mon entourage a pu faire preuve s’est lentement muée en pitié. Pathétique la fille. Avec un peu de recul j’ai compris que les relations ne fonctionnent pas comme ça, qu’il n’y a pas d’un coté la gentille Amélie et de l’autre les vilain(e)s méchant(e)s. C’est dur à admettre mais à mon âge il était grand temps !

Leçon #2 : on ne peut pas plaire à tout le monde.
Oui je sais tout le monde est au courant. J’ai longtemps été terrifiée à l’idée qu’on puisse ne pas m’aimer. Sans doute mon orgueil mal placé. Peut être une blessure d’enfance. Quoi qu’il en soit cette crainte m’a poussé à accepter des situations, des remarques ou des comportements qui ne me convenaient pas. Je ne sais pas dire non. J’ai énormément de mal à m’affirmer. C’est assez récemment que j’ai décidé de ne plus m’en faire à ce propos, d’accepter que des personnes ne m’apprécient pas. D’ailleurs je me dis que c’est plus sain, plaire à tout le monde c’est s’oublier, se trahir, s’adapter à l’autre pour convenir à ses attentes. Et si c’est encore difficile, si c’est un travail de chaque instant, je me fais violence et m’oblige à dire non. Je donne les vraies raisons d’un refus même si elles peuvent blesser et je fuis aussi parfois devant l’insistance de certain(e)s.

Leçon #3 : choisir avec soin les personnes qui nous entourent.
Je suis une intuitive qui s’est trop longtemps ignorée. J’aimerais tellement que tout le monde soit beau, gentil et heureux que je refuse souvent de voir la vraie nature de celles et ceux qui m’entourent et je cautionne des comportements qui ne correspondent pas à mes valeurs. Mon cerveau et mon corps ont beau m’envoyer tous les signaux qu’ils peuvent, mon coeur persiste à trouver des circonstances atténuantes à des personnes qui ne correspondent absolument pas à l’idée que je me fais de quelqu’un « de bien ». Attention je ne recherche pas des gens parfaits, je suis sûrement la pire des emmerdeuses et des girouettes, je ne vais pas exiger des autres ce que je ne suis pas. Mais j’ai des critères, comme tout le monde je pense, qui sont indispensables à une bonne entente. Et je n’y dérogerai plus jamais, peu importe si on me trouve exigeante et intransigeante. C’est d’ailleurs pour cette raison que je vais finir ma vie seule, avec mes chiens, devant Netflix et en train de siffler un cubis de Cabernet d’Anjou.

La liste de mes bonnes résolutions pour 2022 est établie ! Reste à prendre le risque d’être fidèle à moi-même et c’est un sacré challenge !

À un cheveux près …

En début d’année j’ai rasé mes cheveux. Ils étaient abîmés. C’est la version officielle donnée par les autorités. Mais un jour on découvrira dans les archives que je ne pouvais plus souffrir l’image que me renvoyait mon miroir. Ce carré mal foutu, ces racines grises que je me sentais obligée de teindre, ces remarques sur mon manque d’entretien, de soin ou le brushing qu’il faudrait absolument faire. Cette idée me trottait dans la tête depuis longtemps et j’ai osé passer le cap un mercredi avec mes enfants. Ça a été un moment familial très drôle et je pense qu’ils se souviendront toute leur vie du jour où ils ont rasé la tête de maman. Et moi, ça m’a mise en joie :)

Depuis toute petite je livre une guerre froide à mes cheveux. J’ai une tignasse qui n’a rien à envier à celle de Raiponce et j’oscille entre amour et haine à son encontre. Les séances de démêlage intensif me laissent des souvenirs douloureux. Les pleurs, les cris, la boule au ventre et l’envie de m’enfuir ou de frapper ma mère hantent encore ma mémoire. J’ai eu des périodes où j’ai porté mes cheveux très longs et d’autres où je les ai eu vraiment courts. Entre ces deux extrêmes j’ai testé tout ce qu’il est possible, de la permanente à la décoloration, du carré noir stricte au dégradé blond sauvage.

Quand j’étais gamine mon père adorait mes cheveux longs. Du moins c’est ce que ma mère me disait car je ne me souviens pas qu’il en ai jamais parlé (je crois bien que c’est elle qui les kiffait mais ne lui dites pas que je le sais). Lorsque j’ai émis le souhait de les couper, elle m’a rappelé combien il serait triste et déçu, supposant que la perspective de faire de la peine à mon père et qu’il puisse m’aimer moins, me ferait changer d’avis. C’est l’effet inverse qui s’est produit. Couper mes cheveux est devenu une idée fixe. J’étais décidée à mettre à l’épreuve l’amour de mon père, refusant qu’il soit subordonné à la longueur de mes cheveux. 

À la veille de mon entrée en 6eme ma marraine a persuadé mes parents du bien-fondé de ma demande et m’a emmenée chez la coiffeuse. Cette dernière a eu bien du mal à s’exécuter et m’a offert, les larmes aux yeux, la natte qu’elle avait soigneusement tressée avant de la trancher d’un coup de ciseau. C’était presque religieux et je me suis sentie obligée de conserver longtemps le cadavre de mes cheveux attachés par un petit élastique orange. Je ne me souviens pas vraiment de la réaction de mon père, je crois qu’une fois la surprise passée il a continué de m’aimer. Tant mieux car j’aurais pu mourir d’apprendre que son amour ne tenait qu’à un cheveux.

Depuis cette première entaille au règlement implicite de la féminité, j’ai toujours eu un problème avec cette injonction qui nous oblige à avoir les cheveux longs, sous peine d’être moins « femme « . Je m’y suis obligée à certaines périodes mais je ne peux plus désormais m’y plier. Je constate que je me défait petit à petit des artifices sensés rendre plus féminine. Je me maquille encore moins qu’avant, donc presque plus. Mes bijoux sont énergétiques et non pas ornementaux. Je porte les mêmes vêtements depuis plusieurs années. Je ne fais d’ailleurs pratiquement pas de shopping. 

En rasant mes cheveux c’est comme si j’avais vu apparaître pour la première fois mon vrai visage. Dépouillée de cette masse, j’ai eu l’impression d’apercevoir mon moi profond. Et il est bien plus féminin que je ne l’imaginais. Je n’ai plus besoin de cheveux longs, lissés et teintés pour en être persuadée. Je me sens femme face à un homme mais également face à une autre femme. Je connais mon cycle par cœur, je sais exactement où j’en suis et pourquoi je ressens telle émotion. Je me rapproche de ma nature profonde et me réconcilie doucement (mais sûrement) avec cette part de moi-même.

Je crois que mon but a toujours été de plaire sans artifice, d’être aimée pour qui je suis et non pas pour l’image que je renvoie. Sans doute que me retrouver en fauteuil roulant a exacerber ce sentiment, une grande part de ma féminité s’étant évaporée aux yeux des autres, mais il me semble que déjà adolescente je ragerais de devoir passer autant de temps à me « préparer » au monde.  

Presque un an plus tard je ne rase plus ma tête. Je garde tout de même les cheveux courts, fière d’arborer un gris argenté que j’aime beaucoup. Rien ne dit que je ne les raserai pas ou ne les laisserai pas pousser à nouveau mais alors ce sera pour mon unique plaisir. Et pour entretenir la liste de mes nombreuse contradictions :)

Prendre le risque de l’hiver …

Comme j’aime ce Petit Prince et sa philosophie. « C’est à mon risque de peine, que je connais ma joie. ». Wahou ! Il y a quelque chose à la fois d’évident pour la plupart d’entre nous et pourtant de totalement interdit pour les personnes dîtes « vulnérables ». Personnes handicapées, personnes âgées, il est des situations où le risque n’est pas (ou plus) à prendre. La vie n’est déjà pas tendre avec vous, il ne manquerait plus qu’un chagrin d’amour là dessus et ce serait le pompon ! Et pourtant !

À plusieurs reprises j’ai eu l’occasion d’aborder la question de l’intimité des personnes en situation de handicap physique avec ce qu’on appelle des troubles associés (difficultés d’élocution, très mauvaise vue et/ou parfois de légers soucis intellectuels). Lorsque nous abordions des sujets tels que les relations amoureuses et/ou sexuelles, souvent nous était opposée (par les familles ou les professionnels de l’accompagnement médico-social) la fragilité des personnes concernées. « Vous n’y pensez pas ! Dans son état elle risque de se faire abuser ! ». « Le pauvre, elle va profiter de lui c’est certain! ». Et plus que tout on nous expliquait que ce serait difficile s’ils se faisaient quitter. Mais qu’est ce qu’une existence sans risque et de surcroît amoureux ? Je revendique le droit au râteau et à la dépression post-largage !

Bien-sûr je n’oublie pas que les femmes en situation de handicap sont plus sujettes aux violences et qu’une attention toute particulière doit leur être portée. Mais il existe sans doute un discours plus juste, qui permette à chacun.e de vivre pleinement, d’exploiter entièrement son potentiel, sans craintes exagérées par les projections sur nos fragilités. En écrivant ces lignes je me rends compte du chemin qu’il reste à parcourir et je me dis que bordel, j’ai pas fini de rouler … ;)

Les nuits, rebelles !

J’ai rêvé de toi. Encore. Tu es absent de mes jours mais mes nuits, rebelles, te ramènent sans cesse à moi. Cet autre être dont parle Jung m’a l’air d’être un sacré farceur. Ce matin je me suis réveillée avec le souvenir flou de tes mains sur mon visage et du son de ta voix dans des paroles évaporées.

Dis moi est-ce que je te rejoins dans tes rêves ? Ou ces autres êtres dont parle Jung se retrouvent-ils à nos dépends ? J’aime à croire qu’ils sont plus forts que nous, plus forts que tout et que malgré nous, malgré tout, ils continuent à être ensemble, les nuits, rebelles !

Best Friend Forever !

Je ne suis pas douée en amitié. Je ne sais pas faire. J’essaie pourtant. En vain.
Je prends souvent de bonnes résolutions qui s’évaporent malheureusement en peu de temps. Je réponds aux SMS au bout de 3 jours, j’ai peur du téléphone, je ne prends jamais de nouvelles de personne et je ne vois pas l’intérêt d’échanger quotidiennement à propos de la météo, de nos derniers repas ou de nos tenues vestimentaires du jour. D’autant que je me fiche du temps qu’il fait, que je mange la même chose depuis 20 ans et que je compose mon « look » avec deux pantalons, trois pulls et quatre t-shirts. L’affaire est vite réglée.
J’entretiens mal mes relations et comme mes plantes, j’en ai laissé crever quelques unes. Heureusement pour moi certaines résistent à ma négligence et réussissent à réduire la distance que j’impose.

Longtemps j’ai pensé que je n’étais pas normale. Pourquoi d’autres avaient une vie sociale riche et intense là où je n’étais pas capable de boire un café avec un autre être humain au moins une fois par semaine. J’écoutais les histoire d’apéros, de repas, de sorties, de vacances, de voyages entre amis avec admiration et une pointe d’envie. Je m’étais persuadée que la vie était là, lors de ces rencontres à plusieurs, de ces conversations bruyantes, de ces rires déployés, de ces tapes dans le dos et de ces verres partagés. J’en ai conclu que mon goût pour la solitude et ma peine à être en relation avec d’autres étaient un problème. Je m’en suis voulue. Et j’ai culpabilisée bien sûr. J’ai l’impression d’ailleurs de n’avoir fait que ça durant des années, culpabiliser de tout ce que je ne faisais pas, avoir honte de tout ce que je n’étais pas.

Il faut dire que tout nous encourage à penser ainsi. Les réseaux sociaux d’abord, où nous partageons ces moments à coups de photos, d’identifications, de j’aime et de j’adore. Qui irait poster une publication sur sa journée seule à regarder un film et boire une camomille ? Le regard des autres ensuite auquel il est difficile de soumettre un « personne » à la question « t’as vu qui ces derniers temps ? ». Revendiquer son inclinaison à la solitude et son tempérament casanier n’est pas si facile que ça, en tout cas pour moi. Et bien que je me sois rendue compte que je ne supporte pas le bruit, que les conversations à plusieurs me fatiguent, que j’ai du mal avec les rires trop déployés et les tapes dans le dos de personnes inconnues ou presque, je n’arrivais pas à assumer cet aspect de ma personnalité.

Mais la vie, qui ne se trouvait en réalité pas seulement là où je le croyais, m’a montré qu’elle était partout ailleurs. Elle m’a fait voir que ces instants entre amis, s’ils peuvent être intenses et profonds, sont très souvent futiles et superficiels, qu’ils répondent plus à des conventions sociales qu’à un réel besoin et que ne pas s’y plier n’est finalement pas très grave. Et surtout elle m’a appris qu’on peut vivre ces rencontres régulièrement à une période et plus du tout à une autre, sans pour autant perdre les personnes qui y étaient présentes.

À part ma famille très proche, je ne vois mes ami.e.s que rarement et ça ne me dérange plus depuis que j’ai accepté et surtout que j’assume mon fonctionnement. Bizarrement c’est lorsque j’ai cessé de culpabiliser que certaines amitiés se sont resserrées, jusqu’à desje t’aime prononcés. C’est assez rare pour être noté. Et réitéré !

Cold Winter Challenge 2021

Je ne lis pas assez. J’aimerais pourtant. Mais je me laisse happer par d’autres occupations, réseaux sociaux en tête, Facebook en particulier. Et tout en scrollant de publications en publications, tout en étant hypnotisée, bouche ouverte, par des vidéos idiotes de gamins, de vieux ou de chats, je me répète inlassablement que je ferais mieux de prendre un bon bouquin. Mais je dois être complètement addict car je ne lâche pas mon téléphone pour autant.

Pour tenter de remédier à mon manque de motivation, j’ai décidé de rejoindre le Cold Winter Challenge 2021 (CWC) découvert chez Isa du blog « Aujourd’hui je m’aime » et de compléter au moins 3 menus avant fin février. Si comme moi il y a 3 jours, vous ne savez pas ce qu’est le CWC , je vous invite à regarder la vidéo de l’organisatrice et peut-être rejoindrez vous l’aventure :)

Sans pression, parce que si je lis au moins un livre ce sera déjà ça de prit, je vous partage mon premier menu :

Je me suis largement inspirée des choix des autres participant.e.s que j’ai rejoint sur le groupe Facebook dédié (oui je ne suis pas à une contradiction près). Je me donne jusqu’aux vacances de Noël pour terminer ce premier menu et entamer les suivants. Et si je n’y arrive pas je ferai comme si ce billet n’avait jamais existé et vous aussi, ne compliquez pas les choses ;)

Plus loin, plus haut, plus fort !

« C’est pas gagné mais j’y travaille ! ». Je pense avoir prononcé cette phrase un bon millier de fois. Au sujet de mon rôle de mère, d’amie, de fille, d’étudiante, de femme et de tous ces costumes qu’on enfile jour après jour. J’ai crié ce matin lorsque j’ai vu qu’à 8:41 ma petite lionne n’avait pas terminé son petit-déjeuner alors que son bus passe à 8:52. J’ai oublié de prendre des nouvelles de mon amie qui a de gros problèmes de santé. Je n’ai pas appelé mes parents depuis 10 jours alors que je m’étais juré de le faire chaque semaine. J’ai 3 formations en cours que je peine à boucler. Je suis en mode fantôme depuis plusieurs semaines, ignorant volontairement mes relations « amoureuses ». Et pourtant je travaille à ressembler davantage à qui je suis vraiment. Comme Sisyphe, je remonte sans cesse ma pierre, atteignant des hauteurs de plus en plus élevées. Il y a bien un moment où je vais trouver un endroit qui me conviendra, surement pas le sommet mais peut-être un plateau pas très loin, où je pourrai me poser et me satisfaire du chemin parcouru. Une place où je saurai expliquer plutôt que crier, où je prendrai des nouvelles et passerai un coup de fil sans avoir l’impression de déranger ou d’être trop en retard, où j’assumerai de réussir et d’avoir besoin de solitude, entre autre.

« C’est pas gagné mais j’y travaille! « . Et déjà je vois le chemin parcouru. Peut-être ne me reste-t-il pas tant que ça à gravir …

Et c’est déjà pas mal …

Pierre RABHI est décédé hier. Pout autant je vais parler au présent. Je ne peux pas dire que je le connais très bien mais comme beaucoup j’aime ce qu’il dégage et le message qu’il transmet à travers le concept de « sobriété heureuse ». Pour lui, la société gâche les gens et l’ÊTRE devrait passer avant le « faire » :

« Il nous faudra répondre à notre véritable vocation, qui n’est pas de produire et de consommer jusqu’à la fin de nos vies, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes. »

J’aime le conte du colibri dont il s’est inspiré pour nommer son mouvement. J’aime l’idée que chacun.e fasse sa part, à sa mesure, et que ce soit déjà pas mal.

J’essaie de moins consommer. J’essaie de moins gaspiller. J’essaie de moins (me) (nous) gâcher. J’essaie de faire ressembler ma vie à qui je suis. Et j’ai un peu de mal.

Je sais qu’une petite maison à l’orée d’une forêt m’attend quelque part, sa façade décrépie et son toit noir, son jardin de sorcière et sa source cachée. Bientôt, pas si loin mais pas tout près, j’irai y passer mes jours gris, y rencontrer l’âme de mon chat et les silences de la très vieille voisine. Je pourrai y être joyeusement sobre. Bientôt. Mais pour l’heure, je me gave des ronflements de mon chien avant qu’il ne me quitte, de mes jeunes voisins bruyants et de l’énergie de la ville. Et ce n’est pas si mal.

J’espère que Pierre RABHI est parti en ayant le sentiment d’avoir fait sa part. J’espère qu’il en sera de même pour vous et pour moi aussi. Une petite part de colibri. Ce serait pas si mal !

Simple. Basique.

Un petit journal de gratitude pour illustrer cette citation est de mise je crois. Je n’ai de toute façon pas plus d’inspiration que ça. Voici donc mes raisons de dire Merci aujourd’hui :

* La victoire de Vie N°2 avec son équipe de basket. Oui je suis fan de mes enfants et alors ?

* Avoir écouté et aimé le nouvel album d’Orelsan et sa réaction hier soir dans l’émission « Quotidien » lorsque Yann Barthès lui annonce que E.Macron est fan de son dernier titre :

* Le très bon moment passé devant le dernier Jane Campion « The power of the dog » à voir sur Netflix. Un film dérangeant qui interroge sur la masculinité, des images absolument sublimes, une musique qui fonctionne à merveille (forcément vu qu’il y a du Radiohead pas loin …). J’ai adoré.

* La soirée toute en douceur qui se prépare et pour laquelle je vais m’arrêter là.

À demain pour la suite du calendrier :)

Une journée pour tout dire (ou presque) !

Le 3 décembre de chaque année a lieu la Journée Internationale des Personnes Handicapées. Sur le site des Nations Unies on peut lire que depuis 1992 « Elle (cette journée) vise à promouvoir les droits et le bien-être des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société et du développement et à accroître la sensibilisation à leur situation particulière dans tous les aspects de la vie politique, sociale, économique et culturelle« . C’est chouette comme engagement, sauf qu’en France on est bien loin du compte. Et si je n’ai pas l’intention de dresser un bilan de tout ce qui ne fonctionne pas chez nous, je crois qu’il est bon de rappeler quelques faits absolument inacceptables.

D’abord je trouve important de rappeler qu’entre les deux tours de la dernière élection présidentielle E.Macron avait consacré sa carte blanche au thème du handicap. Il avait même annoncé que ce dernier serait une des priorités de son quinquennat. Je ne veux pas mettre la charrue avant les boeufs mais à moins de 6 mois du premier tour de la prochaine présidentielle je n’ai pas du tout l’impression d’avoir été une priorité pour ce gouvernement.

Pourtant début 2020 Emmanuel Macron s’était (ré)engagé entre autre à ce que plus aucun enfant ne soit laissé de côté pour la rentrée suivante. Dommage pour eux et leurs familles ça n’a pas été le cas. Et en 2021 non plus. Entre les AESH (Accompagnant.e.s d’Éleves en Situation de Handicap) sous-payé.e.s qui font grève (à lire ici) et les parents qui portent les manquements de l’Éducation Nationale devant les tribunaux (à lire là), on se rend bien compte que la promesse n’est pas tenue.

Et que dire de l’AAH (Allocation Adulte Handicapée) revalorisée de 100€ mais toujours sous le seuil de pauvreté (903,60€) et pour laquelle un véritable combat s’est engagé avec pour revendication première sa déconjugalisation. Voilà un mot bien compliqué pour expliquer que les personnes percevant cette allocation ne veulent plus qu’elle soit indexée sur les revenus du conjoint. Car comment garder son autonomie lorsque vous dépendez financièrement de votre amoureux.se (l’AAH diminue dès que votre conjoint.e touche 1020€ et se trouve totalement supprimée à 2270€).

J’aimerais aussi parler des violences que subissent particulièrement les femmes en situation de handicap en partageant cette étude (à découvrir ici) réalisée en Nouvelle Aquitaine et dont les chiffres sont effrayants. Ce sujet mériterait un billet rien qu’à lui !

Et enfin, parce qu’ici sur nos blogs nous savons combien les mots que l’on utilise sont importants, je vous partage ce moment absolument lunaire où une élue LR de la ville de Lyon utilise les termes de « Pieds-bot » et de « Cul de jatte » pour parler de personnes handicapées. Audrey Henocque, première adjointe, elle-même en situation de handicap et avec laquelle j’ai partagé une partie de ma rééducation à la fin des années 90, lui répond très justement sur ce que ses paroles révèlent comme forme d’oppression : le validisme.

Pour être honnête je n’aime pas ce terme de validisme. Je le trouve clivant même s’il a le mérite d’être claire. La société est faite par les valides, pour les valides, et les personnes différentes ne s’y retrouvent pas. Pour bien saisir cette notion je vous partage cette interview de mon amie Laetitia Rebord (son site ici) ainsi qu’un article en écho aux propos de Mme Blanc par Elena Chamorro sur Mediapart à lire ici.

Voilà pour cette journée bien remplie pour ma part. Je m’en vais entamé un weekend bien au chaud à me nourrir des différences qui m’entourent <3

Nous sommes du même chaos !

Vous avez raison Christian, la vie est un sacré chaos. Nous passons beaucoup de temps à tenter d’en sortir, à vouloir y mettre de l’ordre, à l’ignorer sans en comprendre finalement le charme et l’intérêt. Car à quoi bon vivre si rien ne vient jamais nous bousculer ?
Cette idée de chaos m’est si familière. À plusieurs reprises le sol s’est dérobé sous moi, me plongeant dans un abime qui semblait sans fond. Égarée dans le noir, la lumière d’autres existences m’a sans doute guidée vers mon propre soleil. Et comme je l’aime aujourd’hui ce joli chaos. Il est à l’origine de mes engagements et de mes combats. Il est plus précieux que n’importe laquelle de mes réussites. Et cette intelligence, cette force, cette capacité à trouver la lumière partout où règne l’obscurité, quelle fierté d’en avoir fait une arme contre l’adversité et de pouvoir aujourd’hui la partager !

Lorsque la vie s’égraine …

Je suis impatiente de fêter Noël.

J’avais du mal à décorer mon sapin ces dernières années et voila que j’ai installé un mignon petit Nordmann ce weekend alors que novembre n’est même pas terminé. Croisons les doigts pour qu’il lui reste quelques épines au réveillon. J’aurais vraiment aimé en trouver un en pot et l’offrir ensuite à un habitant du quartier qui en aurait pris soin pour le reste de sa vie sapinesque. Mais j’ai dû agir dans l’urgence, profiter de la présence de mon père pour décorer la maison, seul être humain sur cette terre à avoir la patience nécessaire pour répondre à mes exigences.

À ma décharge j’ai supporté de nombreuses années des sapins moches, décorés par mes enfants. Ne faites pas les offusqué.e.s, on sait très bien vous et moi que la plupart des parents réajustent la position des guirlandes et cachent les décos fabriquées en maternelle à l’arrière du sapin. Sauf que moi je peux pas. Une fois posée je suis obligée de faire avec une composition affreuse et ce jusqu’à la fin des fêtes. J’ai bien tenté quelques objections mais les enfants, comme leur père en son temps, n’étaient pas motivés à changer quoi que ce soit, invoquant l’esprit de famille et autres bêtises bien pratiques et impossible à contourner sans passer pour une mauvaise mère !

Mais ça c’était avant. Dimanche j’ai proposé à tout le monde de participer en espérant que ce « tout le monde » refuse. Allélujah ils se sont tous barrés en prétextant que mon autoritarisme était insupportable, que si c’était pour tout défaire après c’était pas la peine tout en plaignant Papi pour ce qu’il allait subir, le pauvre. J’ai fait semblant d’être choquée deux minutes avant de sortir mes boites et mes caisses de décoration, surexcitée de redécouvrir les jolis trésors rangés l’an passé. Bref j’ai décoré mon, sapin.

Tout ça pour vous dire que cette année j’ai envie de compter les jours avant noël en les égrainant (j’adore ce verbe) ici avec une publication quotidienne. Et je commence avec celle-ci à l’occasion de la Journée Internationale de lutte contre le Sida. Parce que l’association AIDES nous rappelle que « 1 français-e sur 4 serait gêné-e de travailler avec une personne séropositive. Ce chiffre alarmant démontre une sérophobie latente dans le monde du travail, mais pas que. Les préjugés sur le VIH persistent et impactent directement la vie professionnelle, personnelle et le suivi médical des personnes séropositives. »

Isolé.e dans un corps presqu’île …

Ailleurs et plus tard j’écrirai une histoire de genre.

Ici et aujourd’hui je souhaite simplement apporter mon soutien à ce jour qui me tient particulièrement à coeur. Depuis 1999 aux États-Unis et 2003 en France, le 20 novembre est la journée du souvenir trans, adaptation française du  Transgender Day of Remembrance (TDoR), instauré en mémoire de Rita Hester, femme trans assassinée à son domicile par transphobie.

En France et ailleurs dans le monde, des commémorations où sont lus les noms des victimes de l’année écoulée sont organisées. La transphobie tue. Par des agressions ou des meurtres. Mais plus indirectement par la cohorte d’autres violences qu’elles engendre : racisme, sexisme, difficultés d’accès au soin, harcèlement, humiliations, rejet … qui poussent les personnes transgenres à l’isolement et dans de trop nombreux cas au suicide.

Ailleurs et plus tard j’écrirai une histoire de genre. Parce que raconter c’est exister, c’est pour de vrai.

Ici et maintenant je vous partage celle de Skip Pardee. En espérant qu’elle vous touchera autant qu’elle a pu me bouleverser.

Entre les doigts d’un saule où il fait doux pleurer …

Le premier jour du reste de ta vie.

J’aimerais partir quelque part. Pas très loin. Au bord de l’eau. Pas forcément la mer. Ni l’océan. Il y aurait un banc sur la rive. Et un arbre. Un saule. Qui pleure. Comme je les aime. Comme je les aime !


J’aimerais partir là où je pourrais m’assoir sur ce banc, les genoux repliés sous le menton, emmitouflée dans mon gros sweat, à l’abri d’un saule qui pleurerait sur mes épaules. Le long d’une eau vive, peut-être un torrent ou un simple ruisseau.
Je n’aurais besoin de presque rien. Seulement le bruit de l’eau, le souffle du vent dans les longs doigts du saule et la brume mystérieuse d’un matin de novembre. Ce serait le jour des morts, ce jour que je ne célèbre jamais ou que je ne commémore pas. Je ne sais pas vraiment ce qu’il convient de dire. Ce serait le premier jour de ce qui me reste à vivre, ou quelque chose comme ça que chantait Daho. Il y aurait la solitude et sa douce caresse. Il y aurait peut-être quelques larmes et un peu de morve. Et je ne serais pas très jolie assise là sur ce banc car je dois l’admettre j’ai la tristesse moche.

J’y songe : est-ce que ça vaudrait le coup de partir si je ne peux pas m’assoir sur ce banc? Si je ne peux pas recroqueviller mes genoux sous mon menton? Si les racines du saule qui s’emmêlent en un tas de serpents m’empêchent d’approcher des longs doigts qui se balancent? Si le torrent est sorti de son lit et qu’après son passage il n’a laissé que de la boue où je m’enliserais? S’il y a des gens aux alentours pour briser le silence. Et si ce presque rien qui suffirait à libérer le flot qui me submerge n’arrive jamais à m’atteindre? Est ce que ça vaudrait la peine?

Je veux vivre ce moment comme je l’imagine. Je ne veux pas de compromis. Je ne veux pas appeler un quelconque numéro pour m’assurer de l’accessibilité du lieu. Je ne veux pas chercher les toilettes adaptés les plus proches. Je ne veux pas m’approcher de l’eau sous le regard de badauds curieux. Je ne veux pas me sentir observée, pressée, par l’accompagnante qui attend dans la voiture. Je ne veux pas partir quelque part, pleurer sous les doigts d’un saule, si ce doit être préparé, millimétré, dépouillé de toute magie et de spontanéité. C’est peut-être un de mes derniers caprices, refuser d’organiser ce moment, de l’ajouter à mon planning, d’élaborer la liste : trouver un banc au bord de l’eau, un arbre qui pleure, le tout adapté aux PMR. Je veux le garder à moi, en moi, comme un précieux souvenir qui n’a jamais existé.

Que la lumière soit !

J’ai entamé une formation sur la résilience. Je ne sais pas ce qui m’a pris car la résilience et moi on se connaît bien, c’est une grande histoire et j’ai l’impression d’en avoir bouffé à toutes les sauces depuis un moment. Pas besoin d’en savoir plus. J’en suis même arrivée à remettre le concept en question, à le trouver galvaudé, à en avoir ras le bol d’en entendre parler. Pourtant je me suis inscrite et je ne le regrette pas finalement.

Je crois que ce qui m’y a incité, c’est la promesse de travailler sur une résilience du quotidien, une résilience qui pourrait s’apprendre et se travailler, qui ne serait pas seulement cette capacité surnaturelle dont certain-e-s auraient hérité, leur permettant de se relever de n’importe quel drame. J’ai trouvé le principe plutôt intéressant et après avoir parcouru la moitié de la formation je dois avouer que je suis presque réconciliée avec ma vieille copine la résilience.

Depuis l’accident je suis considérée comme une personne résiliente donc forcément très souvent inspirante. J’ai régulièrement droit à « Je ne sais pas comment tu fais ! » auquel je réponds par un « Je fais comme je peux ». Et c’est vrai. Je n’ai rien d’exceptionnel. J’en bave parfois. On peut sûrement saluer ma capacité à le cacher, à toujours répondre que je vais bien même lorsque j’en peux plus. Mais ce n’est pas être résiliente. C’est être pudique peut-être. C’est sûrement avoir de la fierté et être mal à l’aise avec ses fragilités. En vrai, c’est être un peu naze de ne pas oser se montrer vulnérable. Et si je me livre peu, si je joue à la femme forte, si je garde précieusement pour moi mes états de corps et mes états d’âmes, je n’ai par contre aucun souci avec ceux des autres. Je les écoute, je les accueille, j’y suis attentive et je nourris ainsi mon insatiable curiosité de la nature humaine. Mais impossible pour moi de me confier sur ce qui me traverse, je tiens à ne rien montrer de ma vulnérabilité, quitte à crever noyer dans mes propres larmes.

Alors résilience ou déni ? Sûrement un peu des deux. Cette formation me permet de faire la part des choses entre ce qui relève de ma force face à l’adversité et ce qui tient à ma facilité à mettre des œillères et faire comme si tout allait bien. Il n’y a pour autant rien de révolutionnaire dans ces cours, pas de recettes miracles, seulement des stratégies que nous utilisons souvent sans nous en rendre compte et d’autres que nous pouvons nous approprier facilement. Et c’est ce qui me plait beaucoup, ranger la cape de super-héroïne et s’apercevoir qu’on l’est déjà tous-tes un peu, résilients-es.

Il y a très longtemps j’ai partagé ma chambre en CRF(1) avec une jeune femme qui n’avait pas la résilience facile. J’aurais aimé lui expliquer ce que je viens d’apprendre, lui parler de ses nombreuses forces, de ses capacités restées intactes et de la lumière qui brillait toujours si fort en elle. Cela lui aurait peut-être évité de s’éteindre trop tôt.

Fin novembre je serai promue « Facilitatrice de résilience » pour adultes mais aussi et surtout pour enfants et adolescents. Je ne sais pas encore ce que je ferai de cette nouvelle corde à mon arc mais le voyage vaut la peine d’être entreprit et cela peu importe où il m’emmène.

Les illustrations sont de Manka Kasha
(1) CRF : Centre de Rééducation Fonctionnelle

Avec tes miches de rat, qu’on dirait des noisettes !

À l’occasion d’Octobre Rose, le mois de sensibilisation au cancer du sein, j’ai vu passer à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux une publication qui m’a titillée, sûrement par sa similitude avec ce que j’entends souvent et qui m’agace beaucoup.

Sur cette image, que je ne partagerai pas, une jeune femme au crâne chauve, visiblement atteinte ou en rémission d’un cancer, arbore un grand sourire et forme un cœur avec ses mains. Sous la photo on peut lire :
« Toi qui te plains de tes cheveux trop raides ou trop bouclés et de tes seins trop gros ou trop petits, pense à cette femme qui n’a plus ni cheveux, ni seins et qui est heureuse du simple fait d’avoir survécu et d’être en vie ».

En bref on t’explique que si tu n’as pas failli claquer d’un cancer du sein, si on ne t’a pas charcuté la poitrine ou si tu n’as pas perdu au moins la moitié de tes cheveux, tu n’as aucun droit de te plaindre. On te signifie même que tu devrais culpabiliser d’oser aborder le sujet de ta tignasse indomptable ou raplapla et de tes minuscules ou énormes seins. D’ailleurs on ne comprend pas que tu ne sois pas envahie par la honte et on te suspecte de ne pas penser une seule seconde à la souffrance de ces femmes. Comme si la culpabilité et la honte ne nous rongeaient pas assez comme ça, le ON des bien-pensants te rappelle combien tu es une mauvaise fille.

Ce genre de raisonnement m’énerve vraiment. Pire, il me fait mal au cœur car il suppose qu’il existe une hiérarchie au malheur, à la souffrance, au drame. Je trouve que c’est aller un peu vite en besogne.

Très souvent, si quelqu’un se plaint auprès de moi d’un lumbago ou d’une entorse à la cheville, il ou elle va tout à coup se sentir gêné-e et me dire : « Oh mais je ne devrais pas te parler de ça, c’est rien par rapport à toi ! ». C’est à dire ? Par rapport à moi ??? Tu m’as pris pour une échelle sur laquelle mesurer ta souffrance ? Tu penses réellement que ma propre histoire m’empêche d’être sensible envers celles des autres ? Quelle triste façon d’appréhender les relations humaines !

Et si ce n’est pas cette personne, une autre va se charger de me rappeler que « Quand même ce n’est pas très sympa de te parler de ses problèmes aux pieds alors que tu ne peux plus marcher ». Bordel si on devait se confier sur ses peines et ses douleurs en fonction de celles de son interlocuteur, on serait bien emmerdé. Celle-ci, impensable de lui parler de nos enfants car elle ne peut pas en avoir. Celui-là, impossible de lui confier nos problèmes de couple car il est veuf. Avec Amelie, évite à tout prix de te plaindre de tes pieds, de tes jambes, de ton bassin, de ton dos, de tes mains, de ce que tu marches trop ou pas assez, que tu ne cours plus par manque de temps, que tu es trop longtemps assis ou debout au boulot et de tout ce qui pourrait lui rappeler de près ou de loin qu’elle est dans un fucking fauteuil. Les sujets de conversation vont vite être épuisés.

Nous ne sommes pas égaux face à la souffrance. Un proche m’a sérieusement expliqué que sa vie était foutue parce qu’il allait devoir prendre un traitement quotidien. Mon gars ça fait 26 ans que j’avale une dizaine de médicaments par jour et on s’en sort très bien. Mais mon expérience n’est pas la sienne. Une autre s’est mise à pleurer pour une cicatrice sur l’épaule, 2 petites marques rondes là où elle avait un vilain grain de beauté. Je comptabilise une centaine de points de sutures ou d’agrafes, ma nuque, mon ventre et ma gorge sont balafrées sans que ça ne m’ait jamais posé de réel souci. Mais mon rapport au corps n’est pas le sien. Par contre qu’est ce que j’en ai bavé d’avoir des petites miches de rat ! On ne choisit pas ses complexes. Et me plaindre de mes noisettes ne fait pas de moi une mauvaise personne qui serait insensible à ce que traverse une femme atteinte d’un cancer du sein.

Bien entendu la délicatesse est de mise lorsqu’on s’adresse à une personne qui souffre ou a souffert. Se plaindre sans arrêt en oubliant l’histoire de celui ou celle en face de nous n’est pas très opportun. Mais on peut faire preuve d’empathie et de bienveillance sans pour autant devenir dingues à réfléchir aux bons mots. Nous avons toutes et tous prononcé un jour LA phrase inappropriée. J’ai évoqué les kilos que j’aimerais prendre devant une amie obèse. J’ai réellement dit à une copine, dans un moment où j’avais le moral à zéro, que je n’avais plus qu’à aller me pendre, oubliant que son père s’était suicidé de cette façon. Et oui, oui, oui, j’ai osé me plaindre de ma petite poitrine à une femme qui a eu une reconstruction mammaire suite à une double mastectomie. Et vous savez quoi ? Ces 3 femmes sont toujours mes amies et j’ai depuis écouté leurs histoires de pieds fatigués, de jambes lourdes, de bassins décalés, de corps douloureux, de journées épuisantes à rester longtemps debout ou trop assises. Et aucune d’entre nous ne culpabilise ou n’a honte. Les liens qui nous unissent vont bien au-delà des mots malheureux que l’ont pourrait laisser échapper.

À cette femme sur la photo, qui j’en suis certaine n’est pas à l’origine de ce message, et à toutes les autres qui savent faire la part des choses, voilà le mien de message ;)

Coming out !

J’ai été une bonne élève. Une très bonne élève même. Ca n’a pas duré. À mon arrivée au collège je n’ai plus jamais eu envie de travailler à l’école. Je trouvais le temps long, je m’ennuyais. Les cours n’avaient pas de sens pour moi, on me demandait d’ingurgiter tout un tas de connaissances, puis de les régurgiter à un moment précis sans jamais m’expliquer pourquoi. De tête de classe au premier trimestre de 6ème j’ai terminé laborieusement ma 3ème juste au-dessus de la moyenne.

Sur mes bulletins toujours la même rengaine : « Quel dommage tu as tant de possibilités » – « Amélie n’exploite pas son potentiel » – « Travaille seulement quand ça l’intéresse » – « Eleve pertinente à l’oral mais aucun travail à l’écrit ». Moi je trouvais ça pas mal comme appréciations, j’étais potentiellement une bonne élève. Fainéante, pas impliquée, procrastinatrice, mais presque bonne élève. Bizarrement mon avis ne faisait pas l’unanimité et personne ne semblait satisfait de mes résultats. 

Au grand désespoir de mes parents et de mes professeurs, j’ai demandé à être orientée en filière professionnelle au lycée. J’en avais assez de la théorie, je voulais du concret. Mais ce fameux potentiel que je n’exploitais pas, et que je ne comptais absolument pas exploité, m’a valu une inscription malgré moi en seconde générale, parce que sinon vous comprenez ça aurait été du gâchis. Je ne sais pas quel espoir ils avaient tous fondé sur moi mais cette année de lycée fut une catastrophe. Entre les résultats médiocres et les absences répétées, j’ai été invitée à remettre le couvert pour une seconde seconde. Dans un film, c’est à ce moment là que j’aurais dû avoir un déclic, reprendre mes études en main et devenir une élève brillante, le tout à coup de sueur et de larmes, au rythme d’une musique inspirante. Mais on n’est pas au cinéma, ou alors c’est un drame psychologique, et bien évidemment j’ai complètement foiré cette deuxième année, que je n’ai d’ailleurs pas terminée pour cause d’accident de la route, ce qui a au moins eu le mérite de couper court pour quelques temps à mon problème d’orientation scolaire. 

Néanmoins le sujet est rapidement revenu sur le tapis après que j’ai vaillamment repris quelques forces. Il a d’abord été question de cours par correspondance, puis de retourner au lycée (en étant transportée en ambulance, c’était hors de question, j’avais une réputation de bad girl à entretenir et m’imaginer arriver allongée sur un brancard était juste impossible). Finalement j’ai opté pour un centre de rééducation fonctionnelle qui proposait de reprendre ses études au sein même de l’établissement. C’était un mini-lycée où se côtoyaient les patients et quelques jeunes des villages voisins. J’ai donc repris les cours, là encore sans faire d’étincelles, réussissant par je ne sais quel miracle à obtenir mon bac avec mention. Un véritable hold-up ou un énorme coup de chance vu mon investissement plus que nul dans les cours et les révisions. La suite se passe de commentaires, deux années de fac d’histoire de l’art en mode fantôme et une tentative de formation multimédia avortée (à lire ici pour les plus curieux-ses). 

Bilan : j’ai raté mes études. 

En septembre 2020 Vie N*1 a commencé sa dernière année de collège. Son parcours ressemble au mien. Encore cette histoire de potentiel inexploité. J’en suis arrivée à la conclusion que les chiens ne font pas des chats et que comme sa maman, il s’agissait de fainéantise, d’un manque d’implication et d’une fâcheuse tendance à la procrastination. Et puis d’autres facteurs sont à prendre en compte dont je parlerai peut-être bientôt avec son accord. En toute discrétion ma première Vie rentrera au lycée en septembre.

Vie N*2 quant à elle est entrée en 6ème de manière beaucoup moins discrète à la rentrée 2020. Son primaire s’était plutôt bien passé, elle a quelques facilités même si elle est plutôt vive (pour ne pas dire agitée) et je ne me faisais pas vraiment de souci pour le collège. J’aurais peut-être dû. Je pense avoir eu dans son carnet une cinquantaine de mots, dont 30 de son professeur de maths. Mon petit chaton un tantinet caractériel s’est transformé en tigresse incontrôlable, indisciplinée et insolente. Même à la maison elle était toutes griffes dehors à bousiller les meubles et grimper au rideau. Chucky sort de ce corps ! Que s’était-il passé entre août et septembre ? Je n’y comprenais rien. Et n’y rien comprendre n’était pas une option pour moi. 

Je vous passe les détails de mes recherches et investigations, des bilans psy, des discussions interminables, des nuits blanches, des cris, des pleurs, des tentatives de punitions par la douceur et par la force. Rien n’y a fait. Jusqu’au dernier jour de cette longue et pénible année scolaire, j’ai eu des mots et des appels du collège. Vie N*2 devait se contrôler, elle devait rester assise, elle devait être attentive, elle devait être silencieuse, elle devait ingurgiter et régurgiter ce qu’on lui donnait à apprendre sans ciller. À aucun moment on ne m’a demandé ce qu’on pouvait faire pour elle. Elle devait plier, s’adapter, se conformer. Elle était mal élevée et manquait d’un cadre. C’était comme ça et pas autrement. Sauf que faire autrement, tester d’autres options c’est mon passe-temps favoris. Vie N*2 entrera en 5ème dans un collège alternatif dont je vous parlerai sans aucun doute, où les méthodes s’adaptent aux élèves et où personne ne doit plier et rester assis sans bouger pendant 7 heures.

Vous allez me dire que mon histoire est bien sympa mais dans mon dernier billet je vous avais promis du lourd, quel rapport avec le titre Coming Out ? J’y viens … 

Je crois fermement que chaque épreuve traversée nous est nécessaire. Ces expériences inconfortables nous permettent d’avancer sur notre chemin de vie, d’en tirer des leçons, de ne pas répéter les mêmes erreurs encore et encore. Et nos enfants sont nos meilleurs enseignants. Nous avons tant à apprendre d’eux si nous acceptons de jouer le jeu et de faire preuve d’un peu d’humilité.

Vie N*2 a réveillé chez moi des sentiments pas très sympas à vivre comme la colère, la frustration et l’impuissance. Elle m’a mise devant mes contradictions éducatives, face à mon inconstance et à mon manque d’autorité. Elle m’a poussée à (re)prendre ma place, place que je n’ai pas encore vraiment trouvée mais je sens que je n’en suis plus très loin. Elle m’a obligée à me faire confiance, à croire en mes idées et mon intuition. Et sans le vouloir elle m’a aidé aussi à découvrir une partie de moi-même dont j’ignorais tout. 

Lorsque j’ai cherché sur internet « Les Gremlins sont-ils inspirés par de réels pré-ados ? » ou « Existe-t-il un sort vaudou pour faire tenir un enfant assis sur une chaise plus de cinq minutes ? », je suis tombée presque systématiquement sur des sites qui traitaient des troubles de l’attention (TDA – TDAH) et/ou du haut-potentiel intellectuel (HPI). J’en avais vaguement entendu parler et j’ai commencé à m’y intéresser. C’est là que les pièces du puzzle se sont mises en place. Je ne donnerai pas de détails ici à propos de mes enfants car ils n’aimeraient pas que j’en parle.

En réalité ce coming-out est le mien. C’est un coming-out particulier. Plus je lisais d’études, de témoignages, plus je regardais de vidéo, plus j’avançais et plus j’avais l’impression de me reconnaitre (ça fait beaucoup de plus en une seule phrase non ?). La description de ces personnes au fonctionnement cérébral particulier me correspondait à 95%. Et les tests sont venus le confirmer. Point de TDA avec ou sans H mais un HPI bien réel. Je suis un zèbre, une adulte surdouée qui a été une enfant précoce. J’en ai chialé. Puis j’ai été dans le déni. Puis j’ai chialé. Puis j’ai pensé que c’était une erreur et j’ai demandé à la psy de vérifier. Puis j’ai chialé; oui j’ai beaucoup chialé. J’ai ensuite ressenti un immense soulagement, tout comme Rubis, Edith, Solange et Plume, les 4 voix qui squattent ma tête et qui dans un long soupir m’ont lancé en choeur : « Bordel tu n’es finalement pas cinglée ! ». Et puis j’ai été en colère. Quel gâchis !

Apprendre à 42 ans qu’on n’est pas fainéante, idiote ou inadaptée est une sacrée secousse – « Madame vous avez une voiture de course dans le garage et vous vous en servez comme d’une voiture sans permis! »(d’ailleurs on en parle ou pas de ces conducteurs sans permis ? Ah c’est pas le moment ? Non parce que c’est un fléau quand même … Oui bon ok je me tais mais j’y reviendrai !).

Et maintenant ? Qu’est ce que j’allais faire de cette information ? D’abord apprendre, ensuite comprendre. J’ai appris qu’il y a un facteur héréditaire et j’ai ainsi repéré au moins 3 zèbres chez mes ascendants directs. J’ai appris que contrairement aux idées reçues on n’est pas forcément le premier de cordée, qu’on peut être totalement hors des clous, qu’il peut être difficile de nouer des liens et qu’on peut se sentir idiot, pas à sa place (encore) et jamais suffisant. Une des caractéristiques du HPI est son insatiable curiosité et un cerveau qui ne s’arrête jamais. Je sais combien je peux souler à toujours aller vérifier une définition, une date, un événement sur mon smartphone. Combien de fois on m’a dit d’arrêter de jouer à la maitresse d’école en voulant corriger les fautes, d’être une Madame « Je sais tout » alors que moi je désespère d’en savoir tellement peu, d’être incomprise lorsque j’explique que j’aimerais mettre mes pensées sur off, ne plus cogiter à 3 heures du matin et pouvoir regarder un film sans que cela ne me donnes 50 idées différentes, de la décoration de mon salon à reprendre des études de droit. Je ne vais pas vous faire la liste de particularités du haut potentiel, ce n’est pas le sujet, mais vous avez compris l’idée.

Une fois la stupeur et la sidération passées, une fois qu’on a lu, écouté et regardé à peu près tout ce qui se fait sur le sujet, il faut bien avancer. C’est quand même pas un handicap ce truc, je suis déjà servie de ce côté là, merci mais non merci j’ai pris ma part. J’ai eu besoin de me confier mais en parler autour de moi s’est avéré souvent un échec cuisant : « oui ok c’est bien joli mais ça n’excuse pas tout »« t’es certaine de ton truc ? tu sais les psys pour te faire revenir en consultations ils en rajoutent » – « c’est une mode ce truc, une excuse pour rien branler » – « ah mais moi aussi je crois que je suis comme ça, j’ai fais un test sur internet je suis presque comme Einstein » – « oui bah ça n’empêche pas que des fois t’es un peu conne ». Je me sentais déjà à coté de la plaque avant, c’était finalement pire de savoir et de le dire. J’ai arrêté d’en parlé et j’ai agis.

En mars dernier j’ai lu sur un groupe Facebook le commentaire d’une nana qui proposait un accompagnement spécifique. Son message : je vais vous aider à vous aimer et à rayonner. Bingo ! Je suis partie 3 mois en voyage avec Virginie Dexet et tout ce que je peux vous dire c’est que je n’ai pas regretté une seconde d’avoir embarquée à ses côtés. Ça a secoué, ça a parfois carrément tangué mais bordel ça m’a fait prendre conscience de tellement choses ! Je pensais être nulle, faible, même carrément cinglée à toujours ressasser les mêmes rengaines sans réussir à m’en dépêtrer. Je ne m’accordais que peu de valeur comparée à celle dont je créditais les autres. Je vivais à ce moment là en esclave du jugement d’autrui et enlisée dans un système limitant dont j’avais conscience mais dont je ne savais pas comment me sortir.

Apprendre ma « zébritude » et surtout l’apprivoiser me donne aujourd’hui le courage d’en parler. Il ne s’agit pas de me mettre une nouvelle étiquette sur le front ou d’exposer une quelconque supériorité intellectuelle. Ce n’est tellement pas ça dont il est question. Il s’agit en réalité de continuer mon chemin d’authenticité et de liberté. Je suis plus que jamais persuadée que la parole authentique libère. Elle libère tout autant celui qui la livre que celui qui la reçoit. L’expérience de l’un facilite celle de l’autre lorsqu’elle partagée en toute honnêteté, sans peur de se mettre à nu, d’être vulnérable.

Par ce billet j’ouvre une nouvelle voie pour ce blog, une nouvelle piste à explorer, d’autres personnes à toucher et à rencontrer. J’en profite pour remercier Virginie de son accompagnement et de l’amitié sincère qui se noue entre elle et moi. Et pour vous qui attendiez un coming-out plus croustillant, je vous invite à écouter ce podcast qui explique exactement pourquoi celui là je ne le ferai jamais ;)

Mon Journal de Gratitude #16 : Celle qui faisait une réunion de chantier !

Nous sommes le 16 août et je rédige mon seizième Journal de Gratitude. Coïncidence ? Je ne crois pas … Enfin si un peu, j’étais partie pour rédiger un bilan de l’année écoulée et justement, la coïncidence était tentante. Je serai donc obligée de terminer ce billet positivement et emplie de gratitude (comme si ce n’était pas toujours le cas).

Aujourd’hui c’est mon anniversaire (non ce n’est pas pour qu’on me le souhaite mais bon si vous y tenez … :)) et comme je l’ai dit dans mon dernier billet, c’est le moment pour moi de faire le point sur l’avancée des travaux de ma vie. Parce que oui je prends la vie comme un chantier qu’il faut tenter de mener à bien ! J’essaye de m’outiller le mieux possible, d’apprendre les bonnes techniques et de bien consolider l’édifice. Mon souci : les fondations étaient déjà terminées quand je suis arrivée et je pense que les mecs n’étaient pas du métier. Ou alors ils avaient bu. Où ils ont fait exprès pour me lancer un défi. En tous cas c’était un beau bordel et il a fallu bosser dur pour réparer les dégâts. Malgré quelques malfaçons persistantes que j’ai finalement acceptées, je crois que j’y suis arrivée.

Et puis je me suis rendu compte que l’électricité n’était pas aux normes. Partout des câbles mais aucune prise. Comment allais-je pouvoir mettre à (re)charger mon téléphone mais aussi mes peurs, mes croyances et mes pensées limitantes auxquelles je tenais tant ? En panique, j’ai cherché un mode d’emploi, un plan, des directives. Je ne suis pas électricienne moi, je n’avais aucune idée de comment ça fonctionne. Et c’est au fond d’un tiroir que je suis tombé sur la solution :

C’est quoi cette connerie ? On n’allait pas encore me conseiller de lâcher prise ! Punaise je l’ai déjà tellement cherchée cette prise que j’avais fini par laisser tomber. Tu déprimes ? Lâche prise ! T’es nostalgique ? Lâche prise ! T’es angoissée ? Lâche prise ! Oui bon moi je veux bien mais purée-de-pomme-de terre elle est où cette prise ? J’en avais tellement marre de cette chasse à la prise, le St Graal du développement personnel, que j’avais décidé d’arrêter. Stop. Basta. Laissez moi tranquille avec votre histoire de prise, je préfère continuer à vivre mes moments difficiles tant bien que mal et on se revoit à la prochaine éclaircie.

Mais voilà les « choses » sont quand même bien ficelées et c’est au moment où tu lâches l’affaire que tout s’aligne. C’est un peu comme quand t’es célibataire et que tu désespères de rencontrer quelqu’un-e et que justement le jour où ce quelqu’un-e débarque dans ta vie tu deviens irrésistible . C’est normal oui je sais, tu rayonnes d’amour donc forcément tu attires les autres. Et bien avec cette fameuse prise c’est pareil, t’as plus l’air d’être au bord du suicide donc tu deviens un aimant à good vibes. C’est pas nouveau, ça s’appelle la loi de l’attraction, tu récoltes ce que tu sèmes et qu’on le veuille ou non, qu’on y croit ou non, ça fonctionne.

L’an dernier à cette époque et jusqu’à la période des fêtes, j’étais dans une phase vraiment compliquée. Je me sentais enlisée, empêtrée dans un bourbier dont je n’arrivais pas à sortir. Les Vies avaient des difficultés à l’école. L’ambiance à la maison était explosive. Je devais rendre un écrit pour valider mon DU (oui j’ai passé un diplôme universitaire l’an passé, comme quoi tout arrive !) mais rien ne sortait et pour preuve je n’ai posté aucun billet ici entre aout et fin décembre 2020, ni rien noté dans mes nombreux blocs notes et autres journaux intimes. J’avais l’impression d’avoir épuisé toutes mes cartouches et je désespérais. Je me suis alors mise en mode « Autruche » (à ce propos je suis allée vérifier cette histoire de tête dans le sable et j’ai découvert que les autruches n’adoptent pas ce comportement par peur mais pour surveiller leurs nids ou se protéger de la poussière. Si elles sont effrayées, elles courent et s’il le faut elles peuvent dégommer une lionne avec leurs grosses griffes. Du coup je les trouve hyper badass les autruches et comme quoi on vit avec des idées complètement fausses c’est dingue).

De temps en temps je sortais mon bec du sable et pour m’aider à y voir plus clair, je tirais régulièrement mes petites cartes oracles et de tarot. J’ai une âme de cartomancienne, je dirais même de sorcière, et c’est un art qui me parle tout particulièrement. Mais n’est pas Madame Irma qui veut et je trouve difficile de rester objective lorsqu’il s’agit de soi-même . J’ai donc fait appel à Jill, tarologue de talent dont je suis le travail depuis un moment, pour m’accompagner lors de cette mauvaise passe. Et tu parles qu’elle était mauvaise la passe ! Dans mon tirage presque toutes les cartes étaient à l’envers. C’était moche à tel point que Jill, perplexe et presque aussi dépitée que moi, a proposé de m’offrir un second tirage dit « de coaching » pour m’aider à renverser la tendance.

Je pense que si elle m’avait suggéré un rituel satanique ou un sacrifice vaudou j’aurais accepté sans ciller. Heureusement pour moi, elle est également nonne bouddhiste et sa bienveillance m’a beaucoup touchée. Nous avons donc effectué ce second tirage et je suis repartie avec ma petite liste de conseils sous le bras, bien décidée à les mettre en pratique. Résultat ? Et bien encore une fois qu’on le veuille ou non, qu’on y croit ou non, ça a fonctionné. Je me suis mise le coup de booste nécessaire et je suis fière de vous dire qu’aujourd’hui ça va beaucoup mieux. Jill a partagé ce chouette travail sur sa chaîne YouTube parce que je visiblement je suis un cas désespéré d’école et que ça peut être inspirant pour celles et ceux qui cherchent des réponses (et par la même occasion vous pourrez y trouver les liens pour la suivre, n’hésitez pas elle est géniale !).

Vous dire que tout est résolu et que les travaux sont terminés serait un mensonge. Si on vous promet de résoudre vos problèmes et de vous rendre heureux pour toujours en deux tirages de cartes, fuyez ! Non tout n’est pas parfait. Mais c’est OK. Oui je ne gère pas toujours très bien. Mais c’est OK aussi. Et cette prise alors ? J’ai jeté le petit mot trouvé au fond du tiroir, j’ai bricolé l’électricité avec du scotch et de la ficelle et pour l’instant la lumière fonctionne et illumine ma vie. Si d’aventure une ampoule devait claquer j’irai chercher ma boite à outils et Mac Gyver et on bidouillera un truc ensemble (et je réaliserai un fantasme de jeunesse par la même occasion).

J’ai encore tellement à dire sur cette 43ème année. J’ai été accompagnée par une coach formidable pour un bilan de compétences, j’ai un projet professionnel génial, Vie N°1 sort de sa chrysalide et laisse percevoir les ailes du plus beau des papillons et Vie N°2 m’apprend plus que jamais à devenir une maman qui déchire. Promis je vous raconterai tout et pour vous tenir en haleine je peux déjà vous dire que mon prochain billet parlera d’un coming-out, du pouvoir de la pensée et d’une corrézienne qui envoie du lourd . Pas mal hein comme teaser !

Aller pour terminer par les traditionnels remerciements ça va être très simple : MERCI LA VIE ! Y a rien d’autre à dire quand tu te retournes et que tu fais le bilan. Merci à cette putain de vie de m’envoyer de la merde et de m’apprendre à la transformer en or. Voilà c’est aussi simple que ça :

Indomptée !

Mon anniversaire est dans quelques jours. Ce moment est pour moi celui du bilan de l’année écoulée et des grandes décisions à prendre pour celle à venir. C’est également le moment où je me sens le plus vivante, où je ressens les énergies du lion et de son maître le soleil. Les idées se bousculent, les envies s’accumulent, mon esprit est en joyeux bordel et je me laisse porter par cet élan créatif et mon imagination. Je rêve d’une retraite silencieuse, d’une journée à la mer, de roulades dans l’herbe et des branches d’un saule qui se balanceraient lentement en laissant passer quelques rayons chauds et dorés. 

J’aurai 43 ans. Je plaisante souvent sur le fait qu’il est dur de vieillir mais en réalité j’aime la quarantaine. J’aime la liberté qu’elle m’autorise, le détachement qu’elle m’offre et que j’essaye d’apprivoiser. Encore trop souvent je me censure et dans ma tête Edith la poissonnière-esthéticienne me rappelle que telle chose ne se fait pas ou que telle autre ne se dit pas. 

Les conventions, la bienséance, la pression familiale, que sais-je encore, veulent qu’on obéisse et qu’on se taise. Il est préférable de garder pour soi ce qui dérange. Tout n’est pas bon à dire paraît-il. Expliquez-moi alors comment faire lorsque tout hurle. 

Mon intuition me souffle : raconte ! Se taire c’est accepter. Se taire c’est consentir. Il y a trop de situations où rien ne peut sortir. Trop de moments de torpeur, de sidération, qui musellent. J’ai le sentiment que trop peu osent s’exprimer, de peur de déranger, d’être rejeter, de ne pas convenir à ce qui est autorisé ou non. Mais qui autorise ? Qui décide de ce qui est prononçable et de ce qui ne l’est pas ? Si les mots veulent sortir et que les retenir tue, qui peut empêcher de les dire, de les chanter ou de les écrire ? 

Tout n’est pas bon à dire. Cette phrase m’obsède depuis qu’elle m’a été opposée. Qu’ai-je dit de trop ? Et que pourrais-je bien dire qui ne soit pas bon ? Un secret ? Une vérité ? Je m’en fiche. Ma simple existence dérange. Mon histoire est une succession d’exceptions à la règle. Je ne suis plus à une bousculade près. Je n’ai pas de secrets. Je ne détiens pas de vérités. Je ne sais que partager mes émotions et ce qu’elles m’inspirent. Parce qu’elles débordent et que je ne sais pas les dire en sons, alors je les écris en mots. Je les couche sur mon clavier et elles s’incarnent comme par magie sur l’écran de mon ordinateur. Je les dépose là comme pour me délester d’un poids. Parfois il ne s’agit que d’un sanglot passager ou une joie éphémère. Parfois c’est un torrent de larmes ou un bonheur sans nom. Parfois c’est lourd et dégueulasse. Parfois c’est léger et magnifique. Il ne s’agit pas de régler des comptes ou de payer une dette. Il s’agit simplement de dire. Dire, au risque de ne pas convenir, de ne pas être quelqu’un de bien, de ne pas être aimée. 

Dans son livre « Indomptée »(1), Glennon Doyle raconte comment jusqu’à ses 40 ans elle a tout mis en œuvre pour être quelqu’un de bien. Elle a su sortir de l’alcoolisme, de la boulimie, de l’addiction médicamenteuse. Elle s’est mariée, a eu 3 beaux enfants, a monté une association qui lève aujourd’hui des millions de dollars pour les personnes dans le besoin. Elle est allée à l’église et a suivi des préceptes érigés par d’autres. Elle a soigneusement épilé, botoxé, habillé et fardé son corps pour qu’il ressemble à celui exposé partout où notre regard se pose. Finalement son mari a été infidèle, ses enfants ne sont pas parfaits et la misère fait toujours partie de ce monde. Être quelqu’un de bien au prix de beaucoup d’efforts n’a pas eu le résultat promis. Alors Glennon a pris une décision. Et si au lieu d’être quelqu’un de bien elle devenait quelqu’un de vrai ? Et si c’était la clé de la liberté ? 

Comme Glennon j’ai essayé de tout garder pour moi, de paraitre quelqu’un de bien, mais je n’ai pas réussi. Ma vie est un bazar, comme celui qui jouxtait le magasin de vêtements de ma grand-mère lorsque j’étais petite. Je me souviens du vieux parquet grinçant à chacun de mes pas et de l’odeur qui y régnait et que je n’ai jamais plus senti ailleurs. On y trouvait presque tout et particulièrement rien. Des bocaux de perles, de boutons et de rubans. Des jeux pour les enfants. Et d’autres pour les grands. C’était un endroit magique pour la fillette que j’étais et je m’y aventurais comme une exploratrice en pleine forêt amazonienne. Déjà j’aimais les choses qui foisonnent, celles qui donnaient du grain à moudre à mon imagination fertile. Longtemps j’ai cherché à ranger chaque chose à sa place, à maitriser mes lubies, à ressembler aux autres. J’ai culpabilisé d’être monté dans cette voiture, de n’avoir pas fait d’études, de n’avoir pas sauvé mon mariage, d’avoir aimé la mauvaise personne, de ne pas répondre au téléphone, de préférer la douceur de ma solitude au chahut de ce monde, d’être instable et inconstante. Je n’ai pas été vraie. Je n’ai pas été libre. Je ne le suis d’ailleurs toujours pas mais je travaille dur pour y parvenir. 

Ma décision principale pour cette nouvelle année ? Suivre le conseil de Whitman, rejeter ce qui insulte mon âme et n’écouter désormais que ma musique intérieure.

(1) Glennon Doyle – Indomptée – Éditions LEDUC

Brèves de vie : Le parc

Je suis au parc. Je regarde les gens courir. Ils sont beaux. Surtout les femmes. Elles ont des tenues parfaitement assorties, depuis leurs chaussures jusqu’à leur bandeau dans les cheveux. Même les chaussettes. Et sûrement les sous-vêtements aussi. Certaines portent des leggings avec des empiècements en tissu transparent, comme des collants fins. Sexy jusque dans l’effort. Je jette un œil méprisant à mes chaussons en laine. S’ils n’avaient pas été tricotés par ma mère je les détesterais. Je me dis que ces femmes ont trouver le moyen de faire taire Karl Lagerfeld – (même si on ne l’entend plus beaucoup vu que bon, il est mort) – puisqu’aujourd’hui ces bas destinés au sport sont portés dans la vie quotidienne.

Je suis toujours au parc. Je regarde les canards. Ils sont beaux. Surtout les mâles. Je n’arrive pas à être blasée devant leurs couleurs chatoyantes. Il y a des poules d’eau aussi, qui n’ont rien de très joli. Elles sont noires. Seul leur bec rouge donne un petit truc funky. Mais contrairement aux canards qui sont plutôt râleurs, les poules d’eau sont drôles. Elles sont toutes ensemble sur la berge à papoter et j’aimerais beaucoup comprendre ce qu’elles se racontent. Je ne peux m’empêcher de leur donner des prénoms. Georgette, Lucette, Ginette. Il doit bien y avoir un Robert ou un Gérard dans le tas mais je ne le vois pas. Je préfère les imaginer entre gonzesses.

Un couple de vieilles personnes passe devant moi. Ils sont encore plus beaux que les joggers et les canards réunis. Ils ont tous les deux les cheveux blancs. Ils sont petits. La dame a des yeux bleus. J’aurais aimé les prendre en photo furtivement mais je n’ai pas réussi à attraper mon téléphone à temps. J’ai failli le faire tomber. Encore. Je suis plus lente et maladroite qu’un couple d’octogénaires en promenade un dimanche matin au parc. Bref. Ils se tiennent la main. Ils jouent avec leurs doigts, les entremêlent comme feraient de jeunes amoureux. Ils se racontent des choses. J’aimerais savoir ce qu’ils se disent. Mais je n’ose pas tendre l’oreille de peur d’entendre un secret. Ou une anecdote coquine. Ils s’interrompent pour me saluer. Je leurs souris. 

Un même coureur passe pour la troisième fois. Il a un sac à dos d’où s’échappe de la musique. Elle est très forte. Il a calé le rythme de sa course et de son souffle sur les lourdes basses. Il est beau lui aussi. Luisant. Haletant. Un peu moins quand même que les petits vieux et les canards mais bien plus que les joggeuses saucissonnées dans leurs collants et leurs t-shirts fluorescents. Lui n’a pas de tenue stylée et il s’en fiche. Il est à fond dans ce qu’il fait. Il court. Rien d’autre. 

Je fais le tour du parc. Un groupe d’enfants exécutent les enchaînements qu’une jeune femme très enthousiaste leur montre. Ils miment la chanson des crocodiles. Ils sont beaux eux aussi. Leurs sourires avalent la moitié de leurs visages. Leurs yeux rieurs bouffent le reste. Je me souviens de mes Vies au même âge. Je me dis que ce genre d’activité leur aurait beaucoup plu. 

Je descends vers le cours d’eau. Sur une petite place je vois quelques personnes handicapées accompagnées de leurs chiens d’assistance. Elles portent les gilets de l’association qui élève et propose ensuite ces derniers à l’adoption. Il y a d’autres personnes avec ces mêmes gilets, valides, qui ont elles aussi des chiens qu’elles semblent entraîner. Je me dis que c’est une drôle de coïncidence, je regardais il y deux jours le site de cette même association. Prendre un chien comme ceux-là me trotte dans la tête. Je devrais aller leur parler, me renseigner. Mais je n’ose pas. Je regarde les chiens. Ils sont beaux. J’avance. Je cherche un regard qui me confirmerait que je peux m’incruster dans leurs activités. Je ne le trouve pas. Ou peut-être que je ne le vois pas. J’hésite encore un instant puis je poursuis ma route. Peut-être que je repasserai tout à l’heure. 

À l’entrée du parc il y a des agrès pour les sportifs. Je remarque un mec en tenue camouflée, comme les militaires. Je le regarde du coin de l’œil. Il est beau. Plus beau que le coureur au sac à dos. Il discute avec un autre gars. Ils se mettent eux aussi à courir. Je ne me souviens pas qu’on courait autant il y a 20 ou 30 ans. 

Je décide de me poser encore un moment au soleil. Je ne sais pas pourquoi, je cherche un banc. Je suis seule. Je suis assise dans mon fauteuil. Pourquoi vouloir m’arrêter près d’un banc alors que je pourrais le faire n’importe où ? Un réflexe archaïque sûrement. J’ai trouvé. Je m’installe face au soleil. Je pense à ma mère qui me vante inlassablement les bienfaits de la vitamine D. Je lui souris par la pensée. Je me dis que j’occupe un banc pour rien, que personne n’osera s’assoir tout en me maudissant de voler un emplacement. Je me décale juste assez pour laisser supposer que je ne veux pas le banc mais que je le veux un peu quand même. Je me fatigue de moi-même.

Le militaire passe devant moi avec son pote. Ils courent toujours. Je commence à écrire ce billet pour ne pas oublier ce qui me passe par la tête. Je ne vois plus ce qui se passe autour de moi. Quelques minutes s’écoulent. Je balaye les alentours du regard et à nouveau le militaire passe. Il me sourit. Ça fait du bien de voir des visages sans masque. J’ai enlevé le mien depuis mon arrivée au parc. L’extérieur et la distance le permettent. Je lui rends son sourire, un peu gênée. Je note encore quelques trucs. Je profite du soleil. Il fait chaud et je bataille pour enlever mon écharpe. Coincée dans mon dos, elle est maintenant positionnée comme celle de Miss France. Je me sens ridicule. Le militaire repasse. Je prends un air le plus d’étendu possible car je sais à son regard qu’il va me parler. Il arrive à ma hauteur et me lance un bonjour enjoué. Je balbutie un truc incompréhensible alors qu’il s’éloigne en trottinant avec son acolyte. Je crois qu’au prochain tour il va s’arrêter. Il va me demander si je vais bien ou une banalité du genre. Ou peut-être qu’il va me demander si j’occupe le banc. Il va en tous cas vouloir entrer en relation avec moi. Vite je dois fuir. Je coince mon téléphone entre mes jambes pour ne pas le perdre encore une fois. Je tente en vain de réajuster mon écharpe qui cette fois pends sur le côté au risque de traîner par terre et de se prendre dans mes roues. Je sors du parc et rentre chez moi. Je fais attention à mon téléphone, à l’écharpe, aux crottes de chiens, aux trous du trottoir et aux cyclistes impatients. Bientôt je serai à l’abri. Mince j’ai oublié de prendre des photos. Et de repasser près des chiens.

Je suis dans mon salon, le regard perdu à l’horizon. J’imagine la conversation avec l’instructeur de chiens d’assistances, ma main caressant la tête du magnifique labrador noir qu’il tient en laisse. S’il me le confiait je n’aurais plus jamais peur de faire tomber mon téléphone.

Je suis dans mon salon, l’esprit divaguant entre des SI et des MAIS. J’imagine l’échange avec ce beau militaire à propos du temps qu’il fait et de ce satané virus. Je le vois noté mon numéro dans son téléphone. Je me vois lire son premier message : « J’ai été ravi de faire ta connaissance, j’espère te voir au même endroit le week-end prochain. Moi je serai là … » 

Je suis dans mon salon. Mon téléphone est par terre. Je n’ai pas de rendez-vous le week-end prochain. Je retournerai au parc. Peut-être que j’y retrouverai le militaire. Sûrement les joggeuses. Et j’essaierai de ne pas fuir.

Vivre !

Il y a un moment de ça j’avais pris comme engagement de publier ici un billet chaque dimanche, intitulé Mon journal de gratitudes. J’y racontais mes ressentis de la semaine écoulée et j’y exprimais avec plaisir ma gratitude pour les petits et les grands bonheurs vécus durant les 7 derniers jours. C’est un rendez-vous que j’aimais beaucoup et que j’ai tenu environ 3 mois. Puis j’ai abandonné. Et alors que je termine d’écrire cette phrase, une voix de poissonnière s’élève dans ma tête et me balance : « Comme d’habitude ma cocotte, est-ce que tu as déjà tenu un projet sur la longueur ? »

La première réponse qui me vient est NON. Un gros NON caverneux.

Et cette voix de vieille rombière m’en rappelle d’autres, bien réelles, qui viennent confirmer ses dires : « Encore une de tes lubies , t’en as pas marre de tout commencer et rien terminer , oh mais quelle girouette , t’as de ces idées toi …. » 

C’est à ce moment là que je commence à faire intérieurement la liste de tous mes échecs. Cette formation que je n’ai jamais validée, cette association que j’ai quittée, cette exposition que je n’ai pas valorisée. Et je sors de mes pensées 20 minutes plus tard, déprimée, avec une piètre opinion de moi-même, à culpabiliser d’être si idiote, si nulle, si instable. 

Je voulais juste écrire un petit billet sympa pour dire que j’ai l’intention de reprendre mon journal dominical et je me retrouve à chialer sur ma misérable existence. Comment est-ce possible ? 

En y réfléchissant cette voix s’exprime souvent. Bien trop souvent à mon avis. Si souvent que je l’ai personnifiée. Elle s’appelle Edith, car elle me fait penser à l’esthéticienne des chroniques de Guillaume Meurice, et elle ressemble vaguement à la Nounou d’enfer. Oui Edith est casse-bonbons mais Edith est sexy. Quitte à cohabiter avec des gens dans ma tête autant qu’ils soient plaisants. 

Et voilà que mon Edith à moi a un truc à ajouter : « Mais heureusement que je suis là, sinon tu ferais un paquet de conneries et t’aurais bien l’air con ma cocotte !« . Effectivement oser se lancer dans un nouveau projet m’expose au regard des autres. Et avoir l’air con, infamie suprême des adolescents des années 90, serait vraiment difficile à vivre. Mieux vaut l’écouter Edith, elle a sûrement raison. 

N’empêche que moi des idées j’en ai plein. Évidemment il doit y en avoir des très nulles. Mais je sais au fond de moi qu’il y en a aussi quelques unes de très bonnes. Si j’osais je vous dirais qu’il y en a même une ou deux qui sont carrément géniales. Mais Edith n’est pas de cet avis et me rappelle qu’un peu d’humilité ne me ferait pas de mal : « Non mais pour qui tu te prends ma cocotte ?!« 

À ce moment de mon billet je ne sais plus où je voulais en venir. Cette chieuse de poissonnière me braille dans les oreilles (et depuis l’intérieur c’est juste insupportable) qu’il ne faut absolument pas que je publie ce torchon, que les gens vont me prendre pour une folle et que (décidément Edith est So 90’s) je vais passer pour une nazebroke. Et voilà, je flippe ! 

Mais de quoi ai-je peur ? De m’engager virtuellement à un rendez-vous hebdomadaire et de ne pas m’y tenir ? Qui va m’en blâmer sinon moi-même ? 

Et cette peur de ne pas honorer la promesse que je me suis faite ne cache-t-elle pas plutôt un profond désir ? Celui de pouvoir me faire confiance, d’être fiable envers moi-même, de pouvoir compter sur mes propres ressources ? Car sinon pourquoi toujours me lancer ce même défi de la régularité ? Et si au final j’y arrivais ? Si je faisais fermer son clapet à Edith ? Bordel comme ce serait jouissif ! 

Je me rends compte que cette peur qui me taraude, et beaucoup d’autres, peuvent être de formidables sources d’inspiration si on sait voir le désir qui se cache derrière. 

Si j’écris à ce sujet aujourd’hui c’est que j’ai travaillé dernièrement sur l’auto-sabotage. Edith est mon monstre saboteur, cette voix qui nous empêche d’être nous-mêmes et qui personnellement me pourrie la vie. La nommer, lui donner corps, la moquer et la dénigrer en public lui enlève de son pouvoir. Je ne veux plus être guider par mes peurs. Si je prends un engagement aujourd’hui, ce n’est pas de tenir un journal à heure fixe mais de rester focus, constante, dans mon désir à déconstruire ce qui m’empêche d’être authentique et honnête envers moi-même et par ricochet envers les autres.

J’ai également appris que ces peurs naissent dans notre enfance, qu’elles sont la face immergées de blessures dont nous n’avons plus ou peu conscience et qui nous poursuivent toute notre vie. Elles nous ont été infligées par nos proches, par des circonstances difficiles ou des événements douloureux. Elles sont inévitables si on n’y prête pas garde. Ça pourrait être triste, ça pourrait nous rendre aigris si nous n’avions pas de moyens d’y remédier. Mais réjouissez vous il est possible de guérir, de s’affranchir de ses peurs. C’est un chemin qui vaut la peine d’être emprunté et qui, s’il bénéficie à celui qui s’y aventure, rayonne également sur tout son entourage. 

Et ces idées géniales ? Je vous assure que je travaille fort, avec mon coeur, pour leurs donner vie. En l’écrivant ici je m’engage un petit peu plus vers leur réalisation. Ça me fait toujours un peu peur je dois avouer, mais tellement moins maintenant qu’Edith a été démasquée :)

Les merveilles de l’ordinaire

Depuis toute petite je suis en quête. Je ressens profondément le besoin de donner un sens à ce que je vis. Je ne sais pas me contenter d’une image, d’un son, d’un fait. Je veux comprendre, je veux savoir. Ce qui me passionne ce n’est pas tant le fonctionnement mais surtout l’intention, la motivation, la passion qui se cachent derrière les apparences. Lorsque je rencontre une personne et qu’elle me parle de son métier, ma première question est de savoir si elle aime vendre des voitures ou s’occuper de personnes âgées. Je me fiche de savoir combien elle gagne. J’aime voir les yeux briller. J’aime écouter les parcours. Je suis capable de me passionner une soirée entière pour les histoires d’un électricien ou les anecdotes d’une institutrice. Le merveilleux se cache dans l’ordinaire et je crois que ma capacité à le dénicher partout où on ne l’attend pas me permet de ne jamais m’ennuyer et d’être si positive. La vie est une merveille, être en vie est merveilleux, même dans les pires conditions. Si j’osais je dirais même que le merveilleux surgit surtout dans les pires moments.

Citation de Agostino Degas : Il y a trois mots simples qui, à eux seuls, peuvent résumer le sens de la vie : être, aimer et s’émerveiller !

Je m’émerveille à l’instant devant le soleil qui se couche. Sa lumière danse sur ma main, dessine un spectacle d’ombres sur le mur blanc, mon corps en négatif sur fond d’or et la sensation d’une douce chaleur. Par ma fenêtre, la cathédrale de Strasbourg flamboie chaque soir différemment. Je ne m’en lasse pas. J’aimerais partager cet émoi quotidien mais je fatigue les autres.

« C’est bon on l’a vue ton soleil, tu nous en parles tous les soirs …« 

Comment peut-on être blasé face à un tel miracle ? Comment ne pas s’émerveiller devant ce jour qui meurt et renaît chaque lendemain ?

Couché de soleil orangé sur la Cathédrale de Strasbourg

Alors qu’il lui reste 6 mois à vivre, Christiane Singer rédige un journal, « Derniers fragments d’un long voyage ». Ce livre est une ode à la vie, à l’amour et à l’émerveillement.

Il est vrai que j’ai reçu un sacré don avec la naissance : celui de tout magnifier. Il ne m’a jamais tout à fait quittée et je le retrouve dans cette allégresse profonde, qui malgré tout m’habite.

Christiane Singer

Je crois en effet que le pouvoir de s’émerveiller est un don, une capacité innée que nous oublions en grandissant. Il n’y a qu’à observer un enfant tomber en extase devant une feuille d’arbre qui flotte dans une flaque d’eau. Ou comme cette petite fille devant la beauté éphémère de la vie :

Tout ce dont je vis aujourd’hui, j’en ai eu l’intuition enfant : le fait de savoir que chacune de nos existences est un rendez-vous ; qu’on peut le rater ou le célébrer. J’avais cette sensation que le monde m’était confié, et ce n’était pas de la mégalomanie, mais, bien au contraire, de l’humilité. Je pressentais que chacun d’entre nous a, à son échelle, la charge du monde. Par mon désordre, j’entraîne le désordre autour de moi. Si, au contraire, j’entre dans l’ordonnance intérieure de l’amour, je rayonne. Et d’un seul être peut partir un tel rayonnement, qu’il répare une famille, un village, une entreprise… Des expériences comme ça, j’en vois tous les jours. Je n’invente rien.

Christiane Singer

J’ai la conviction intime que cette vie de dépendance est d’une certaine manière un don du ciel. J’ai ce sentiment depuis l’instant où j’ai compris ce qui m’arrivait. Jamais je n’ai prié dans l’espoir de retrouver mes facultés physiques. J’ai seulement demandé à ne pas rester seule sur ce chemin qui m’attendait et je suis reconnaissante d’avoir été entendue.

Beaucoup m’oppose que c’est une façon d’accepter, que donner du sens à cette tragédie me permet d’avancer. Sans aucun doute. Et ces mêmes refusent de m’entendre lorsque j’ose affirmer que je suis heureuse. Je vis chaque jour la douleur du handicap, je ne peux pas le nier. Mais j’expérimente aussi chaque jour la merveille du handicap. Cette situation de dépendance est d’une cruauté sans nom dans ce qu’elle m’enlève, ce dont elle me prive. Et pourtant elle est d’une beauté sans égale. Elle révèle en moi et en ceux qui m’entourent des sentiments, des relations intenses et profonds, qui n’existeraient pas sans le rapport particulier que la dépendance exige.

Notre devoir le plus impérieux est peut-être de ne jamais lâcher le fil de la Merveille. Grâce à lui, je sortirai vivante du plus sombre des labyrinthes.

Christiane Singer

Je tiens fermement le fil de la Merveille. Pour moi elle se situe dans les liens que j’entretiens aux autres mais également à la nature et à l’invisible. On peut penser que je suis perchée ou mystique, j’assume complètement. J’ai choisi il y a longtemps, bien avant ce drame de la route, bien avant l’âge de raison, sans doute avant ma naissance, d’être émerveillée chaque jour sans exception et je m’y attèle sans relâche. Aujourd’hui plus que jamais je vous souhaite une merveilleuse journée !

Photo en noire et blanc d’une petite fille cachée derrière un arbre et qui sourit. Citation de Chesterton : Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement.

Happy Birth-COVID-Day !

Si vous suivez mon blog depuis un moment ou si vous me connaissez personnellement, vous savez que j’ai un rituel un peu particulier : je fête chaque année l’anniversaire du jour où j’ai été victime d’un accident de la route. Jusqu’à l’an passé je disais  » Je fête mon accident ! » mais cet accident n’est pas le mien. C’est un terrible événement qui m’a rendu tétraplégique. C’est un terrible événement qui a bouleversé ma vie et celle de mes proches. Mais il ne m’appartient pas, j’en suis la victime et cette année je me libère de cette responsabilité, de cette culpabilité aussi. 

L’idée de fêter cet anniversaire est arrivée rapidement. J’ai vite ressenti le besoin de marquer le coup chaque année. Mais devant la mine horrifiée de mon entourage lorsque j’évoquais cette envie, je me suis bien gardée d’en parler trop. Pourtant il ne s’agit pas de souffler des bougies ou de chanter en cœur. C’est simplement me souvenir, me recueillir, me féliciter aussi d’avoir su transformer ce drame en force de vie et d’avoir garder espoir. 

Mais cette capacité à sublimer le malheur ne peut pas effacer les moments difficiles. Et la période que nous traversons réveille des angoisses ancrées en moi depuis mes passages en services de réanimation et de pneumologie. Frôler la mort par manque d’oxygène laisse des séquelles physiques mais aussi psychologiques, à moi bien sûr mais également aux proches qui m’ont accompagné lors de ces moments. 

Continuer à lire … « Happy Birth-COVID-Day ! »

Le mois parfait !

Il est 23:14, lendemain de pleine lune en vierge et insomnie en vue. Je le sais parce que j’écoute ma playlist « 80 » en dodelinant de la tête sur When the rain begins to fall, ce qui n’augure rien de bon pour les prochaines heures …

Ce soir c’est la fin d’un mois parfait. Février a commencé un lundi et se termine un dimanche, de pleine lune qui plus est (au cas où vous n’auriez pas bien lu la première fois). Quatre semaines exactement. Le prochain sera en 2027, puis 2038 et 2049. C’est chouette hein. Mais février a t’il vraiment été parfait ? Je pourrais presque dire que oui si nous n’étions pas dans un tel contexte. Et c’est tellement rare qu’un mois d’hiver soit si agréable que je me devais de le noter !

Et pourquoi qu’il a été agréable ce dernier mois ? Et bien déjà parce que je me suis offert un aspirateur qui travaille tout seul. Comme chaque objet qui entre dans notre maison nous l’avons baptisé. Après Lucette l’enceinte Bluetooth et Raoul le violoncelle c’est donc Daniel le robot-aspirateur qui a rejoint la famille et qui s’occupe désormais de mes sols avec la lourde tâche d’aspirer les milliers de poils de Gigi. Je suis aux anges de pouvoir le démarrer toute seule et d’avoir ainsi l’impression de passer moi-même l’aspirateur. Purée il en faut quand même peu pour que je sois heureuse !

Février a également été parfait parce que j’ai commencé un bilan de compétences. Ce n’était pas du tout prévu mais l’occasion s’est présentée et je l’ai saisie avec grand plaisir. Il faut dire aussi que j’ai noté « J’ai de belles opportunités » sur mon dernier tableau de visualisation alors j’allais pas dire non à la réponse de l’Univers ! Et ma foi c’est un travail particulièrement intéressant quand comme moi on aime comprendre nos fonctionnements et décortiquer nos comportements et nos aptitudes.

Et puis février a été parfait parce qu’il y a eu des décisions, des améliorations, des rencontres, des énergies qui convergent et qui font du bien. Je ne peux pas tout écrire. Et je ne veux pas d’ailleurs.

Il est maintenant 00:38 et j’ai adouci la musique à mes oreilles. J’espère que mars, même s’il n’est pas parfait, sera à la hauteur de ces derniers jours. Mais je n’en doute pas, j’ai noté « Je kiffe ma life » sur mon tableau ❤️

Mes Hom(me)ards

J’ai commencé cet article cent fois. Et cent fois je l’ai jeté à la poubelle ou l’ai abandonné dans un coin de ma tête. Je manque de courage pour aborder un sujet aussi délicat. Pourtant toujours j’y reviens. Et toujours j’y renonce. Mais cette fois je crois que la puissance des mots aura raison de mes craintes et la Saint Valentin est sans aucun doute le moment idéal. Je ne peux plus lutter, inutile de résister davantage, je dois vous parler de la vie amoureuse et sexuelle du homard !

Ah ah je vois votre air circonspect. Vous vous attendiez à quoi ?


Pour être précise il s’agit en réalité d’une légende. Celle-ci raconte que les homards ont un-e seul-e partenaire pour toute la vie et qu’ils se retrouvent à chaque période des amours malgré l’immensité des océans et les difficultés de l’existence. Bien entendu c’est faux, Léon le homard n’en a rien à faire de celle avec qui il copule. Au moment des amours notre ami Léon, dont la carapace est dure, dépose sa semence sur l’abdomen de Simone, dont la carapace est molle suite à la mue, et s’en balance de savoir s’il l’a déjà rencontrée par le passé. Idem pour notre copine Simone qui se souvient à peine de Robert et Michel dont elle a eu une tripoté de mioches. Ce sera pareil pour Léon, elle l’oubliera sans vergogne. Mais comme je suis une indécrottable romantique je ne peux m’empêcher d’adorer ce genre d’histoire à l’eau de rose et de vouloir y croire. Et puis c’est Phoebe qui la raconte et j’adhère totalement à sa douce folie.


En tant que grande fan de la série Friends, j’ai souvent appelé ex chéri-coco « mon homard ». Je lui expliquais très sérieusement que nous ne pourrions jamais nous quitter parce qu’il était mon Léon, que j’étais sa Simone et que quoi qu’il arrive nous nous retrouverions toujours dans un coin de l’immense océan de nos vies. Lui ça le faisait marrer mes conneries de crustacés et finalement la vie nous a démontrée que cette histoire est bien une légende, les homards se séparent et se perdent, pas d’amour éternel sous la surface.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais ça aurait été trop facile. Durant plusieurs années les marées m’ont régulièrement ramenées vers lui. Elles m’en ont aussi très souvent séparé. Et si pour lui tout semblait être simple, c’était malheureusement bien plus compliqué pour moi qui ai besoin de décortiquer, analyser, pour enfin digérer les aléas de l’existence. Je n’ai jamais pu me contenter d’un « c’est comme ça » ou « c’est la vie « . Devant tous ces couples qui se déchiraient et se détestaient suite à une séparation, je voulais comprendre pourquoi ce n’était pas la même chose pour moi.

Après des mois, des années à retourner cette question dans tout les sens, j’ai réalisé que je n’avais pas le bon angle d’analyse. Au lieu de tenter de trouver une réponse à :

« Pourquoi ce n’est pas la même chose pour moi ? »

j’ai choisi de modifier la problématique en :

« Pourquoi ce devrait être la même chose pour moi ? »

À trop vouloir me conformer à ce que devait être un couple divorcé « normal », à trop écouter les bien-pensants, les bien-avisés, celleux qui ont toujours à la bouche une remarque, un conseil, j’ai perdu mon temps à m’expliquer cette relation, à y chercher une raison. Nous n’avions pas été un couple ordinaire, déjà nous suscitions des commentaires, plus ou moins intelligents d’ailleurs, comment aurions-nous pu être autrement une fois séparés ? Moi qui exergue la notion de normalité, je voulais à tout prix montrer de nous une relation comme les autres. Je perdais une énergie folle à justifier ma façon d’être et de faire.

Et j’ai réitéré les mêmes prises de têtes avec mes relations suivantes, incapable d’assumer mes choix de vie, comme celui d’être seule aujourd’hui et de ne plus vouloir partager mon quotidien avec quelqu’un d’autre. À chaque fois que j’explique aimer mon célibat on me regarde avec des yeux de chat potté genre :

– la pauvre elle ne trouve personne alors elle se persuade qu’elle est heureuse comme ça …

Une femme lové dans un gros nuage rose et jaune symbolisant la solitude et qui lui murmure  :  tu es tellement confortable !

Mais oui je confirme je suis heureuse ! Enfin non pas heureuse, ça voudrait dire que tout est parfait. Je suis joyeuse ! Voilà c’est pas toujours facile mais là, en moi, il y a de la joie. Je dirais même que je vis ma meilleure vie et que le plus beau est à venir. Je le sais parce que j’ai enfin réussi à trancher. Je me suis choisie, MOI ! Plus de ruminations. Plus de questionnements. Plus de retour en arrière.

Me voilà donc comme la copine Simone, la carapace toute molle, prête à me frotter à tous les Léon plus ou moins durs que je rencontrerai. Oui je me rends compte du double sens de ce dernier paragraphe. Et même que je vais en remettre une couche en vous confiant que j’adore la bisque de homard !

Alors à tous les homards du monde, les jeunes mous et les vieux durs ou inversement, je vous souhaite une magnifique Saint Valentin. Soyez en amour avec vous-même et avec qui vous voulez ! Soyez joyeux(ses) !

Brèves de vie

J’avais oublié que je m’étais abonnée à la liste de diffusion du blog de Pauline Harmange. Ce matin en découvrant son nom dans mes mails je me suis demandée ce qu’elle me voulait, limite un peu vénère. Et puis je me suis souvenue que j’avais découvert son blog via Twitter et que j’avais bien aimé ses billets, son ton et son humour. Beaucoup plus que son bouquin « Moi les hommes je les déteste » qui personnellement ne m’a pas emballé et surtout ne m’a rien appris de nouveau. Oui les hommes sont détestables parfois.

Ce matin donc, je lis le dernier billet de Pauline (à retrouver Ici) et je perçois comme un écho à ce que j’ai noté il y a un petit moment déjà chez moi. Pour la première fois depuis le début de cette histoire de virus je ressens une certaine lassitude. Peut-être même une pointe de tristesse.

Jusqu’à récemment les confinements, les couvre-feux, rien n’avait été vraiment difficile. Ma vie s’apparente de toute façon à un confinement permanent depuis que je vis en Alsace. Je sors peu. Un tantinet plus en été. Presque jamais en hiver. Sporadiquement au printemps et à l’automne. Seules les séances de cinéma et les visites culturelles me manquent. J’ai peu d’ami-e-s réguliers, je veux dire, que je vois souvent. Et ce sont elles-eux qui viennent chez moi. Tout se passe chez moi par manque d’accessibilité. Mes très cher-e-s sont loin. Je suis une solitaire sociable. Et ça me va bien.

Mais malgré que je sois aguerrie à cette vie au ralenti, le besoin d’écrire se fait pressant. Comme à mon habitude je dois laisser sortir des « choses » en urgence sous peine de plonger dans la mélancolie. Ce temps maussade n’arrange rien. Je trouve qu’il est plus facile de déprimer au soleil. Il y a d’ailleurs moins de suicides dans le sud de la France c’est bien que ça doit jouer un peu.

Il s’agit donc ces jours-ci de ne pas tomber en dépression. Honnêtement je m’en voudrais de sombrer maintenant alors que j’ai tenu 42 ans et des brouettes sans m’effondrer. J’ai vacillé quelques fois mais j’ai toujours réussi à m’accrocher aux branches et ne pas couler. Ce n’est pas spécialement une fierté, je sais combien la dépression est une tempête qui emporte tout avec elle. J’ai tenu bon sûrement parce que je suis outillée pour et que jusqu’à maintenant j’ai eu les ressources nécessaires pour lutter. Mais j’ai conscience qu’un rien pourrait faire lâcher les digues et j’ai l’impression que pour beaucoup d’entre nous ce rien a le visage du coronavirus et de ses conséquences.

Les sorties que je ne fais jamais me manquent. Les ami-e-s que je vois rarement me manquent. Mes amants imaginaires me manquent. Ma famille me manque. Même les gens qui m’exaspèrent me manquent.

Heureusement j’ai des enfants que je peux câliner à l’encontre de toutes les règles de distanciation sociale. J’ai régulièrement des frayeurs, une montée de fièvre par ici, une quinte de toux par là. Vie N*2 en est à son quatrième test et le dernier pour Vie N*1 date d’hier. Moi je veux bien faire attention et respecter les gestes barrières mais ne plus approcher mes petits est un peu trop demandé. Alors j’attends, fébrile, les résultats. Et je me promets qu’à partir d’aujourd’hui je vais faire encore plus d’efforts pour me protéger. Mais ce sera au détriment de ma santé mentale et je ne sais pas ce qui est le plus risqué finalement.

Alors que j’écris ces dernières lignes j’écoute Edgar Morin s’exprimer sur France Culture. Je ne sais pas si vous croyez aux synchronicités mais alors que je me laisse aller à une forme de noirceur son discours vient illuminer mes pensées. À presque 100 ans et après avoir vécu la moitié de l’histoire du 20eme siècle, il nous enjoint à ne pas laisser le vide s’installer, à rester lié aux autres, à prendre notre place dans ce monde. Il nous encourage, et particulièrement la jeunesse à laquelle il est très attaché, à saisir cette opportunité de créer un monde meilleur malgré le péril que représente cette pandémie. Et surtout il nous rappelle que si nous avons toutes et tous une patrie, c’est en tant qu’enfant de la Terre que nous devons réfléchir et garder espoir. Merci Edgar. Voilà le coup de fouet qu’il me fallait pour sortir de ce moment de torpeur. Un big up à Guillaume Erner qui n’a pas interrompu son invité, c’est assez rare pour être souligné. Et vous avez raison Edgar, laissons nous inspirer par les héros du quotidien. Aujourd’hui vous êtes pour moi bien plus fort que Superman !

Interview à écouter ICI

Pieces of a Woman

J’ai eu de la chance dans mon parcours de femme. J’ai vécu des grossesses heureuses, j’ai mis au monde deux merveilleux bébés sans encombre majeure. Je n’ai jamais fait de fausse-couche, je n’ai pas eu de mal à tomber enceinte, je n’ai jamais eu à faire le choix de garder ou non un enfant et je suis réglée comme un coucou suisse. J’ai conscience que mon histoire est idyllique et à 42 ans, alors que je me sens à l’apogée de ma vie de femme, j’en suis très reconnaissante et j’attends la suite avec sérénité.

Cela dit, je suis toujours extrêmement touchée par ce que vivent les autres femmes et je ressens au fond de mes tripes l’effleurement de ces douleurs. Un souffle juste assez fort pour me laisser supposer l’horreur.

Pourquoi je raconte ça aujourd’hui ? C’est que j’ai regardé – Pieces of a woman – du réalisateur hongrois Kornél Mundruczó et qu’on ne peut pas sortir indemne d’un tel film. Je ne pouvais pas juste éteindre ma TV et passer à autre chose. Ça m’a rappelé les histoires entendues et vécues de plus ou moins près. Ça m’a foutu un coup quoi …

Ce film est inspiré du vécu du réalisateur. Sa femme et lui ont perdu un bébé pendant la grossesse et ils n’en ont jamais vraiment parlé. Un jour il tombe sur un carnet de notes qu’elle a intitulé – Pieces of a woman – (ce qui veut dire morceaux d’une femme) dans lequel elle écrit à propos de la perte d’un enfant. Il a un véritable choc à la lecture de ces mots, prenant conscience du silence installé entre eux et propose à sa femme de travailler sur un projet à ce sujet. Ils montent alors une pièce de théâtre en Pologne et devant les nombreux retours positifs, continue avec ce film qui a raflé et raflera surement encore quelques récompenses.

Ce billet n’est pas une critique cinéma même si je tiens à saluer la performance des acteurs et en particulier du couple qui fonctionne à merveille.

Je ne connaissais pas Vanessa Kirby et je dois dire qu’elle est époustouflante. Quant à Shia LaBeouf, je l’avais découvert comme tout le monde dans la trilogie Transformers (bon ok c’était dans la série pour gamins – La guerre des Stevens – mais faites comme si vous ne le saviez pas) et je n’avais pas entraperçu alors son potentiel dramatique. C’est dans le clip – Elastic heart – de Sia qu’il m’a totalement bouleversée et conquise.

Je ne sais pas vraiment où je veux en venir avec ce billet. J’avais seulement besoin de partager cette émotion. Et ce qui est étonnant, ce qui me touche le plus là maintenant et qui n’est pas le sujet du film, ce sont ces couples qui doivent faire le deuil d’un enfant qui n’est pas né. Renoncer à devenir parents quand on le souhaite de toutes ses forces, c’est faire un deuil étrange, non palpable, non visible, non reconnu. Et moi je pense qu’il y a des mots qui doivent être écrits, prononcés et entendus pour que la tristesse n’abime pas trop les coeurs. Voilà ma petite contribution !

Et que meurent les roses !

J’ai eu quelques amours.

Des réelles, des rêvées, des avortées, des interdites, des passionnées.

Il y a le tout premier, dont j’ai oublié le prénom, qui me filait ses bons points contre des bécots que nous faisions claquer pour faire « comme les grands ».

Il y a celui qu’il aurait fallut et celui qu’il ne fallait pas.
Il y a celui qui guérit et celui qui part.
Il y a celle qui rend folle et celui qui réveille.
Il y a celui qu’on croit impossible et celui qu’on sait mieux sans soi.

S’il fallait aujourd’hui que je tombe amoureuse, ce serait d’être bouleversée. Je n’aimerais pas les mêmes mots cents fois prononcés, dégoulinants de miel. C’est pour les amateurs le miel, pour ceux qui n’ont rien compris aux gonzesses déglinguées.

Moi je voudrais que tu disent des mots d’une saveur particulière. Je les voudrais à la confiture de pétales de roses. Je voudrais que tu dépiautes consciencieusement chaque fleur du bouquet que tu pensais m’offrir. Que tu haches minutieusement chaque pétale et que tu les ébouillantes avec entrain. Je voudrais que tu les noies ensuite dans le sucre avant de les mettre dans leur jolie tombe en verre.

Je voudrais des mots sortis d’un pot de confiotte de roses assassinées. Et je la mangerais en y trempant les doigts, même si les miens sont biscornus et que j’en foutrais partout. Ça me ferait tout drôle dans la bouche et dans le ventre et je saurais alors que t’es quelqu’un de bouleversant. Je le saurais au goût de tes mots à la confiture de pétales de roses crevées posés sur mes doigts tordus .

Et je t’offrirais alors toute ma prose, parfois quelques rimes, et des alexandrins pour la frime. Tu pourrais goûter mes mots, un peu rances de t’avoir attendu. Tu pourrais peut-être même les aimer. Et ce serait beau.

Chiale, tu pisseras moins !

Il m’a dit : « J’ai oublié, t’es pas fleur bleue… ». 

Non, je ne suis pas fleur bleue, je ne suis pas sensible non plus, je manque d’empathie aussi, parfois. J’aime à me répéter ces inepties depuis tellement longtemps que je m’en suis persuadée. Je suis froide et distante. Je suis morte à l’intérieur. Je n’invente rien, on me l’a déjà dit. En plaisantant bien sûr. Mais quand même. Je crois que ce qui est dit sous couvert d’humour est toujours un peu vrai. Et comme je suis aussi presque morte à l’extérieur, j’ai des fois l’impression d’être la pâle copie d’un être-vivant, une imposture.

Alors j’essaie de me souvenir de moments où j’aurais été sensible, où j’aurais ressenti autre chose que rien. 

Je suis en CP avec Sonia et ses longues nattes blondes et ses grands yeux bleus qui la faisaient ressembler à une suédoise ou à la fille de la pub « Belle des champs ».

Je la revois m’annoncer en crânant que désormais Alexandre ne sera plus mon amoureux mais le sien. Il lui a choisi la tapisserie de sa pochette à dessin. Notre maitresse avait de grands catalogues d’échantillons de papiers-peints avec lesquels on fabriquait des pochettes pour y ranger nos dessins. Je rêvais tellement d’en avoir un de ces catalogues et de découper tous ces jolis motifs.
Je me souviens de l’odeur du papier, de la texture des fleurs ou des rayures et du bruit des longues pages que j’admirais sans pouvoir me décider à choisir. C’était magique.

Continuer à lire … « Chiale, tu pisseras moins ! »

Oser la vie !

Avant de prendre de belles résolutions.

Avant d’espérer du meilleur.

Avant de souhaiter du bon et du bien à nos autres.

Avant tout ça il y a aujourd’hui.

Le dernier jour. Mais pas vraiment.

Le moment de prendre un moment.

De respirer.

De réfléchir à ce qui a résisté à la tempête.

À l’abri de mes pairs il y a eu les cours, les rencontres, les doutes, la peur, les échanges, l’écriture, les questions, le courage et la réussite.

À l’abri des miens il y a eu l’isolement, la maladie, l’hôpital, la peur, le virus, l’angoisse, le soutien, la présence, les vacances, les chants, les rires, Noël et la famille toujours.

À l’abri de mon cœur de mère il y a eu les cris, les pleurs, la peur, les terreurs, les confidences, les révélations, la compréhension, la bienveillance, la complicité, le ronronnement des lionnes et l’amour inconditionnel.

À l’abri de mon cœur de femme il y a eu la solitude, la nostalgie, les rancœurs, la peur, les souvenirs, les papillons, la déception, les décisions, le choix et l’espoir encore.

À l’abri de mon âme il y a eu le chemin, les ornières, la peur, la pluie, le soleil, les guides, les saules, la lune, la musique du ciel, le chant de la terre et l’apaisement enfin.

Réussite, famille, amour, espoir et apaisement. Un bilan qui me remplit de joie.

Et pourtant à chaque paragraphe se glisse la peur. La peur de ne pas être à la hauteur, la peur de souffrir, la peur de mal faire, la peur de ne plus aimer ni être aimée, la peur de se perdre en chemin.

La peur est le sentiment opposé à l’amour. La peur enlise. La peur empêche. La peur s’immisce et stagne dans les moindres recoins. Et s’il suffisait de ne plus lui laisser de place ?

Et si finalement il suffisait d’oser. Oser tomber. Oser souffrir. Oser mal faire. Oser aimer et être aimée. Oser se perdre. Oser la vie en somme.

« Aimer, c’est risquer le rejet. Vivre, c’est risquer de mourir. Espérer, c’est risquer le désespoir. Essayer, c’est risquer l’échec. Risquer est une nécessité. Seul celui qui ose risquer est vraiment libre » Paulo Coelho

S’aimer mieux !

Me voilà de retour en ce 1er août après un long silence, histoire de partager avec vous mon enthousiasme. Enfin commence le mois de l’année que je préfère, d’abord parce que c’est celui de mon anniversaire et qu’en tant que lionne égocentrique j’adore être à l’honneur mais surtout parce qu’il est au cœur de l’été, baigné de chaleur et de lumière, tout ce que j’aime !

Ce premier jour d’août est également dans la tradition celte et pour l’apprentie wiccane que je suis le moment de fêter Lughnasadh, la fête du pain. C’est le temps des moissons, des récoltes mais aussi le début du déclin de la puissance du soleil. C’est à la fois la joie de célébrer l’abondance mais aussi la conscience profonde de la fin d’un cycle. C’est une fête de transition et j’ai toujours ressenti le besoin en cette période de faire le bilan des quelques mois écoulés et de préparer les projets de fin d’année. Je prends d’ailleurs bien plus de résolutions à l’occasion de mon anniversaire qu’à nouvel an.

J’imagine que beaucoup d’entre nous éprouvent en ce moment la nécessité de trouver un sens à ce début d’année chaotique, à transcender toute cette peur et cette angoisse, à s’armer de courage pour les mois à venir. Personnellement je ressens le besoin de me réconcilier avec cette part de moi qui s’est retrouvée terrorisée, complètement déboussolée par cette pneumonie en pleine épidémie de COVID. Je me pensais lionne face à la maladie et je me suis découverte chaton.

Et quoi de mieux pour apprivoiser ce minou apeuré et lui donner la confiance d’une reine de la jungle qu’un petit défi quotidien pour apprendre à s’aimer mieux, comme le propose Veronique Vill, hypnothérapeute (à découvrir sur sa chaîne youtube ICI )

Je vous rassure je ne vais pas poster un article chaque jour mais plutôt lorsque le défi proposé me donnera du grain à moudre. Et c’est le cas aujourd’hui pour le début de l’aventure :

Voici donc ma petite liste non exhaustive mais qui me vient spontanément :

1. Le rire merveilleux de mes filles. Je me souviens encore du premier éclat de rire de Vie N1, tout mon univers y était soudain suspendu.

2. Ces amitiés qui durent, traversent mes silences et survivent à mes absences.

3. Ce coucher de soleil en Gresivaudan. Sans doute pas le plus beau mais pour moi le plus flamboyant.

4. Ma famille imparfaite et brinquebalante, ses morceaux arrachés et ses pièces ajoutées. Je vous aime tant !

5. Les saules qui pleurent, à l’abri desquels tout devient magie !

Très beau weekend à vous :)

La mère (confinée) parfaite est une connasse !

Je crois que je l’ai écrit dans un précédent article, je me suis enfermée chez moi à mon retour de l’hôpital, soit cinq jours avant le confinement national. J’étais complètement terrorisée à l’idée d’attraper ce putain de virus alors que je ne m’étais pas encore remise de cette putain de grippe H1N1. Persuadée que j’allais mourir avant de revoir mes enfants, je vous laisse imaginer ma joie de rentrer à la maison et de les serrer dans mes bras.

Cette pneumonie m’a vraiment foutue à plat et j’ai tousser comme une vieille clopeuse pendant un mois. Heureusement papa et maman étaient là pour assurer l’intérim et j’étais prête à leur dire de rester vivre pour toujours avec nous tellement c’était rassurant et réconfortant de les avoir à mes côtés. Mais une petite voix m’a suggérée d’attendre un peu. C’était sûrement Rubis qui se voyait déjà manger à 19h tous les soirs et devoir terminer son assiette pour le reste de sa vie. Merci Rubis et pardon maman si tu me lis ❤️

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R’garde droit devant toi !

Un tout petit message pour partager avec vous un anniversaire vraiment spécial. Il y a 25 ans aujourd’hui, suite à un grave accident de la route, je me suis réveillée dans un corps inconnu, un corps vulnérable, un corps fragile et qui l’est tellement plus encore en ce moment.

Ce corps qui est désormais le mien ne correspond pas aux normes en vigueur, comme tous ceux présents sur le site de l’exposition Elles que j’ai montée il y a quelques années. Certains sont paralysés ou le deviennent progressivement, d’autres se brisent au moindre coup, d’autres encore ont été amputés ou ont perdu un de leurs 5 sens.

Lorsque l’idée de cette exposition a germé en moi, il s’agissait d’une confrontation. Je voulais affronter mon image, comprendre ces regards posés sur moi à longueur de temps et qui me faisaient me sentir si mal. Le public est venu, a admiré la qualité de notre travail, a prononcé des phrases telles que «quel courage !», «vous êtes admirables» ou «c’est une leçon de vie». Quelques un-e-s bien sûr ont eu les mots justes.

Je ne suis pas plus courageuse que toutes les autres femmes et je ne mérite pas plus d’admiration. Je ne veux donner de leçon à personne, je vis comme chacun-e, avec les difficultés qui sont les miennes et je m’en accommode très bien.

Mais le public n’a pas tout à fait tort. Là où réside mon courage et où je suis admirable c’est lorsque chaque jour je me mesure aux obstacles d’une société non adaptée à mes particularités. Lorsque ce trottoir est trop haut, trop étroit ou que celui là y est garé et qu’il en a pour 2 minutes. Lorsque je ne peux pas me faire soigner en ville chez le praticien de mon choix et que ma seule alternative est l’hôpital. Lorsqu’aucun matériel médical n’a été pensé pour réaliser mes examens, qu’ils soient dentaires, obstétriques ou tout autre domaine. Et surtout, surtout, lorsqu’en cette période extrêmement difficile, je sais que plus qu’à l’ordinaire, les soins des plus dépendantes d’entre nous dépendront du flux des patients et de la priorité qui leur seront donnée.

Et parce qu’il faut bien qu’il y ait une justice, parce que parfois l’arroseur se fait arrosé et parce qu’il est essentiel de garder le sourire je vous partage cette anecdote qui m’est réellement arrivée, mise en image par la talentueuse Camille Ruzé. Prenez soin de vous.

Pensées de confinement

Je termine à l’instant une vidéo dans laquelle Alexandre Jollien explique qu’à travers cette épidémie la mort s’est invitée sans prévenir dans la vie de chacun-e. Plutôt habitués à la fuir, nous voilà mis face à notre propre vulnérabilité et celle de nos proches, ressentant un profond sentiment d’impuissance, exacerbé par le confinement, qui nous laisse tout le temps et l’espace d’expérimenter la peur de mourir. Face à ce danger mortel, sans moyen concret d’y échapper, tout à coup notre fragilité resurgit et rien ne nous rassure. Ce virus nous dévoile une vérité que nous avons du mal à admettre : il peut nous tuer et peu importe qui nous sommes, devant lui nous voilà tous égaux.

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Restons chez nous !

J’étais persuadée qu’une épreuve comme celle que nous traversons en ce moment éveillerait, stimulerait voire exacerberait ma créativité. Je pensais être philosophe et spirituelle. Je croyais savoir prendre les choses avec recul et sagesse. Ces dernières semaines m’ont démontrées tout le contraire et comme après un traumatisme, je me suis surprise à traverser malgré moi des phases telles que le déni, la colère ou la tristesse. J’ai été sidérée aussi. Ma peur l’a emportée sur mon éternel optimisme.

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Comme un lundi…

État des lieux

En relisant un peu mon blog histoire de me remettre à jour (par un phénomène que je n’explique pas j’oublie la plupart des textes que j’écris), j’ai pris conscience d’une chose : les seuls moments où je prenais la plume jusqu’à maintenant étaient ceux où je me sentais le plus mal, ceux durant lesquels la mélancolie m’envahissait et pouvait me noyer si je ne lâchais pas un peu de pression.

Lors de ces périodes je ne pouvais pas faire autrement que de noircir des pages et des pages de mes états d’âmes, toujours les mêmes, éternelles rengaines qui arrivaient à me fatiguer de moi-même. Je m’usais de l’intérieur à ressasser indéfiniment ce qui aurait pu ou ce qui aurait du, ce qu’il aurait fallu ou ce que j’aurais voulu si j’avais su. Bref trop de rimes en U. C’est foutu. On n’en parle plus ! Poil au c.. !

Et miracle ! En août dernier j’expliquais ici comment j’avais suturé mes plaies et surtout sublimé mes cicatrices à l’aide du Kintsugi. Trois mois plus tard, et alors que j’avais essayé auparavant toutes les manières possibles et imaginables de fermer mes blessures, je peux vous assurer que c’est la meilleure technique de tous les temps. Les fils dorés tiennent bon et diffusent une jolie lumière. Je me sens mieux à l’intérieur de moi. Je peux continuer à écrire le triste et le gris mais également le joyeux et le coloré. Je peux aussi écrire le reste. Tout le reste.

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Je suis venue vous dire …

Même si ce n’est pas vraiment ce dont je voulais vous parler, je vous confie que ce billet tombe un jour particulier puisque c’est aujourd’hui mon anniversaire. Il est 8:20, l’heure exacte où j’ai pointé le bout de mon nez il y a 41 ans. L’occasion pour moi de faire un aparté et de remercier celle qui est à l’aurore de ma vie, ma maman, et de lui souhaiter à elle aussi un beau jour de naissance.

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Je fais de vous mon Essentiel !

Contrairement à l’an passé où je voulais disparaitre, l’édition 2019 de mon birthday s’annonce sous les meilleurs auspices. Je ne pense pas avoir envie de mourrir dans les deux prochains jours et la perspective de le fêter en tête à tête avec mes lionnes me réjouit d’avance.

En réfléchissant à l’organisation de ce jour particulier, j’ai pensé durant une seconde à la publication que je pourrais mettre sur mon mur Facebook avant de me souvenir que j’ai supprimé mon compte. Comme pour la clope que j’ai parfois encore envie d’allumer après 16 ans d’abstinence, j’ai l’impression que l’habitude de publier sur les réseaux sociaux ne s’effacera pas facilement. Et bien que cela fasse bientôt deux mois que j’ai quitté Facebook et Cie, la pulsion est toujours présente, s’insinuant régulièrement dans mes pensées.

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Tu fais quoi dans la vie ?

La journée touche à sa fin et je suis épuisée. Il est 19:40 et j’aimerais que les lionnes soient déjà endormies. Je prie intérieurement pour qu’elles passent à la salle de bain sans râler, qu’elles ne se relèvent pas cinq fois chacune sous prétexte d’un pipi pressant, une soif inattendue, un dernier mot à signer ou un énième câlin. J’ai honte mais cette dernière doléance pourrait faire sauter le seul fusible encore fonctionnel de mon cerveau et la journée se terminerait dans les cris et les larmes. Ce serait une sorte d’apocalypse émotionnelle incompréhensible pour elles. Alors je continue de prier pour qu’à 20:45 le silence et l’obscurité s’abattent sur la maison. 

« Je comprends pas maman que tu sois fatiguée, c’est pas toi qui fais, tu donnes juste des ordres »

Les enfants sont formidables.

Remarquez que les adultes sont parfois exceptionnels eux aussi.

« T’es assise toute la journée tu ne dois pas être très fatiguée. T’as de la chance finalement ! » 

J’aimerais dans ces moments là pouvoir sortir une vieille fourchette bien rouillée de sous mon coussin et leur filer le tétanos par tout les orifices. Mais je ne pourrais pas attraper la fourchette ou je la ferais sûrement tomber et l’effet ne serait absolument pas le même si je devais demander à la personne de s’auto-pénétrer en prenant soin de terminer par les yeux. La vie est vraiment mal faite.

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Et la délicatesse ? … Bordel !

Dans tous les moyens de transports accessibles aux personnes à mobilité réduite existent des places dédiées, sensées être pratiques et garantissants l’accès en fauteuil. En théorie. En pratique ce n’est pas toujours si simple. Dans les tramways strasbourgeois par exemple ces emplacements sont situés dans le sens de la marche, le long d’un côté, en première et dernière rames, là où sont également autorisés les vélos. Souvent pour accéder à ces places il faut faire déplacer la moitié des passager de la rame, pousser les vélos, enlever les poussettes et les caddies, tout ça pour être dans le sens de la route (que je n’aime pas) et devoir recommencer à bouger tout le monde cinq arrêts plus loin. J’ai donc pris l’habitude de me caler en bout, tout près de la cabine, où je peux me tenir à la poignée centrale et ne faire sortir que les deux ou trois personnes derrière mois lorsque je dois reculer. Forcément en étant à cet endroit j’occasionne une gêne relative même si je prends soin de laisser un passage. Mais j’encombre tout autant en me mettant à la place qu’on me réserve vu la taille de ma charrette. Tout ça pour dire que si je n’utilise pas ces emplacements spécifiques ce n’est en aucun cas par esprit de rébellion ou de contradiction mais bien parce que c’est plus simple pour moi.

Image d’un tramway à Strasbourg prise sur : http://www.rcstrasbourgalsace.fr/actualites/12475
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Premier jour du printemps en Petite France !

Hier pour le premier jour du printemps je suis allé trainer mes roulettes du coté du quartier de la Petite France. Une véritable carte postale pittoresque et un incontournable de Strasbourg. L’occasion de trouver le meilleur chemin pour les futures visites où j’emmènerai mes vacanciers et pour découvrir le « Rinquinquin », délicieux apéritif originaire de Provence servi sur la terrasse de « La Corde à linge » (oui il était 15h, et alors ?).

Évidemment le quartier est difficile en fauteuil roulant à cause des pavés mais ils ne sont pas omniprésents. C’est supportable, surtout maintenant que je sais quelles rues ne pas emprunter. Nul doute que j’y retournerai pour dénicher les meilleurs endroits à visiter.

Au fil de mes saisons

Mes nuits sont transparentes. Je laisse l’obscurité dévorer mon sommeil au profit d’un élan créatif qui m’avait profondément manqué. Pour preuve ces derniers mois sans un mot jeté ici. Je n’ai pas lutté. Je n’ai pas écrit pour ne rien dire. J’ai patienté. En apnée.

L’automne a été si long. Laborieux même. Il m’a fallu souvent du courage pour affronter mes interminables journées. J’ai encore voulu mourir une ou deux fois. Et j’ai traîné ma misère le reste du temps, minée par ces nuits qui tombaient trop tôt. Je voudrais tellement n’être pas sensible aux saisons. Mais souvent cette période m’entraîne dans la mélancolie et me fait perdre l’envie de tout.

Le début de l’hiver n’a pas été plus agréable. Je n’ai pris aucun plaisir aux fêtes de fin d’année sinon celui de voir mes filles heureuses. Pas de sapin. Pas de décorations. J’ai passé mon tour. J’ai râlé et pleuré sur mon premier réveillon de noël en solitaire. Et je ne vous parle même pas du nouvel an. Ce fut le plus bâclé de tout les temps. Je m’étais pourtant promis de faire mieux qu’au précédent.  Sans succès.

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Mon Journal de Gratitude #15 : celle qui aimait Strasbourg

Et bien ! Presque six mois sans rien écrire, du moins sur le blog. Six longs mois durant lesquels j’ai pensé souvent à venir poser ici quelques mots et quelques maux aussi, vider mon sac parfois trop lourd à porter. Pourtant je n’en ai rien fait. Difficile alors de reprendre le fil de l’écriture. Je me suis dit qu’un Journal de Gratitude serait un bon moyen de retrouver le chemin. Et des raisons d’être reconnaissante j’en ai quelques unes!

Cela commence par Strasbourg. La magnifique Strasbourg. Je ne pensais pas tomber amoureuse de cette ville. Aucune autre n’a eu sur moi cet impact. Ni Grenoble où j’ai vécu plusieurs années, ni Paris que j’ai eu l’occasion de visiter à maintes reprises, ni les quelques autres où j’ai séjourné ou que j’ai pu traverser. Même pas Miami, c’est dire quel sentiment j’éprouve pour cet endroit. Je n’en sais pour l’instant que les incontournables déjà visiter et les quelques rues parcourues, il me tarde de la découvrir davantage et de vous en faire profiter.

Une autre raison d’éprouver de la gratitude, et qui est directement liée à Strasbourg, est d’avoir retrouvé une certaine autonomie. Ces presque vingt-quatre dernières années j’ai vécu en totale dépendances dans mes déplacements. Sans permis, en pleine campagne, j’étais tributaire d’abord de mes parents, puis d’Ex-Chéri-Coco, puis de mes accompagnantes pour la moindre sortie : courses, médecin, ciné, école, musique, sport, invitations, … tout devait être planifié. Depuis 6 mois je (re)découvre la liberté d’aller et venir. J’en ai eu les larmes aux yeux lorsque pour la première fois j’ai emmené les Lionnes seule chez le médecin. Ce qui vous parait tellement normal relevait de l’Everest pour moi. Aujourd’hui c’est simple comme un aller-retour en tramway. Et je ne cesse de me sentir pleine de reconnaissance d’avoir pu venir m’installer ici, envers moi-même qui ai eu le courage de tout quitter, et envers celui qui reste présent et soutenant malgré nos différends.

Vous l’aurez compris mon déménagement, bien qu’il me fasse me sentir parfois seule loin de ma famille et des mes ami-e-s, est sans doute le meilleur choix que j’ai pu faire ces quatre dernières années. Je suis allé au cinéma bien plus souvent en six mois que durant ma vie toute entière où j’ai vu entre autre :

L’improvisation et la spontanéité ont pris une place dans mon quotidien, donnant à mes journées de nouvelles couleurs. J’ose espérer que mon état de santé plutôt précaire ces derniers temps va s’améliorer et que l’arrivée de mon nouveau fauteuil va me permettre de sortir, rencontrer, découvrir, sentir et ressentir toujours plus l’énergie de cette ville et de ses habitant-e-s. Sur cette note optimiste je vous dresse une liste absolument non exhaustive de mes derniers kifs :

  • Participer à un atelier d’écriture qui fait du bien.
  • Savoir prendre les choses qui me touchent avec de plus en plus de sérénité.
  • Oser les rencontres, telles qu’elles soient.
  • Déserter les réseaux sociaux avec de plus en plus de facilité et de plaisir.
  • Réussir (presque) à dire non et en tout cas ne plus toujours dire oui.
  • Être une femme fabuleuse et une maman qui déchire, n’en déplaise aux mauvaises langues !

Belle fin de weekend à toutes et tous <3

4%

Quel titre énigmatique que ce 4% balancé là, sans préambule, sans explication, sans rapport avec rien. Que peut bien cacher ce petit chiffre, insignifiant face au tout-puissant 100%, ridicule à côté d’un imposant 80% et un peu couillon à l’ombre d’un 50, 30 ou même 10%, qui sauve l’honneur en arborant fièrement son gros zéro.

C’est rien 4%. Qui voudrait de 4% d’un gâteau ? D’ailleurs ça représente quoi 4% d’un gâteau ? Une cuillère ? Deux bouchées ? Des miettes ? Ça te mets à peine l’eau à la bouche que déjà il n’y a plus rien à becqueter. C’est limite cruel … tiens goûtes mon petit …. c’est bon hein … et bien savoures car t’en auras pas plus, c’est comme ça, c’est 4%. Perso je préfère ne rien avoir que de me contenter de quatre pauvres centièmes de gâteau quand celui d’en face s’engouffre le reste.

Et pourtant 4% c’est ce que le gouvernement nous propose pour nous loger, nous, les petites personnes à mobilité réduite. Car on doit être toutes petites, toutes minuscules, pour qu’on ne nous octroie la possibilité de louer que 4 % des logements neufs.  C’est en tout cas ce que stipule la loi ELAN (Évolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique) à travers son article 18.

Euh non Amélie tu te trompes c’est 10% qui est proposé ! Et même 20% suite à la décision de la commission mixte paritaire des députés et des sénateurs réunie il y a quelques jours.

Oui c’est vrai. Sauf que : aujourd’hui les seuls immeubles vraiment accessibles sont ceux de quatre étages ou plus. On les appelle les R+4. Eux seuls ont l’obligation d’être équipés d’un ascenseur. Jusqu’à trois étages tu peux te brosser Martine, t’auras juste le rez-de-chaussée et pas forcément de logements adaptés à ce niveau là. Honnêtement quelle personne valide accepterait qu’on lui fasse visiter un immeuble, avec un putain d’appartement terrasse au troisième étage et qu’on lui réponde quand elle se dit intéressée : ah oui … mais non … celui là vous ne pouvez pas le louer, pour vous ce sera celui en Rez-de-jardin, au bord du parking et à côté du local à vélo. C’est comme ça … Personne n’accepterait un truc pareil. Mais quand tu n’as pas le choix …

Donc je ne prends en compte dans mon calcul que les R+4 qui représentent aujourd’hui 40% des constructions neuves. La loi n’est pas encore passée que déjà je dois me contenter de 4 appartements sur 10. Et si je poursuis ma logique j’applique les 10% d’origine de ce fameux article 18 aux 40% de R+4 et j’arrive à ce joli 4%. Aller je vous l’accorde 8% grâce à notre commission mixte paritaire citée plus haut. Ça me donne envie de chialer. Ou plutôt d’aller exploser les jambes à coups de cale-pieds à celui qui a pondu cette loi pour qu’il révise ses chiffres. Oui je sais je veux souvent éclater des gens avec mes cale-pieds ces derniers temps, je me demande si je n’ai pas un p’tit côté serial killer …

Mais revenons-en à nos pourcentages. Nous sommes donc réduits à ne pouvoir louer en l’état que 8% de logements neufs. Je précise « en l’état » car dans sa grande bonté le législateur a mentionné que le reste des logements devraient être évolutifs. Ça veut dire quoi ? Et bien pour faire simple il n’y aura qu’une cloison à abattre, un mur à modifier ou une bricole à changer pour rendre l’appartement accessible. C’est bien joli mais objectivement, quel bailleur, qu’il soit privé ou social, louera à une personne handicapée sachant qu’il devra faire des travaux, même minimes ? Surtout si ces derniers sont pris en charge dans le cadre de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH) dont les demandes ont un délai d’instruction supérieur à 6 mois. En tant que personne directement concernée j’ai un peu l’impression qu’on se fout de ma gueule.

C’est pourquoi aujourd’hui je vais enfiler ma cape de militante et que je manifesterai ma colère et ma déception, avec plusieurs autres personnes d’APF France Handicap, devant la préfecture du Doubs. Je vous invite à nous y rejoindre car l’accessibilité n’est pas qu’affaire de handicap. Elle s’adresse également aux personnes âgées, aux utilisateurs de vélos, trottinettes et autres engins à roulettes, aux mamans et leurs poussettes ainsi qu’à toutes celles et ceux qui se sentent concernés par le sort de leurs concitoyen-ne-s :)

Mon Journal de Gratitudes #14 : celle qui ne respectait jamais les règles

J’ai encore loupé mon Journal pour dire Merci de dimanche passé. Du coup je culpabilise. Car bien que cette cadence ne me soit imposée que par moi-même, que personne n’attend impatiemment et en trépignant la fin de semaine pour lire mes bêtises, j’arrive à m’en vouloir de ne pas respecter le rythme. Faut être sacrément atteinte pour se fixer des règles quand on n’arrive déjà pas à suivre celles que la vie de tous les jours nous inflige. J’ai donc décidé d’un commun accord avec moi-même de publier mes petites et grandes gratitudes quand j’en aurai envie. Me voilà toute légère de ne plus avoir ce timing à respecter.

Cette dernière semaine a été riche de bonnes nouvelles, de rencontres sympathiques, de découvertes et de retrouvailles. Pour cette fois je ne vais pas tout énumérer, simplement partager avec vous quelques photos qui résumeront mieux que mes mots les émotions des jours passés. Je vous souhaite un merveilleux milieu de semaine <3

 

Mon Journal de Gratitude #13 : celle qui avait des bouffées de bonheur

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C’est hallucinant comme tout est mouvement, tout est changement. Il y a 3 semaines je voulais mourir et je me surprends aujourd’hui à respirer la joie de vivre. Je profite à fond de ces moments et je m’empiffre de bonheur. Sans vergogne. Sans regrets. Et même avec un brin de fierté. Ne dit-on pas qu’on récolte ce qu’on sème ? La moisson de ces derniers jours me laisse supposer que j’ai choisi les bonnes graines, le terrain adéquat, et que j’ai eu raison d’y mettre autant de force, de persévérance et de coeur. Bordel que c’est bon !

Pourquoi tant de bonheur tout à coup ? Il ne s’agit pas seulement de mon déménagement même si la liberté que me procure la vie citadine est un facteur améliorant. Je crois que c’est plutôt un déclic, quelque chose qui s’est décoincé, un verrou qui a sauté. Le fait d’avoir 40 ans ? Peut-être … Cela m’autorise sans doute à m’affranchir d’une certaine culpabilité dont je suis la seule responsable, que je m’inflige depuis trop longtemps. Je me sens plus légère, capable d’assumer mes choix, capable de vivre, d’aimer, de détester, de pardonner, d’éduquer, de m’exprimer, d’être tout simplement, comme je l’entends, comme je le peux aussi, sans m’écrouler sous le poids de ce qui se fait ou ce qui se dit. Bordel que c’est dur !

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J’ai aussi rejoint il y a quelque temps un groupe Facebook relatif aux « 3 kifs par jour » dont je vous ai déjà parlé. Une communauté de 2400 personnes, essentiellement des femmes, qui souhaitait relever le défi de trouver de quoi kiffer durant 7 petits jours malgré les merdes qui jonchent le trottoir de nos existences. Ça nous a tellement plu que nous avons demandé à ce que le groupe perdure et depuis plusieurs mois nous kiffons à l’unisson, nous soutenant et nous encourageant quotidiennement. Cet espace emprunt de gratitude et de sollicitude est une vraie source d’inspiration, même s’il est virtuel, même si ça compte « pour du beurre ». Et je crois qu’il fait partie de cette prise de conscience. Car comme nous aimons nous le répéter, nous sommes fabuleuses. Fabuleusement unique. Fabuleusement spéciales. Fabuleusement humaine. Bordel que c’est chouette.

Voilà donc un constat fort à propos puisque nous sommes dimanche et qu’est ce qu’on fait le dimanche ? On dit merci ! Et on fait sa petite liste de ce pourquoi on est reconnaissante cette semaine :

  • Oser poster un billet bisounours-licorne-paillettes et en être fière !
  • Voir la pile de cartons du déménagement se réduire.
  • Terminer (presque) dans les temps des documents importants pour son association.
  • Se faire draguer par un papa-barbu-basketteur transpirant mais trop craquant.
  • Organiser son prochain weekend pour rentrer au bercail et retrouver sa famille.
  • Réussir à garder et tisser les liens malgré la distance.
  • Ne plus ruminer ou ressasser.
  • Aimer et respirer mes Vies à en déborder.
  • Finir ce jour parfait comme il a commencer.

Mon Journal de Gratitude #12 : celle qui déménageait en Alsace !

C’est incroyable comme le temps passe vite (et c’est incroyable comme cette phrase est un pur cliché), cela fait déjà deux longs mois que je n’ai pas exprimé ma reconnaissance ici. Je vous le disais hier, je n’ai pas touché terre depuis le début des vacances, tant mon déménagement a occupé tout mon temps et mon esprit.

Dans mon dernier journal je vous parlais de deux appartements potentiels, l’un moderne dans un quartier en plein essor, l’autre ancien à quelques mètres de la cathédrale. J’avais une préférence pour le second car j’adore les hauts plafonds et les parquets qui grincent. Mais les immeubles abritants les logements de ce style sont très rarement accessibles : marches à l’entrée, ascenseurs minuscules, portes trop étroites. C’est donc le premier que j’ai fini par louer à contre-coeur, terriblement déçue et dubitative quant à la possibilité de m’y plaire.

Un mois plus tard je suis ravie que les choses se soient passées ainsi. Si mon appartement n’est pas idéal, il a le mérite d’être fonctionnel, lumineux et très très bien placé. Je m’y sens bien et malgré le bordel qui y règne encore, j’aime rentrer chez moi après une journée à l’extérieur. C’est bon signe !
Mais je vous parlerai plus longuement de mon nouveau chez moi bientôt, c’est l’heure cette fois de dire merci …

En ce dernier jour de vacances voici pourquoi j’éprouve de la gratitude :

– la présence de mes proches tout au long de cet été, sans lesquels ce changement de cap n’aurait pas été possible. Je vous aime #family #friends.

– l’investissement de mes précieuses auxiliaires de vie, là bas comme ici, au delà de la fiche de paye et du contrat qui nous lie les unes aux autres.

– la communauté des Kiffeuses qui apporte des arc-en-ciels et des paillettes jour après jour.

– tous les messages d’encouragement et de soutien reçus depuis mon déménagement, c’est bon de se sentir aimée.

– and last but not least, le seul, le vrai, ex-chéri-coco qui malgré tous les problèmes que cela engendre, les coups de blues et les coups de gueule, a répondu présent ce dernier mois pour me permettre de me sentir le mieux possible.

Merci à vous d’être là <3

Instant présent

Voilà un long moment que je n’écris pas. Même le rendez-vous dominical de mon Journal de Gratitude est passé à la trappe ces dernières semaines. Ce n’est pourtant pas l’envie qui me manque, ni les sujets à aborder qui font défaut. C’est simplement que mon déménagement m’a pris énormément de temps et je cours partout. Si, si je vous promets, je n’ai jamais autant eu l’impression de courir. Ça fait maintenant 1 mois que je suis arrivée et j’ai encore un peu le tournis. J’aime le changement et j’aime ma routine. Je vous laisse imaginer le bordel !

Il faut bien l’avouer : préparer seule un déménagement avec un cerveau capricieux et un handicap physique comme le mien, ça relève du défi. Cela demande une certaine organisation, une certaine maitrise, que je n’ai pas (encore) (suffisamment) acquises.  Je pense d’ailleurs que ce ne sera jamais le cas. Je stresse depuis des mois, j’ai peur de ne pas y arriver, j’ai l’impression d’avoir emmerdé le monde avec mes cartons et mes milles inquiétudes.

Pourtant je me répète tout le temps : lâche prise Amélie ! Et j’essaie de toutes mes forces. Mais bordel elle est où cette prise qu’il faut lâcher ? Arrêtez de faire de la rétention d’information et crachez le morceau qu’on en finisse !

Car après des mois à tenter de trouver ce fameux lâcher prise qu’on nous rabâche à longueur d’articles, de bouquins et d’émissions, j’en arrive à la conclusion que c’est impossible. En tout cas pas comme on aimerait nous le faire croire. Lâcher prise ce n’est pas être heureux tout le temps et ne plus être touché par rien. Bien au contraire. Ce n’est pas non plus devenir égocentrique et ne plus penser qu’à soi. Bien au contraire. Tout lâcher, être libre, et frôler le bonheur, je crois que c’est accepter que justement c’est impossible. Je n’utiliserai plus cette expression. Je ne lâche pas prise, j’accepte ce qui est. Et je crois que c’est extrêmement difficile, à moins de n’avoir que ça à faire, d’être un moine ou un ascète.

Et finalement je me rends compte que ce n’est pas ce que je veux. En vrai je veux continuer de ressentir le bon comme le mauvais. Je veux continuer de vivre des expériences heureuses comme malheureuses. La différence aujourd’hui c’est la façon dont j’appréhende toutes ces situations. Pour moi le bonheur commence le jour où tu acceptes que tu ne maitrises rien, que tu n’as le pouvoir sur personne et que chacun est différent au sein de notre fabuleuse humanité. Et c’est vachement chouette une fois que tu as tilté, ça t’ouvre des perspectives insoupçonnées. Ce qui résume le mieux à mon sens cet état d’esprit est la prière des alcooliques anonymes : « Donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux changer et la sagesse d’en voir la différence. »

Accepter les choses qu’on ne peut changer c’est admettre ses erreurs et le mal qu’on a pu faire. C’est reconnaître l’autre dans sa différence. C’est cesser de vouloir modeler les gens, les événements, selon nos besoins, nos envies, notre façon de voir le monde. C’est arrêter de ressasser le passé et ne plus être dans le contrôle. Je vous l’accorde ce n’est pas simple. Mais le fait de décider de s’y mettre est déjà une libération.

J’en entends au fond qui chuchotent que ce que je décris est un monde de bisounours. Tellement pas. Être un bisounours c’est dire amen à tout, ne pas avoir d’opinion, ne pas faire de choix, ne pas s’indigner. Accepter ce qui est c’est tout le contraire et si on à la sagesse de différencier ce qui peut être amélioré de ce qui est hors de notre contrôle, alors la voie du bonheur s’ouvre à nous.

C’est sur cette touche positive que je termine ce court article. Je vous souhaite un merveilleux dernier weekend de vacances scolaires. Pour nous en ce moment c’est découverte de Strasbourg :)

Happy Birthday

Ce mois-ci j’ai eu 40 ans. Une sacrée étape. Je le vis plutôt bien, le plus gros de la crise est passée, je sais ce que je veux et surtout ce que je ne veux plus. Et le jour de mon anniversaire je voulais une seule chose : disparaître. Il m’a fallu toutes ces années pour que l’idée de me foutre en l’air me traverse l’esprit. C’est tellement pas moi, tellement à l’opposé de ma philosophie de vie, que sur le coup je me suis demandé si je ne devenais pas schizophrène. En fait non, cette pensée m’a poursuivie un peu, et j’ai l’impression qu’elle sera toujours là maintenant, dans un p’tit coin.

Petit aparté pour celles et ceux qui me connaissent, famille ou ami-e-s : ne continuez pas à lire ce billet. Il va être moche, vulgaire, triste, et tout un tas d’autres trucs qui risquent de changer profondément l’image que vous avez de moi. Si vous tenez à continuer quand même, faites comme si vous ne l’aviez pas lu, ça nous épargnera un moment de gêne insupportable lors de notre prochaine rencontre. Merci

Qu’est ce que je disais déjà ? Ah oui, que pour la première fois de ma vie j’ai eu envie de mourir. Il faisait beau, on était au parc avec les filles et ex-chéri-coco (que je vais bientôt rebaptiser tiens, j’aime plus ce surnom), et une toute petite phrase, quelques mots, m’ont projetée 6 pieds sous terre. J’aurais voulu crever sur place, m’évanouir dans un nuage de poussière, ne plus exister.

Continuer à lire … « Happy Birthday »

Un cahier et un crayon

Depuis quelques jours j’ai très envie d’écrire. J’ai commencé plusieurs articles sans jamais arriver au bout de l’un d’entre eux. Il y a quelque chose qui veut sortir et je n’arrive pas à mettre de mots dessus. C’est agaçant car ça crée une sensation désagréable au creux du ventre, juste au niveau du diaphragme, qui m’oblige à soupirer souvent, à respirer profondément pour évacuer cette tension. En désespoir de cause, je me suis dit que j’allais écrire pour ne rien dire, je verrai bien ce qui en découle.

J’aurais aimer me servir d’un vrai cahier, d’un vrai crayon. L’écriture manuscrite me manque terriblement. Noircir des pages. Tenir un journal. Avoir un agenda. Laisser des petits mots ici et là à mes amours. Je peux écrire un tout petit peu. Signer par exemple. Avec un appareillage j’y arrive un peu plus longtemps. Mais ça manque cruellement de spontanéité. Je dois demander qu’on m’installe mon atèle, qu’on me donne le cahier. Si j’ai besoin de prendre rapidement des notes je préfère utiliser mon téléphone. Et je suis pleine de gratitude de pouvoir m’en servir seule. L’arrivée du smartphone a changé ma vie. C’est l’unique endroit qui m’appartient. L’intérieur de mon IPhone. Autant vous dire que je le kiffe grave et que sur ce coup là je m’assois sur mes principes de consommer local et dans le respect du travail d’autrui. J’ai essayé d’autres modèles, français ou étrangers, aucun tactile n’arrive à la hauteur du mien. Si un jour c’est le cas je réviserai ma position. En attendant je continue de croquer la pomme.

Mais revenons-en à nos moutons. La vilaine sensation est toujours là, mon plexus solaire est tout penaud et je vais finir par boire un rosé si ça ne passe pas. Je préfèrerais néanmoins trouver ce qui coince plutôt que de me saouler. Tiens j’ai parlé plus haut du manque de spontanéité dans l’écriture, je crois que je peux appliquer cette réflexion à toute ma vie. Mon quotidien est réglé comme du papier à musique. Pas de place pour l’imprévu. Et c’est vraiment paradoxal de vouloir lâcher prise, de travailler à vivre l’instant présent, quand ton existence toute entière est organisée des semaines à l’avance. Je crois que c’est une réalité qui me pèse de plus en plus. Lorsque j’étais avec Ex-Chéri-Coco je ne le ressentais pas autant. Nos vivions presque normalement et si mon handicap nous imposait bien-sûr des contraintes, nous pouvions partir n’importe où et n’importe quand, il était là et assurait le job. Ce qui à long terme a sûrement foutu la merde mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui. Enfin je crois pas … Toujours est-il qu’avoir vécu ces moments de liberté à ses côtés rend encore plus difficile mon quotidien d’aujourd’hui. Une grande partie de mon temps est consacré à l’organisation du planning de mes accompagnantes. Et une grande partie de mon stress est dû également à ça. Je note, je planifie, je réfléchis à qui doit être là pour la sortie de l’école, le cours de trompette, récupérer les courses, me lever le matin et me coucher le soir, préparer le repas, changer les draps, prendre le courrier, m’emmener à Besançon, ne pas oublier la pharmacie, laisser des clefs pour celle du soir, faire le plein de la voiture, mince il n’y a plus de sel pour l’adoucisseur ni de croquettes pour les chiens, et voilà que j’ai envie de pisser … cette liste est bien entendu très loin d’être exhaustive. Vous me direz c’est le lot de tout le monde Et c’est vrai. Sauf que tout ça moi je le délègue. Je dois penser à faire faire. Et si à 18h je me rends compte que je n’ai plus de cachetons, je ne saute pas dans ma voiture pour filer à la pharmacie. Je panique. J’ameute mes cinq accompagnantes. Je prie pour qu’une d’elles soit disponible. Et souvent ça se termine bien. Mais c’est une discipline qui me pèse de plus en plus, surtout que je n’ai pas été livrée de série avec les fonctions planning et calendrier. Je suis bordélique et éparpillée. Et la cyclothymie n’arrange rien avec ses phases hautes où rien n’est grave et ses phases basses où tout est insurmontable.

En partant de ce constat je suis certaine que vivre en ville va me changer la vie. La pharmacie ? Elle est à 200 mètres. Le cours de trompette ? C’est à trois arrêts de bus. Aller à mes activités associatives ? Le tramway m’y emmène en 20 minutes. Nous ferons nos courses toutes les trois au magasin bio du coin et au marché hebdomadaire. À pieds. Terminer la voiture, monter, descendre, harnacher le fauteuil à douze reprises, trouver une place adéquate. Et ce dont je rêve depuis tellement longtemps, lire un bouquin en terrasse d’un café, seule. SEULE. Je rêve de solitude. J’ai conscience que certains en crèvent, d’être seuls. Moi je crève de dépendre des autres et de n’avoir pour seule intimité que la mémoire de mon téléphone. Bien sûr que j’ai des moments où personne n’est présent. Mais c’est chez moi, dans ma maison, toujours. Je n’ose pas partir en balade au risque d’avoir un souci et de me retrouver coincée en pleine campagne. Je ne conduis pas. Alors j’écris pour m’évader. Je suis reconnaissante d’avoir cette possibilité.

Personne ne peut imaginer ce qu’est une vie de dépendance. Certain-e-s ont vécu cette situation de manière temporaire et ont goûté à cet état si particulier. Savoir que c’est pour la vie change la donne. Surtout quand on a, comme moi, un caractère très indépendant. Ma liberté d’agir me manque. Je crois qu’on ne peut jamais totalement accepter un handicap. Ce serait se résigner. Mais on peut faire avec, s’en accommoder, y trouver son compte et parfois le transcender. Ça je sais faire. Et c’est une raison de plus de se réjouir.

Toutefois ne vous méprenez pas. Ma dépendance ne m’empêche pas d’être autonome. Je pense même que ces trois dernières années, ce sentiment d’être prisonnière de mon corps et de dépendre des autres n’a fait qu’accroître ma soif d’autonomie, de devenir l’unique actrice de ma destinée, de m’affranchir du regard des autres et de ce qu’ils peuvent penser. C’est d’autant plus vrai depuis le début de l’année. Nous traversons tous des périodes plus compliquées que d’autres et depuis ma séparation j’ai vécu des ‘trucs de dingues’, j’ai pris l’ascenseur émotionnel à maintes reprises, passant de l’appartement terrasse au sous-sol en quelques secondes parfois. Mais je crois fermement que rien n’arrive par hasard et que même si nous restons libres dans nos choix, ce qui se passe dans nos vies, les personnes que nous rencontrons, sont autant d’expériences nécessaires qui nous permettent d’avancer et de grandir. Jusqu’à récemment j’avais la sale habitude de me poser en victime. Je me trouvais toujours des circonstances atténuantes. Aujourd’hui je prends plaisir à assumer mes erreurs car elles font partie de moi, de mon histoire, et j’aime la tournure que prennent les choses. Le chemin que j’ai emprunté, celui bordé de saules et de jolies fleurs dont je vous ai parlé ici, continue de m’interroger et de m’émerveiller. Il me reste quand même du boulot et une des premières tâches à accomplir est de me pardonner. Me pardonner d’être monter dans cette voiture il y a 23 ans, de m’être fait du mal et d’avoir mis autant de temps à me rendre compte que ça me bouffe de l’intérieur. Alors je pourrai regarder l’adolescente insouciante que j’étais avec bienveillance et ne plus lui en vouloir de nous avoir gâchées. Parce que ce n’est pas dommage ce qui nous est arrivé. C’est simplement la vie.

Voilà la magie de l’écriture. Je n’avais aucune idée de ce que j’allais raconter aujourd’hui et je termine par cette confession que j’hésite à publier. Je respire mieux. J’ai un nouvel objectif sur ma liste que j’espère pouvoir rayer bientôt. Je n’ai finalement plus qu’une chose à dire : MERCI 🙏

Mon Journal de Gratitude #11 : celle qui recevait des bonnes nouvelles !

Les fans de la série Friends reconnaitront le petit clin d’oeil dans le titre de ce onzième Journal de Gratitude. J’avais envie de varier un peu après les dix premiers épisodes de la saga, de donner un indice sur l’état d’esprit de la semaine écoulée. Et là tout est dans le titre, j’ai reçu des bonnes nouvelles. En réalité j’ai eu LA bonne nouvelle, celle que j’attendais depuis près de deux mois et qui va permettre de lancer la suite de l’aventure : ma maison est vendue. Mon agent immobilier me dirait : « Amélie attends les 10 jours de rétractation avant de lancer le reste ! ». Mais moi je ne sais pas attendre. Mon compromis a une condition suspensive qui va se réaliser mardi et qui sera définitivement sûre 10 jours plus tard. Le 7 juillet ce sera bouclé et je pourrai vendre pour de vrai fin août. OUF !

L’autre bonne nouvelle c’est la visite la semaine prochaine de deux appartements qui semblent correspondre à ma recherche. Ils sont totalement différents, l’un dans un immeuble hyper moderne et bio climatique à deux pas des centres commerciaux, l’autre dans un bâtiment ancien donnant sur une place jolie et animée aux abords du centre-ville. J’ai une nette préférence pour le second, ses parquets anciens et ses hauts plafonds. Mais je n’ai pas le luxe de faire la fine bouche tant les appartements accessibles (et je ne parlent même pas adaptés) sont rares à la location, surtout aussi grands et dans ce secteur de Strasbourg. J’ose espérer qu’un de ces deux là fera l’affaire, que je puisse me projeter et organiser notre départ.  Dans l’idéal j’aimerais que nous déménagions début août, pouvoir profiter de la fin des vacances pour partir à la découverte de notre nouveau chez nous. C’est que c’est toute une histoire les lionnes à la ville …

Cette semaine m’a apporté bien d’autres raisons d’éprouver de la gratitude et voici la liste des événements pour lesquels je suis reconnaissante :

– les douze ans de Vie N°1 qui grandit si vite, au sens littéral comme au figuré. Du haut de ses 1,70m elle n’a de cesse de m’épater par sa vivacité d’esprit, sa curiosité, sa tranquillité et sa douceur. J’observe avec tendresse l’enfant qui lutte encore face à l’adolescente qui tente de s’imposer. Je ne savais pas avant elle qu’on pouvait autant aimer et que cet amour serait inconditionnel. Je ne savais pas non plus que le coeur d’une mère était si grand qu’une deuxième Vie pouvait y puiser tout l’amour nécessaire. En vérité je ne savais rien de la vie avant de mettre au monde ces deux Vies. Et c’est ma plus grande source de gratitude.

– la journée au grand air avec petit frère et petite soeur, avec ex chéri-coco, avec les amis et les amis des amis. Avec les enfants qui jouent, qui courent et qui rient. Avec l’air un peu trop frais mais on s’en fiche.

– l’après-midi écrasant de chaleur avec les quatre générations de femmes réunies. Parce que malgré nos différends il existe des liens qui ne se défont pas.

– la rencontre d’un couple épatant d’humanité et de sagesse, qui promet un beau projet dont j’aurai sans doute l’occasion de vous parler.

– et ce dimanche à quatre qu’on vit au ralenti, terminant au théâtre pour assister à la représentation de Vie N°1 et ses camarades de classe.

Je vous souhaite à toutes et tous une très belle semaine. Pour ma part je l’espère synonyme d’autres bonnes nouvelles. Rendez-vous dimanche prochain ;)

Mon Journal de Gratitude #10

Nous sommes déjà le dernier jour de la semaine et que se passe t-il le dimanche ? Le dimanche on dit merci ! Et cette fois j’ai beaucoup de raisons d’être reconnaissante, c’est donc plus simple d’écrire …

Tout d’abord une semaine associative intéressante avec une rencontre constructive sur le TPMR du Pays de Montbéliard Agglomération (PMA). TPMR ? Transport pour Personne à Mobilité Réduite même si en réalité il s’adresse aussi à des personnes ayant d’autres types de handicap, notamment visuel. Parce que souvent les transports en commun des villes ne sont pas totalement accessibles (ils devraient l’être bientôt) ou que certaines personnes ont des handicaps trop importants pour pouvoir les prendre. Il est donc indispensable de proposer un transport de substitution pour que nous soyons mobiles malgré nos difficulté. Malheureusement ces transports ne sont pas suffisants comparés aux nombres de demandes et la qualité du service n’est pas toujours au rendez-vous. Mais vous me connaissez je suis une éternelle optimiste et c’est dans le but d’améliorer les choses que mes collègues d’APF France Handicap et moi sommes allé les rencontrer. La communication et l’échange de nos attentes respectives ont permis d’amorcer une belle collaboration. Je ne serai pas présente pour suivre l’évolution de ce travaille mais je souhaite de tout coeur que voyager dans PMA devienne plus facile dans les mois à venir.

Ensuite c’est à l’IRTS (Institut Régional du Travail Social) de Besançon que j’ai pu prendre connaissance de l’élaboration d’une formation sur la désinstitutionnalisation. C’est un sujet très complexe qui interroge et qui divise le secteur du médico-social mais également le milieu militant et associatif du handicap, quel que soit sa nature. Cela mériterait un billet entier que je rédigerai peut-être un jour mais c’est en tout cas extrêmement intéressant d’y travailler. J’ai eu l’occasion de collaborer à plusieurs reprises avec l’IRTS, sur l’intimité, la sexualité, la loi de 2005, la désinstitutionnalisation, le droit des femmes handicapées, … et ça a toujours été un grand plaisir. J’y suis tellement intervenue qu’ils ont rendu l’estrade de l’amphithéâtre accessible pour que j’évite de trimballer ma rampe. J’ai même pensé y reprendre des cours et je continuerai de participer aux journées d’études et à la semaine « handicap et avancée en âge » malgré les kilomètres. Quand on aime on ne compte pas. Et puis ça me permettra de faire des coucous à mes ami.e.s bisontin.e.s.

Deux journées de la semaine déjà bien remplies, j’ai consacré le reste à mettre mes idées au clair et à soigner mon bidon qui fait toujours des siennes. Cette histoire avec mon ventre c’est un peu le serpent qui se mord la queue. Si je suis dérangée, je stresse. Si je stresse, je suis dérangée. Je ne vais quand même pas me coller sous anxiolytiques pour régler ce problème ! J’ai donc décider de lister les sources d’angoisses et de les éliminer si possible. La première était ma participation au congrès d’APF France Handicap qui se passe à Montpellier et qui dure trois jours. J’étais ravie d’y aller et de vivre ce moment avec plusieurs centaines de personnes. Mais depuis quelques temps voyager est devenu compliqué et je me retrouve perdue loin de mon confort. Et puis imaginer avoir un souci intestinal en voiture ou en pleine réunion me collait des sueurs froides. J’ai donc annuler à regret mon séjour. Et je me rends compte que je vis mieux la déception que l’anxiété. C’était finalement la bonne décision à prendre.

Je voulais écrire un article succinct, je me retrouve encore une fois à faire la pipelette. Je pourrais continuer deux heures sans être à court d’idées. Mais le temps me manque. Mes lionnes vont arrivées de chez papa des histoires plein la tête et des photos de leur petite soeur plein le téléphone. Cela faisait un mois qu’elles ne l’avaient pas vu et elle leur manquait énormément. C’est drôles comme les situations qui peuvent paraitre obscures un jour deviennent limpides le suivant. Observer mes filles, leur façon de vivre l’instant présent sans se poser de questions m’inspire au quotidien. Et c’est une intarissable source de gratitude.

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Et je ne pouvais pas terminer ce journal sans vous parler de ce premier match de l’équipe de France. J’ai longtemps critiqué l’argent, le profit, et la superficialité du monde du football. Je m’insurgeais devant ces millions de gens heureux de se réunir devant 22 gugusses en short courant après un ballon, qui mettent 70€ dans un maillot alors qu’ils ont du mal à finir leur fin de mois et incapables de descendre dans la rue pour défendre leurs droits. Je détestais ces joueurs payés bien trop cher pour simplement marquer des buts et ces propriétaires de clubs qui s’en mettent plein les poches. Je n’aime pas cette Amélie là, celle qui juge hâtivement et qui est pleine de certitudes. Si je ne cautionne pas certaines pratiques, je n’ai aujourd’hui plus rien à dire à ce sujet, et surtout si on ne me demande pas mon avis ;) Pour la première fois j’ai regardé un match en famille sans aucun à priori, simplement pour le plaisir de partager ces moments avec eux, de me moquer un peu de la ferveur des ‘footeux’, de me laisser peindre des drapeaux sur les joues et de crier victoire au coup de sifflet final.

Aller cette fois j’arrête de causer et je fais ma petite liste. Cette semaine je suis reconnaissante envers la vie pour :

– les échanges et le travail toujours passionnant dans le cadre de mes engagements associatifs.
– les journées en famille, au delà des matchs de foot, et ce qui se dit, se règle, petit à petit …
– les femmes qui m’accompagnent chaque jour et que je vais bientôt quitter le coeur lourd.
– les nouvelles rencontres et celle en particulier de Miss Mulhouse (je ne peux pas te répondre au téléphone, j’écris :p)
– le chemin que je continue d’emprunter, me délestant une à une des pierres trop lourdes à porter.
– les personnes inspirantes, les livres percutants, les médias qui interrogent et interpellent si on sait s’en servir !
– mon goût pour l’écriture qui m’aide à n’en pas douter à rester la tête toujours hors de l’eau.
– et au risque de me répéter, ces ‘je t’aime’ lancer sur la pas de la porte avant de partir pour l’école ou glisser au creux de l’oreille le soir dans un semi-sommeil.

Voilà pour ces sept derniers jours. Il me reste à souhaiter un bonne fête à tout les papas du monde, à celui de mes lionnes qui fait le job malgré tout ce qui nous sépare et au mien parce que c’est le plus beau, le plus fort et que je l’aime très fort <3

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Nous transportons le monde au fond de nous même !

Je ne crois pas avoir déjà évoqué dans mes précédents billets le projet de mon déménagement. Il trotte dans ma tête depuis très longtemps, plusieurs années à vrai dire et même bien avant mon divorce. J’ai enfin trouver le courage de le concrétiser. Le déclic a eu lieu en septembre dernier. Je travaillais sur un groupe d’accès à la culture pour APF France Handicap et en découvrant le programme de la saison culturelle sur Besançon je me suis rendue compte que je passais à côté de nombreux événements intéressants. Et non seulement moi mais mes deux lionnes également. Car pour l’instant aller au cinéma ou décider de prendre un verre en terrasse nous demande une certaine organisation qui bien souvent me décourage. Je rêve de spontanéité.

Cela n’engage que moi mais je crois qu’avec ex-chéri-Coco nous avons eu au début de notre relation et pour des raisons totalement différentes besoin de nous isoler. C’était inconscient bien entendu mais nous avons réuni les conditions nécessaires à cette solitude en duo sans nous en rendre compte. Nous avons acheté une ferme comtoise rassurante aux murs épais. À l’abri de cette vieille bâtisse nous nous sentions en sécurité. Nous avons adopté plusieurs chiens pour le bien-être desquels nous avons écourté des journées en famille ou des soirées entre amis. Nous sortions rarement. Nous recevions encore plus rarement. C’était lui et moi contre le reste du monde. Et même si je ne regrette pas cette période, même si je pense qu’elle était nécessaire, il y a un moment où c’est devenu compliqué.

La ferme rassurante et sécurisante est devenue oppressante, froide et sombre. À chaque fois que nous rentrions d’une sortie j’avais le sentiment de retourner dans une grotte. Les lionnes sont arrivées et il a fallut nous ouvrir vers l’extérieur. Nous avons alors bâti la maison dans laquelle je vis toujours, construite pour me rendre la vie facile, avec de l’espace pour nos quatre-pattes, dans un petit village éloigné des ‘grandes’ villes. Un vrai décor de carte postale, on aurait pu nous décliner en playmobils.

Neuf ans plus tard il ne reste que deux chiens miniatures, je vis seule et je ne conduis pas. Le moindre déplacement demande de l’organisation, des moyens humains et  financiers. Il est grand temps de retrouver un minimum d’autonomie et de spontanéité. Ce sont les principales raisons de notre déménagement.

Une autre raison est venue s’ajouter à la pile ces derniers temps et je la pensais vraiment très bonne. L’envie de recommencer à zéro. Qui n’a jamais eu ce désir ? Vivre dans un endroit où personne ne sait rien de ton passé.  Personne pour te parler de ‘avant’. Avant ton accident. Avant ton divorce. Avant telle ou telle connerie. J’en rêvais. Comme si changer de lieu pouvait tout effacer et remettre le compteur à zéro. Ce serait trop facile.

Là où tu vas, tu es !

Déménager, changer de nom, tout plaquer. Cela ne sert à rien. Tu restes la même personne où que tu sois.  Si tu ne décides pas de changer tu pourras courir le monde, tu vivras toujours les mêmes choses, tu réagiras toujours de la même façon et au final tu voudras partir plus loin. J’ai compris ça en lisant un tout petit conte qui en substance raconte ceci :

« Un vieux sage appuyé contre la margelle d’un puit situé à l’entrée d’une ville observait les allées et venues des passants. Dans la journée deux hommes le saluèrent et lui posèrent la même question : ‘Comment sont les gens ici ?’. Le premier était un jeune homme accompagné de son âne, venant d’un village éloigné et que le père avait envoyé faire du commerce en ville. Le second était un homme plus âgé menant une lourde carriole tiré par deux chevaux et qui souhaitait refaire sa vie. À chacun le vieil homme posa la même question en guise de réponse : ‘Comment étaient les gens chez toi ?’. Le jeune marchand expliqua que dans son joli village les habitants étaient gentils et qu’il y comptait beaucoup d’amis. Le vieux sage lui répondit alors que c’était pareil ici, qu’il allait se plaire et lui souhaita la bienvenue. Le second voyageur quant à lui, se plaignit des mauvaises personnes qui peuplaient l’endroit où il vivait, et combien elles étaient méchantes et lui voulaient du mal. Le sage lui déconseilla alors de s’installer en lui chuchotant que les gens d’ici n’étaient guère plus aimables et qu’il valait mieux qu’il aille chercher ailleurs la vie dont il rêvait. Déçu l’homme s’éloigna en grommelant. Un gamin qui avait tout entendu s’approcha du vieux sage et l’interrogea sur la raison pour laquelle il avait répondu différemment aux deux hommes. Ce dernier répondit : ‘C’est très simple mon enfant, nous transportons le monde au fond de nous-même’. 

Cette petite histoire paraît simple mais elle est pourtant riche d’enseignements et pour ma part elle m’accompagne chaque jour dans mon projet. Déménager oui mais garder à l’esprit que je reste la même, avec mes qualités et mes défauts, mes failles qui me font sans cesse répéter les mêmes erreurs et surtout que j’emporte avec moi mes presque quarante années d’aventures que je ne peux pas effacer. D’ailleurs je ne le veux pas. Et puis ce passé qu’on aimerait parfois gommer se rappelle à nous régulièrement, nous remet face à nos manquements, nous oblige à nous remettre en question. Alors autant faire avec plutôt que de lutter contre …

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Initialement mon déménagement était prévu pour Besançon car j’y ai toutes mes activités associatives et beaucoup d’ami.e.s. Puis Belfort pour des raisons grave merdiques. Puis (re) Besançon. Puis Biarritz quand j’en ai eu ras le bol de tout et de tout le monde (ça va Éric je plaisante). Puis (re)(re) Besançon. Oui je suis une girouette et je le vis très bien merci. Et finalement on va où ??? À Strasbourg !!! Ah ah vous ne l’attendiez pas celle là (et surtout pas toi Éric). Notre petit trio migre vers le nord et va s’installer à la super grande ville ! Oui ok c’est pas Paris mais quand même ! Je vais pouvoir souffler grâce à un mode de garde plus équilibré et mes lionnes vont retrouver avec bonheur leur papa et leur petite soeur. Je ne manquerai pas de vous conter mes aventures car évidemment ça s’annonce corsé, entre le manque d’accessibilité des appartements et les déboires administratifs, ça promet d’être passionnant. Parfois je me dis que ma vie serait bien monotone sans ce foutu handicap. On se console comme on peut !

Mon Journal de Gratitude #9

C’est un phénomène étrange l’écriture. Lorsque je rédige un billet, je l’oublie presque systématiquement dans les heures qui suivent. Je ne me souvenais plus par exemple que j’avais parlé des fantômes dans mon dernier Journal de Gratitude et je les ai quasiment découvert en le relisant ce matin. J’ai souvent besoin de relire mes billets pour savoir où j’en suis. Peut-être que ça n’arrive qu’à moi d’oublier ce que j’écris. Et c’est la même chose avec les films que je regarde. J’en ai vu certains à plusieurs reprises en ayant l’impression de les redécouvrir à chaque fois. Seuls les livres imprègnent ma mémoire. Sûrement parce que la lecture appelle l’imagination et oblige à ressentir bien plus intensément les histoires. Les films sont du prémâché, ils donnent des sensations bien sûr, appelle à réfléchir ou à s’indigner mais sans aucune mesure avec la lecture. Du moins de mon point de vue. Heureusement je ne perds encore pas la tête et hormis mes écrits et les films, mes souvenirs sont intacts. Des plus jolis aux plus durs. Et à la veille d’un grand changement de vie, je m’applique à en fabriquer des milliers à mes lionnes, qu’elles emportent avec elles un petit bout d’ici et de ceux qui l’habitent.

Je réfléchis donc à mon neuvième Journal de Gratitude. Je crois que c’est un record d’assiduité, moi qui ai du mal à tenir un engagement sur le long terme. C’est une première raison d’être reconnaissante, envers moi-même en toute humilité. La seconde raison est la disparition des fantômes. Ils sont repartis comme ils sont venus, emportant avec eux les angoisses, les maux du ventre et la nappe de brouillard, laissant apparaitre le ciel bleu qui est toujours là finalement même si parfois on l’oublie, comme les films qu’on regarde ou ce qu’on écrit …

En me retournant sur cette semaine écoulée je ne peux donc qu’être reconnaissante et établir la liste (toujours non exhaustive) de ce pourquoi j’éprouve de la gratitude :

– la fiesta de petite soeur-soeur qui devient grande et qui m’a permis de (re)voir pleins de gens chouettes.
– la kermesse de l’école de p’tite lionne pour les mêmes raisons.
– ce week-end entre deux maisons qui laissera de merveilleuses empreintes dans nos mémoires.
– la confiance qu’on me témoigne sur des projets plus qu’enthousiasmants.
– ces gens chouettes du monde des blogs, leurs petits coeurs et leurs commentaires.
– les interminables discussions qui vont du sens de la vie à comment utiliser la ricotta en cuisine.
– et les ‘je t’aime’ en pagaille de mes essentielles.

Ce sera bref pour cette fois, j’ai un bouquin à terminer avant le blues du dimanche soir. Très belle soirée et prenez soin de vous <3

Mon Journal de Gratitude #8

Parfois il est difficile de trouver du positif quand on se retourne sur la semaine écoulée. Il y a bien entendu une multitudes de choses pour lesquelles je serai éternellement reconnaissante, semaine après semaine : avoir des enfants en bonne santé, de quoi nous loger et nous nourrir, des gens autour de moi que j’aime et qui m’aiment aussi. Et rien que pour tout cela je devrais déborder de gratitude. Ce n’est malheureusement pas si simple. En commençant ce rituel du Journal hebdomadaire il y a 2 mois déjà, parallèlement à la méditation et à la pensée positive, je pensais tenir la solution à mes coups de blues. Ça non plus ce n’est pas si simple. Vivre dans le présent sans avoir la nostalgie du passé ou l’inquiétude du futur n’est pas toujours possible, loin s’en faut. Et cette dernière semaine les fantômes d’un temps qui n’existe plus sont revenus me hanter. J’ai beau souffler fort sur leurs draps translucides rien n’y fait. Ils s’agrippent les salauds.

Et voilà qu’aujourd’hui c’est dimanche et que j’ai ce rendez-vous avec la gratitude. Mince ça ne va pas être aussi facile que ces derniers mois où j’étais en Bisounours Time Baby. Alors j’ai pris le temps, je me suis posé au soleil et j’ai laissé les fantômes venir squatter mes accoudoirs. D’abord ils n’ont rien dit, se contentant de se balancer lentement, en rythme. Ils sont plusieurs, trop, je ne sais pas exactement combien tant ils se fondent les uns dans les autres. Ils ne me font plus peur, je les connais bien maintenant même si jamais ils n’ont été si proches. J’ai chuchoté « qu’est ce que vous faites là ? ». Ils ont sursauté. Au moins ils m’entendent. J’ai demandé « pourquoi vous revenez encore ? ». L’un deux a répondu « la porte est entrouverte ». Un autre a enchérit « tu nous a appelé ». Bien sûr que non. Je n’ai appelé personne. Un troisième a continué « pas avec des mots ». Alors comment ? « Les murmures de l’intérieur ». Purée ces salopards peuvent lire dans ma tête, dans mon coeur et peut-être même dans mon ventre qui déconne. Ils savent. J’ai tenté de comprendre comment me débarrasser d’eux mais aucun n’a voulu m’expliquer. J’ai allumé mon fauteuil et j’ai roulé vite pour les faire tomber. C’est inutile. Ils sont toujours là. Ils ne partiront pas. L’un deux a même posé sa tête sur mon épaule. Fichtre !

Je comprends que je ne peux rien y faire aujourd’hui et peut-être que demain non plus. Je comprends qu’être reconnaissante ce ne doit pas toujours être pour des choses positives mais aussi pour des moments plus obscures où il faut accepter de côtoyer les fantômes. Si j’ai de la gratitude aujourd’hui c’est envers ce nouveau moi qui ose discuter avec ses démons. Souffler fort ne sert à rien. Rouler vite ne sert à rien. Ils seront là demain. Et le jour d’après. Et le suivant sans doute. Ils seront là toujours parce que j’aime ce qu’ils représentent.

Mais rassurez-vous je vais bien. Vraiment. Et écrire comme d’habitude me permet de me sentir mieux et de pouvoir tout de même être reconnaissante pour cette semaine écoulée. Pas de détails cette fois ci mais un sentiment que tout n’est pas perdu. Bien au contraire.

Je vous souhaite une merveilleuse semaine. Prenez soin de vous.

FUCKING PERFECT

Ce billet risque de dénoter comparé aux précédents par son ton et son vocabulaire. Et je n’en suis même pas désolée. Me voilà à nouveau dans le brouillard, les bisounours et les arc-en-ciels ont déserté, Rubis s’est barrée aux Seychelles et elle a bien raison. Voilà mon état d’esprit just right now : j’en ai ras la couenne de m’excuser. M’excuser d’être trop impulsive, trop intransigeante, trop possessive, trop lunatique, trop directive, trop vulgaire, et tout un tas d’autres adjectifs qui me brisent les oreilles et les ovaires, parce que oui ça me fait mal au crâne et au bide tout ça. Surtout au bide. Parce que moi quand je ne vais pas bien je dépressionne des intestins. Et franchement c’est agréable pour personne. Et carrément pas pour moi qui doit me recoucher trois fois par jour pour cause de débordement émotionnel intestinal. C’est bien joli la pensée positive, la méditation tout ça tout ça mais ça ne résout pas tout. Ça aide par contre à traverser le brouillard et j’espère bien ne pas m’y noyer trop longtemps. Je le vis bien mieux qu’il y a à peine 2 mois. Et pour ça faut lâcher du lest. Mais si ça pouvait être ailleurs que dans mon froc ça m’arrangerait.

Je pensais pourtant en avoir terminé avec ces conneries. J’en ai bavé pendant presque deux ans. J’ai perdu 10 kilos, choppé des rougeurs au cul tellement j’avais les os pointus, gardé le lit des jours entiers, annulé des rendez-vous, attrapé toutes les merdes qui trainaient, tout ça parce que je m’excuse tellement tout le temps d’être comme je suis et de ressentir ce que je ressens que mon mal-être cherche désespérément à s’exprimer et migre vers mon ventre. J’ai les entrailles tristes et malheureuses. En colère aussi. Alors elles pleurent. Et c’est merdique. Littéralement.

Et là j’ai bien l’impression que ça recommence. Et franchement y a pas moyen. No way ! Je ne veux pas. J’en suis donc à me dire que je vais épargner ma tuyauterie et commencer par assumer qui je suis et ce que je fais, même si parfois c’est vraiment pas brillant. Je crois que la solution est là. En vrai je suis une connasse possessive caractérielle et lunatique, capable de dire tout et son contraire dans la même phrase, qui ne sait pas ce qu’elle veut comme une girouette qui tourne au gré du vent, qui se plaint H24 de ses gosses mais qui pleure deux heures après qu’ils soient partis chez papa parce qu’ils lui manque déjà trop, qui peut aimer à la folie et vouloir tuer à coup de cale-pieds une même personne au même moment et pour les mêmes raisons.

Et je vais en profiter aussi pour arrêter de culpabiliser pour tout et n’importe quoi, genre de rester devant mon ordinateur à écrire au lieu de jouer au Uno avec mes lionnes, de manger encore de la viande alors que j’ai vu les vidéos des abattoirs et que je devrais avoir honte, de boire un rosé à 11:00 ou à 17:45 parce que c’est un peu tôt quand même t’exagères, de laisser mes filles trop de temps sur les écrans parce que c’est pas bon pour leur cerveau ils le disent à la télé, de les coucher à 22:00 au lieu de 21:00 alors qu’à leur âge elles doivent dormir entre 10 et 11 heures par nuit tu ne sais pas ça mère indigne, de ne pas pouvoir les emmener faire du shopping alors que la copine à papa elle peut elle, de sortir sans soutif et pas maquillée parce que ça fait pas féminin comme les garçons ils aiment, de ne pas pouvoir mettre de bottes sexy mais seulement les chaussons tricotés par maman et mamie et qu’on dirait un lutin, de ne pas pouvoir faire de levrette ou je sais pas quelle position sexuelle à la con indispensable selon Marc Dorcel pour être un bon coup, de kiffer qui  je veux, quand je veux et où je veux peu importe son genre, de vouloir que les gens qui te disent je t’aime, on est fait l’un pour l’autre, t’es comme ma soeur (barrer la mention inutile) soient sincères et honnêtes et pas des putains de menteurs manipulateurs, de pas te brosser les dents tout les soirs et de ne pas être parfaitement épilée tout le temps parce que vraiment c’est dégueu beurk et rebeurk, de mettre des frocs informes qui ne te mettent pas en valeur  mais bordel qu’est ce qu’on est bien dedans, de ne jamais rappeler mes ami.e.s et de ne pas entretenir mes relations, et purée y en a tellement encore que je pourrais écrire une épopée en 12 tomes. Mais je vais arrêter là vous avez compris le concept.

Comme ce serait bien sérieux de pouvoir faire tout ça en faisant des fucks à ceux que ça dérangent. Mais je peux même pas en faire de fuck. FUUUUUUCK. Et dans le fond je vais vous dire, j’ai l’impression que ça ne dérange pas tant de monde que ça. C’est peut-être juste moi qui me fout une pression d’enfer parce que je ne sais pas pour quelle raison obscure je me dois d’être parfaite. Je ne le suis absolument pas. C’est même grave comme je suis imparfaite de partout. Alors je vais arrêter de faire semblant. Arrêter de vouloir coller à ce qu’on attend d’une femme de quarante et enfin être ce que MOI je veux être. Une girouette qui kiffe suivre le sens du vent et qui s’est barrée de son socle en fauteuil roulant pour vivre sa life comme elle l’entend.

Bordel j’ai déjà moins mal au ventre d’avoir écrit cet article. et je ne m’excuserai même pas de vous avoir importuné avec mes états d’âmes ! Ah si en disant ça je le fais, un peu … Fuck !!!

Défi 30 jours : pause

Les jours gris me rattrapent. J’ai cru pouvoir résister à coups de pensées positives et de méditation. Mais rien n’y fait ils sont plus forts que moi, surtout quand ils sont accompagnés de douleurs physiques. J’ai l’impression qu’ils se manifestent dans mon corps pour mieux faire céder mon esprit. Saletés. Je n’abandonne pas. Je remets à un tout petit peu plus tard. Je reviens vite. Prenez soin de vous.

Défi 30 jours : Méditer #9

Bon le problème du « Défi 30 jours : Méditer » c’est que mon blog ressemble à un éloge de la méditation alors que c’est quand même pas ma principale source d’intérêt. Il faudrait que je poste des billets sur d’autres sujets, et ce n’est pas ce qui me manque, mais l’article quotidien du défi me prends déjà pas mal de temps. Me voilà bien !

Aujourd’hui je vais donc faire court, enfin je vais essayer car je me rends compte que je suis super bavarde ici, bien plus que dans la vraie vie. Sujet du jour de Maître Christophe André « Faire un scan corporel ». Ça je sais faire aussi puisque je suis une adepte de la pratique de l’eutonie. Hein, quoi, kècecé l’eutonie ? Et bien je n’ai jamais vraiment su l’expliquer mais ça m’a fait et ça me fait toujours beaucoup de bien. J’a commencé il y a plus de quatre ans maintenant et j’ai l’impression d’avoir repris de l’épaisseur, d’avoir (un peu) raccommodé ma tête et mon corps. Voilà ce qui est écrit sur la page d’accueil du site www.eutonie.com que je vous invite à visiter :

L’eutonie est une pratique corporelle basée sur l’écoute et l’observation des sensations. Développer une meilleure sensibilité facilite la détente, le mouvement et la posture, et enrichit la qualité de vie.
Soulager et prévenir les tensions inutiles, les habitudes motrices ou posturales inappropriées, c’est gagner en aisance, habileté et spontanéité au quotidien.
Le contact avec soi-même, dans un corps authentiquement habité et plus consciemment relié au monde, génère équilibre, sens et fécondité dans sa vie personnelle.

Voilà maintenant vous savez tout, ou presque. Quant à ma méditation du jour elle a été tellement simple que je suis partie loin … Pour la première fois j’ai peut-être atteint un tout début d’état méditatif et c’est ma foi surprenant mais très agréable. Je me sers également des exercices basés sur la respiration pour m’endormir et c’est très efficace. Ça ne m’empêche pas de me réveiller douze fois par nuit mais au moins je m’endors facilement. Et c’est déjà pas mal !

Sur ces bonnes paroles je m’en vais tenter d’écrire un petit truc différent pour changer un peu et ne pas vous perdre en route. Pleins de bécots en attendant. Et surtout prenez soin de vous !